mercredi 17 janvier 2018

Humanisme et efficacité

1490 -


Dans son action, l'équipe Macron se veut inspirée à la fois par un double souci d'humanisme et d'efficacité. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas facile de concilier l'un et l'autre. Trois affaires récentes l'ont montré coup sur coup. A Calais, incapable d'empêcher l'entassement de migrants dépourvus de titres à séjourner légalement sur notre territoire, le gouvernement a fait le choix de leur payer à bouffer ! Gageons que cette décision ne contribuera pas à   tarir le flux ! Dans nos prisons, les agressions de gardiens sont de plus en plus fréquentes, souvent le fait de djihadistes radicaux qu'on reverra bientôt dans nos villes, avec la bénédiction des juges ! A Notre-Dame-des-Landes, le pouvoir a fait une croix sur le projet d'aéroport, pourtant souhaité par la majorité des citoyens de la région, pour la plus grande satisfaction de squatters écolos-gauchos dépourvus de droit d'occuper les terrains sur lesquels ils ont planté leurs cahutes. Le point commun entre ces trois affaires, c'est qu'elles donnent des gages à une poignée de zigotos habitués à narguer le droit, les lois, les règles de vie commune auxquelles la masse des citoyens ordinaires obéit sans broncher.

Dans son Léviathan, Thomas Hobbes montre qu'une société ne garantit à ses membres la paix et la sécurité que si le pouvoir n'hésite pas à user de la force pour mettre au pas ceux qui ne respectent pas les lois. Sans la menace de l'usage de la force, sans cette garantie seule capable d'en imposer aux fauteurs de troubles, les conventions instituées, les décisions de justice, etc. , ne sont que chiffons de papier. Quelle que soit sa nature, démocratique, monarchique, oligarchique, tyrannique, le pouvoir qui ne se résout pas à recourir à la force chaque fois que c'est nécessaire se voit bientôt menacé dans son existence même. Quant à la collectivité qu'il est censé protéger, l'anarchie et la guerre civile la mineront à coup sûr.

Quand l'Etat échoue à faire respecter les lois qui garantissent la paix civile, la concorde et la sécurité des citoyens, pire, quand il s'y assoit dessus, on peut craindre que des groupes de citoyens exaspérés ne soient tentés de se substituer à lui et de s'attribuer la prérogative régalienne de la violence d'Etat. Avouons qu'à Notre-Dame des-Landes, il suffirait de peu de fusils de chasse et de cocktails molotov nocturnement utilisés pour débarrasser le bocage de ses quelques  centaines de squatters ; qu'à Calais, quelques commandos résolus suffiraient à jeter les importuns migrants à la mer, ou, dans nos prisons et nos quartiers, à expédier fissa chez Allah nos djihadistes impénitents.

Peu-être est-ce là, d'ailleurs, l'avenir de notre démocratie "libérale" : derrière une officielle façade de respect des lois, un déploiement de PNG (Pratiques Non Gouvernementales) dont les activistes  auraient à coeur de faire respecter l'ordre public par des moyens non conventionnels mais drastiques. On a connu ça ailleurs : au Brésil naguère, par exemple, cela s'appelait les escadrons de la mort.


En somme, l'humanisme bêlant, c'est bien beau, mais quand il s'agit de préserver la sécurité du groupe social et sa cohésion, les chevrotements crétins d'un quarteron de coeurs saignants ne vaudront jamais quelques frottages d'oreilles ni quelques cassages de gueules. Et s'il faut y ajouter quelques rafales de mitrailleuses, on ne saurait hésiter. Vive la démocratie mais, de grâce, musclée !


( Posté par : Adolf H.,  avatar eugènique n. -zozialisteuh )


mardi 16 janvier 2018

Con cul binage

1489 -


En dépit de ma foutue binette, je ne vois pas de quel droit je ne pourrais pas con cul biner l'enclos de ma poule au moins deux fois par semaine. Question d'hygiène sessuelle.

Dans le langage frantzouès, y a comme ça des mots qui zy sont de vrais provoques.

vendredi 12 janvier 2018

Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ?

1488 -


Ces paroles du Christ en croix nous sont rapportées par Marc et Matthieu.

Elles sont prononcées par lui au  comble des angoisses de l'agonie.

Mais qui est Dieu, pour le Christ ?

