mercredi 26 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (2)

1457 -


Dans les derniers virages de la descente du Galibier, on prendra soin de ralentir progressivement pour ne pas risquer de se foutre la margoulette au ravin et pour stopper pile poil devant l'entrée ( à droite ) du jardin alpin, qui mérite bien une visite ( à pied ) agréable et instructive. Puis, arrivée sur l'esplanade du Lautaret, sur laquelle on parquera à nouveau le biclou.

Il va de soi que, dans les sacoches ou les porte-bagages du biclou, auront été stockés un sac à dos de bonnes dimensions, une  paire de croquenauds et chaussettes adéquates. Car c'est au Lautaret que s'offre à nous la première escapade : la montée au col de Laurichard (2654 m).


Meije, Pavé, Pic Gaspard, vus du col de Laurichard


Revenu du col de Laurichard, tournant résolument le dos aux séductions de la descente vers la Grave et, pourquoi pas, de la Bérarde (mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire), on réenfourchera le biclou pour descendre cette route vers Briançon, rendue célèbre par tant d'exploits bicyclistes. Mais, la descente devenant rapidement monotone, on quittera la route principale pour rejoindre, à droite, le hameau du Lauzet, puis les ruines de la Boussarde, d'où, laissant le biclou à la garde des marmottes (s'il y en a), on s'acheminera jusqu'au lac de Combeynot, dominé par les crêtes du même nom.

Lac de Combeynot (2556 m)
Redescendu au Lauzet, on pourrait se faire la montée (vers le Nord) au Grand Lac ( 2382 m), aux lacs de la Ponsonnière ou de Crouzecrocs, mais ça ferait un peu trop de lacs coup sur coup. nous réenfourcherons donc notre biclou pour rejoindre le hameau du Casset, où nous attend une des classiques de la randonnée dans le parc national des Ecrins : la montée au col d'Arsine (2340 m).

Passons donc résolument le pont sur la Guisane. Remontant plein Sud une pente agréablement ombragée, nous voilà  bientôt en vue de la langue terminale du glacier suspendu du Casset, diverticule du glacier des Agneaux. Du moins, j'espère qu'on la voit encore, car mes souvenirs remontent à quelques années, et l'on sait que le réchauffement climatique fait des siennes dans ce secteur déjà méridional des Alpes françaises. Puis, à l'aplomb du glacier, le sentier oblique vers l'Ouest pour rejoindre le col d'Arsine. Beau panama sur le versant Nord de la montagne des Agneaux. La grande attraction du col d'Arsine, c'est, un peu au-dessus du col, le glacier d'Arsine, que j'ai vu cependant reculer d'à peu près deux cents mètres en une dizaine d'années. Qu'en est-il aujourd'hui ?


Dans la montée du col d'Arsine


C'est au col d'Arsine, dont la pelouse est parsemée de gros blocs rocheux, que je fis, une fin d'après-midi, une rencontre bien charmante. Debout près d'un de ces blocs, j'aperçus à quelque distance, sautillant vivement de bloc en bloc, une bestiole que je pris d'abord pour un oiseau. La bestiole me repéra et, manifestement, décida d'aller voir de plus près ce gros bestiau qui s'invitait sur son territoire. Mais en y mettant la prudence nécessaire, ce qui l'amena à passer de rocher en rocher, mais, de préférence, par-dessous. jusqu'au moment où je vis apparaître, à cinquante centimètres de la pointe de mes croquenauds une créature que je n'avais jamais rencontrée :  des oreilles en choux-fleurs et des yeux énormes, écarquillés, qui me fixaient avec une curiosité teintée d'étonnement. Nous nous toisâmes un moment puis, bêtement, je gloussai, et elle disparut sous le rocher. Plus tard, j'appris que j'avais rencontré une genette.



Du  col d'Arsine, on pourrait basculer vers le refuge de l'Alpe de Villard-d'Arène et, de là, monter voir Adèle (Planchard), mais cela nous éloignerait par trop de notre itinéraire. Retournons donc sagement vers le Casset, où, réenfourchant notre biclou, nous reprendrons la route de Briançon, le long de laquelle ce serait bien le diable, si, évitant le plein été, nous ne trouvions pas une chambre d'hôtel au Monetier ou à Serre-Chevalier.

( la suite au prochain numéro)

Posté par : le Bicloutier nostalgique, avatar eugènique cyclotouristique

lundi 24 juillet 2017

Du Galibier à l'Izoard à biclou (1)

1456 -


On le sait bien : pour aller de Briançon au col d'Izoard, jeudi dernier, les coureurs du Tour de France ont suivi un long parcours ( près de 180 km ). En fait, à vol d'oiseau, Briançon ne doit être éloigné de l'Izoard que d'une vingtaine de kilomètres, au plus. Pour une étape en ligne, c'est mesquin ; on pourrait envisager un contre-la-montre, mais ce serait avantager abusivement les grimpeurs.  Donc le Tour a suivi un splendide chemin des écoliers : de Briançon à Embrun, en suivant la Durance, laissant au passage Guillestre et les toutes proches gorges du Guil ; puis d'Embrun à l'entrée de l'Ubaye, le long du lac de Serre-Ponçon ; puis  les coureurs ont remonté l'Ubaye jusqu'aux premières pentes du col de Vars, laissant à droite la route qui permet d'atteindre Maurin et la haute Ubaye. Puis ils ont dévalé les pentes de Vars jusqu'à Guillestre, avant de s'engager dans les gorges du Guil ;  à la Maison du Roy, laissant à droite la route de Ceillac, ils ont suivi le Guil avant de l'abandonner pour aller rejoindre le carrefour du col d'Izoard, laissant à  droite la route d'accès à Château-Queyras, Aiguilles, Abriès, Molines, Saint-Véran ; puis, traversant Arvieux et Brunissard, ils ont remonté les célèbres pentes jusqu'au col.