Le plus ignare en matière de textes bibliques vous répondrait : Dieu est le père du Christ.

Mais qui est ce père ?

Là, c'est Jean qui nous répond : Dieu est amour.

Ainsi, au comble de l'angoisse, le Christ qui, lui, n'a jamais renié l'amour, se demande comment Dieu, qui est amour, y a, lui, apparemment renoncé.

Il se trompe, évidemment. Dieu, qui est amour, ne pont pas renoncer à sa nature, sauf à  se renier lui-même.

Dieu est amour : le verbe "être" est ici l'équivalent d'un signe d'égalité. Dieu = amour. Dieu ne déborde pas l'amour. Il s'identifie rigoureusement avec lui. Dieu n'est ni plus ni moins que l'amour. Réciproquement, l'amour n'est pas autre chose que Dieu. Il s'identifie rigoureusement à Dieu. L'amour n'est ni plus ni moins que Dieu.

Il s'ensuit que, plus nous sommes capables d'amour, plus nous nous rapprochons du divin.

Mais qu'est-ce que l'amour ?

J'ai dû le dire ailleurs, ce qui m'a rappelé (car je l'ai toujours su) ce qu'est l'amour est un texte de Henri Michaux intitulé : Nuit de noces. Je le cite :

NUIT DE NOCES

Si , le jour de vos noces, en rentrant, vous mettez votre femme à tremper la nuit dans un puits, elle est abasourdie. Elle a beau avoir toujours eu une vague inquiétude ...
  " Tiens, tiens, se dit-elle, c'est donc ça, le mariage. C'est pourquoi on en tenait la pratique si secrète. Je me suis laissé prendre en cette affaire. "
  Mais, étant vexée, elle ne dit rien. C'est pourquoi vous pourrez l'y plonger longuement et maintes fois, sans causer aucun scandale dans le voisinage.
  Si elle n'a pas compris la première fois, elle a peu de chances de comprendre ultérieurement, et vous avez beaucoup de chance de pouvoir continuer sans incident (la bronchite exceptée) si toutefois ça vous intéresse.
  Quant à moi, ayant encore plus de mal dans le corps des autres que dans le mien, j'ai dû y renoncer rapidement. "

On devinera aisément pourquoi je me suis très vite senti  concerné par ce texte. J'ai cru que son humour noir me séduisait. C'était vrai, mais il y avait autre chose.

   On dira en effet que ce texte définit l'amour a contrario, sauf... Sauf que, dans la dernière phrase, il donne la formule du contrepoison. Il s'agit d'éviter l'enfer, n'est-ce pas ?

Le jour où je m'en suis aperçu, je me rappelle, je me promenais dans la forêt avec ma chienne. C'était là où les jeunes chênes-liège semblent danser. Je me remémorais les paroles (du Christ) de Michaux et, lorsque j'arrivai à ce terrible " Quant à moi, ayant encore plus de mal dans le corps des autres que dans le mien...",  j'éclatai en sanglots. Ma grande chienne noire me regardait, incrédule et perplexe.

Quelques semaines plus tard, je fus atteint d'une maladie assez grave (pneumonie). J'étais alité. Elle s'était assise au bord du lit, sa main dans la mienne, et me regardait de ses grands yeux sombres. " C'est drôle, me dit-elle, quand l'un de ceux que j'aime souffre, j'ai encore plus de mal dans son corps que dans le mien. "

Tout le monde n'a pas la chance d'être un poète ou une femme aimante.

Ses grands yeux sombres... Mon amour pour elle est un de ceux qu'on ne saurait renier sans se renier soi-même, et pourtant, je me suis acharné, pendant des années, à tenter de le renier. Au point qu'un jour, un de mes amis de l'époque, frappé par la difficulté de nos rapports, me dit : "Mais pourquoi restes-tu avec elle ?  --- Parce qu'elle est gentille, lui répondis-je. -- Gentille, gentille, c'est donc parce qu'elle est  bête que tu restes avec elle ? "

Sur le moment, je ne répondis rien. A vrai dire, je ne voyais pas le rapport entre gentillesse et bêtise. Entre l'une et l'autre, il me semblait qu'il y avait  plutôt incompatibilité qu'affinités. Bien qu'instituteur, mon ami n'était pas trop versé dans l'étymologie. Et puis, il avait des excuses : "gentille" est un de ces mots du français qui ont progressivement glissé de leur sens premier vers une acception par trop banalisée. Moi j'avais l'avantage d'avoir lu quelques romans de Chrétien de Troyes, où, quand une dame appelle un chevalier "Gentil seigneur", cela ne veut pas dire qu'elle le trouve gentil au sens où nous l'entendons, cela veut dire qu'il est noble.

Dans les yeux de celle que, dès le premier regard, je n'ai plus cessé d'aimer, j'ai lu, dès le premier regard, la noblesse de son coeur et de son âme. J'ai eu la chance que cette noblesse se reflétait dans la beauté de son visage et de tout son être. Sauf à renier ce qu'un a de meilleur, on ne renie jamais un tel amour. On ne s'en remet jamais.

Non sum dignus, bien  sûr. mais on fait avec ce qu'on a.


Jean a dit : Dieu est amour. Et réciproquement.

" Mon Dieu, pourquoi m'as-tu  si souvent abandonné ? " ne veut pas dire autre chose que " Amour, pourquoi m'as-tu si souvent abandonné ? ". Ce qui ne veut pas dire autre chose que " Pourquoi me suis-je si souvent abandonné ? ".

Additum -

" Ce qui ne veut pas dire autre chose que " Pourquoi me suis-je si souvent abandonné ? ". "

Ouais. A la réflexion, les choses me paraissent plus compliquées. Il faut aussi faire la part de ce que Pascal appelait " l'amour de soi ".

( Posté par : Jeannotus amorosus, avatar eugènique touché par la grâce )





lundi 8 janvier 2018

Emmanuèle Bernheim vs Johnny vs Eugène vs tant d'autres

1487 -



On n'a pas demandé à vivre ça. On est au-dessus de ça. La meilleure façon de le prouver, c'est encore d'en rire. De bon coeur. En n'oubliant pas que le temps n'existe pas. Ni le passé ni, encore moins le futur. No future. Seul existe le présent du mouvement avec lequel nous coïncidons.


TOINETTE

Donnez-moi votre pouls. Allons donc que l'on batte comme il faut. Ahy, je vous ferai bien aller comme vous devez. Hoy, ce pouls-là fait l'impertinent ; je vois bien que vous ne me connaissez pas encore. Qui est votre Médecin ?

ARGAN

Monsieur Purgon.

TOINETTE

Cet homme-là n'est point écrit sur mes tablettes entre les grands Médecins. De quoi, dit-il, que vous êtes malade ?

ARGAN

Il dit que c'est du foie, et d'autres disent que c'est de la rate.

TOINETTE

Ce sont tous des ignorants : c'est du poumon que vous êtes malade.

ARGAN

Du poumon ?

TOINETTE

Oui. Que sentez-vous ?

ARGAN

Je sens de temps en temps des douleurs de tête.

TOINETTE

Justement, le poumon.

ARGAN

Il me semble parfois que j'ai un voile devant les yeux.

TOINETTE

Le poumon.

ARGAN

J'ai quelquefois des maux de coeur.

TOINETTE

Le poumon.

ARGAN

Je sens parfois dess lassitudes par tous les membres.

TOINETTE

Le poumon. 

ARGAN

Et quelquefois il me prend des douleurs dans le ventre, comme si c'était des coliques.

TOINETTE

Le poumon. Vous avez appétit à ce que vous mangez ?

ARGAN

Oui, Monsieur.

TOINETTE

Le poumon. Vous aimez à boire un peu de vin ?

ARGAN

Oui, Monsieur.

TOINETTE

Le poumon. Il vous prend un petit sommeil après le repas, et vous êtes bien aise de dormir ?

ARGAN

Oui, Monsieur.

TOINETTE

Le poumon, le poumon, vous dis-je.


( Molière, Le Malade imaginaire, III, 10 )


On appréciera ensuite les conseille diététiques dispensés à Argan par Toinette. Mon chirurgien à qui, l'autre jour, je demandais ce qu'il me conseillait de manger, me répondit : "Mangez ce qui vous fait plaisir !".  Comme quoi la sagesse moliéresque reste vivante dans les milieux médicaux les plus autorisés. Mangeons donc " de bon gros boeuf, de bon gros porc, de bon fromage de Hollande, du gruau et du riz, et des marrons et des oublies, pour coller et conglutiner. " Le tout arrosé de bon vin pur. Et puis, advienne que pourra.

A ce jour, je suis un patient asymptomatique. Donc, à ce jour, je ne suis pas malade. Qu'est-ce qu'un scanner ? Un état des lieux seulement valable pour l'instant x. Relégué dans un passé qui n'existe plus, l'instant x  n'existe plus. Le futur n'existe pas. Jouissons donc sans restriction de l'instant présent, tel l'oiseau planant sur la mer.


Additum -

En laissant entendre qu'il  est atteint  d'un cancer du poumon, Eugène se pousse du col. En réalité, des cellules plus ou moins malignes de son colon ont trouvé refuge dans ses poumons après avoir migré vers d'autres organes. Son oncologue lui a  expliqué la différence en précisant que le pronostic n'est pas le même. Il n'a pas dit dans quel sens. Sus donc aux migrantes !


( Posté par : Johnny l'Albatros, avatar eugènique instantané )

vendredi 5 janvier 2018

Athée, nihiliste et ... disciple de Camus ?

1486 -


Je l'ai dit plusieurs fois ici, je suis athée. Je me suis présenté, à l'occasion, comme agnostique, donc athée, mais c'est du pipeau. En réalité, depuis au moins mon dixième anniversaire, je n'ai jamais cru un instant à l'existence d'aucun dieu que ce soit. Les " révélations " des diverses religions, à commencer par celles de la Bible, n'ont jamais été pour moi que d'aimables foutaises. Bien entendu, je suis hors d'état d'admettre l'existence d'un quelconque principe spirituel qui serait à l'origine du monde. Au royaume des atomes, tout est matière.

Athée radical, il s'ensuit logiquement -- du moins je le pense -- que je suis un nihiliste non moins radical. Rien, à commencer par la vie humaine, n'a pour moi de sens ni de valeur. C'est là. C'est comme ça. C'est tout. Quant à nous, misérables cirons perdus dans l'immensité de ces espaces infinis, au bout de quelques années d'une dérisoire existence terrestre, nous  retournerons au néant ... enfin, à l'infinie dispersion des atomes.

Nous n'avons pas demandé à naître, et encore moins à mourir. Cependant, nous sommes là, accrochés à la vie, de façon plus acharnée que nous le pensons souvent. Aussi, je pense avec Camus que le seul problème philosophique sérieux, c'est celui du suicide. Et si nous ne sommes vraiment pas doués pour le suicide ( ce qui me paraît être mon cas ), si cette vie, nous acceptons de la vivre, il s'agit alors de savoir  si on lui donnera du sens et de la valeur, pourquoi et  comment.

Le sens et la valeur de ce qui est, le sens et la valeur de la vie, de notre  vie, c'est à  nous, et à nous seuls, de les formuler. Aucun dieu, aucun prophète, n' aidera jamais les types de mon genre à les trouver.

Or il m'aura fallu du temps, beaucoup trop de temps, pour m'apercevoir à quel point cette vie, je ne la vivais pas tout seul. à quel point, pour la vivre, il m'aura fallu et il me faut toujours l'aide, le secours des autres. C'est à mes soeurs et frères humains que je dois d'avoir vécu, d'être celui que je suis. Le nombre de celles et ceux qui m'ont permis d'être celui que je suis, m'ont aidé à vivre, m'ont sauvé la vie, je ne puis évidemment l'évaluer avec précision, tant il est grand, incommensurable, ré-évaluable à chaque instant. Le peu de richesses vraies que je possède, c'est d'elles et d'eux que je les ai reçues. Lié aux autres par d'innombrables fils, d'innombrables cordes, d'innombrables câbles. Pour le meilleur et pour le pire. Comme tout un chacun.

Il faut, nous dit Camus, imaginer Sisyphe heureux. Il est heureux parce qu'absurdement, il roule son rocher. mais je crois que, s'il est heureux, c'est parce qu'il n'est pas tout seul. Nous roulons tous le rocher de Sisyphe. Nous sommes tous attelés à la  tâche. Même les esclaves, même les damnés, ne sont pas tout-à-fait malheureux s'ils sont ensemble.

J'ai été prof. De lettres. De théâtre. J'ai roulé ma petite pierre. Si c'était à refaire, je voudrais être médecin. Ou neurobiologiste. On sait encore si peu de choses sur notre merveilleux et si fragile cerveau.

Si tu veux t'aider toi-même, aide les autres, et les autres t'aideront, le plus souvent, même, sans le savoir et sans jamais rien demander en retour.

J'ai particulièrement apprécié, l'autre soir, les propos qu'a tenus aux Français leur Président. Rappelez-vous sans cesse, leur a-t-il dit, que, sans la collectivité nationale dont vous faites partie, vous n'êtes à peu près rien, pas grand-chose en tout cas. C'est à elle que vous devez votre éducation, vos protections. Ne manquez pas, chaque fois que vous le pourrez, de renvoyer l'ascenseur.

Sans la collectivité nationale ... il aurait pu ajouter européenne et, plus largement, humaine.


( Posté par : Jeannotus pseudo-philosophicus, avatar eugènique vaticinant )

samedi 30 décembre 2017

Pour préparer le nouvel an : le meilleur remède contre la tentation du suicide

1485 -


A matin, j'ai trouvé le meilleur remède pour dissiper les pensées suicidaires qui me viennent ces temps-ci de façon récurrente. La tentation du suicide, me suis-je dit, est particulièrement absurde. Pourquoi me suicider, en effet, puisque, de toute façon, je vais mourir ? Et, dans mon cas, ça ne devrait pas tarder. L'année qui vient, très probablement. Inutile, donc, de me la souhaiter bonne. Elle le sera. J'aimerais bien posséder le don du Papet de Manon des sources, qui meurt de mort naturelle quand l'envie de vivre lui fait totalement défaut, mais bon, ne confondons pas les miracles d'un conte avec les empêchements de la réalité.

Cette nuit, j'ai longuement  dormi d'un sommeil sans rêve. Excellent équivalent de la mort.

Vienne, vienne la mort ! Que la mort me délivre !


( Posté par : Le défunt prématuré, avatar eugènique dépressif-suppressif )

dimanche 10 décembre 2017

Le crépuscule des idoles n'est pas pour demain soir

1484 -


Maintenant que la farce Johnny tire à sa fin, on attend avec une curiosité un peu (beaucoup) lasse le prochain divertissement de masse que nos médias (télévisuelles en tête) ne manqueront pas de nous mitonner. Cela ne devrait pas tarder : ce ne sont pas les idoles nationales qui manquent ; je ne citerai aucun nom mais on devine à qui je  pense.

Johnny, idole (des jeunes et surtout des moins jeunes)... Le mot idole vient du grec eidôlon qui signifie image. Qui parla jadis du "stupéfiant image" ? Tout abus de stupéfiant est toxique, et la plupart d'entre nous vivent, depuis le début des années soixante du siècle dernier, sous le règne du plus puissant diffuseur du stupéfiant-image : la télévision.

Or la carrière du chanteur est à peu près exactement contemporaine de la montée en puissance de la télévision comme divertissement de masse, entre 1960 et nos jours. C'est la télévision qui a fabriqué de toutes pièces le "mythe" Johnny. C'est à elle qu'il doit ses succès et sa renommée. Il est tout naturel que les enfants de la télévision -- fabricants d'images et consommateurs gavés -- communient dans la célébration d'une de leurs idoles.

J'ai dit ailleurs que, né en 1940, j'étais, à peu de choses près, le contemporain de Johnny, né en 1943. A peu de choses près seulement. Car je ne suis pas un enfant de la télévision. Adolescent, je  ne connaissais pas la télévision. J'ai vu mes premières images télévisées, ailleurs qu'au logis familial, au début des années 60. Mes repères intellectuels et culturels étaient déjà fixés. C'est pourquoi je n'ai jamais été un adorateur d'idoles, quelles qu'elles soient, et surtout pas humaines, et surtout pas les idoles au rabais de la foule. J'ai eu cette chance. Ainsi soit-il.

Le dénommé Denis Tillinac vient de déclarer : "Johnny est mort, la France est veuve " . C'est tout de même sidérant, vaguement terrifiant même, ce déluge de propos imbéciles inspirés par le trépas d'un histrion de second ordre. Ce concert hystérique reste largement pour moi une énigme.