Cette année, la chaîne Antenne 2 a engagé, pour commenter les paysages de France traversés par le tour, une personne fort bien informée ( un écrivain, je crois ), qui nous a fourni, de façon très agréable, d'abondantes informations sur les villes, localités, monuments proches du parcours, et que de superbes prises du vue (aériennes notamment) nous permettaient d'admirer.

On ne peut pas tout dire, certes, dans un  temps limité, mais il m'a semblé que notre commentateur n'avait guère évoqué que les sites les plus proches du parcours, oubliant de nous suggérer  quelques unes des nombreuses occasions de nous éloigner, généralement à pied, de la route suivie par les coureurs, entre des haies de spectateurs nombreux ; on atteint ainsi, dans la solitude le plus souvent, des cols et des crêtes dont l'altitude ne le cède en rien à celle de l'Izoard ; le panorama non plus.

C'est pourquoi je proposerais de reformater cette étape, en la faisant démarrer du col du Galibier, car la vallée de la Guisane peut être considérée comme faisant partie du Briançonnais. Au lieu d'une étape Briançon-Col d'Izoard, on aura une étape Galibier -Izoard, ce qui est plus en accord avec les moments forts de ce Tour 2017 dans sa traversée du département des Hautes-Alpes et d'une partie des lpes de Haute-Provence.

L'étape sera parcourue en biclou.

Qu'est-ce que le biclou ? A l'époque lointaine (pas si lointaine) de ma jeunesse, le biclou, dans les magasins de vélos, portait le nom de "cyclotouriste". C'était un mixte du vélo de course et du vélo de courses. Du premier, il tenait son guidon, son dérailleur à double plateau, son porte-bidon ; du  second lui venait sa solidité, ses peuneus renforcés, ses garde-boue et son porte-bagages. Costaud mais pesant. En tout cas, à biclou, on pouvait se programmer des randonnées au long cours, emportant sur le porte-bagages la tente, le sac de couchage, et dans les sacoches (avant et arrière) le nécessaire quotidien (popote, pharmacie de secours, trousse de toilette, etc.).

J'ai parcouru à biclou, de ma bonne ville du Mans jusqu'en Bretagne et en Vendée quelques  bonnes centaines  de kilomètres, avant de l'abandonner lâchement pour le scooter (Vespa).

Il me semble qu'aujourd'hui, sur les routes de France, le biclou se fait rare. Le VTT l'a tuer. Pour peu que vous en rencontriez un, il y a toutes chances pour que celui ou celle qui pédale vienne de Nouvelle-Zélande ou d'Australie.

C'est ainsi, en tout cas que, chargés de tout le nécessaire, nous descendrons la route qui mène du Galibier au Lautaret, notre première halte. Prudemment : la pente est forte, les virages secs et le ravin profond.

La suite au prochain numéro.


( Posté par : Le Bicloutier nostalgique , avatar eugènique cyclotouriste )




dimanche 23 juillet 2017

Daech à nos portes !

1455 -

Hier  à matin, passant devant le stade, rencontré deux jeunes rebeus en petit short flottant et chaussures à pointes, assis  sur les marches du parvis.

" -- Tu t'es préparé pour les Califes ? ", demandait l'un à l'autre.

Quels Califes, que je me suis demandé aussitôt, in pouetto. Ceux de Rakka ou ceux de Mossoul ?

" -- Je suis califié d'office ", a répondu l'autre.

Ali Babar, que je me dis.  Un caloufiat du Califat  !

On pense bien que je me suis précipité à la plus proche gendarmerie pour rapporter ces propos subversifs.

Pour tout commentaire du préposé, j'ai eu droit à un rire gras.

Incalifiable ! Et la protection des citoyens, on y pense ?

jeudi 20 juillet 2017

Dans la montée de l'Izoard

1454 -


La télévision a ce mérite de vous servir à chaud de ces choses vues qui vous réconcilieraient avec le sport cycliste sur route en dépit de toutes ces nauséeuses histoires de dopage. Cet après-midi, c'était, dans les derniers kilomètres de la montée vers le col d'Izoard, un gros con caricatural obèse, agitant je ne sais quel drapeau, braillant et gigotant dans tous les sens, la bedaine tressautant de façon obscène, qui tentait d'accompagner le coureur de tête, au risque de lui faire perdre l'équilibre à tout instant. Heureusement, il finit par accuser un retard de quelques longueurs. Survint alors un motard de la gendarmerie, parfaitement en équilibre sur sa rutilante machine, qui, remontant à la hauteur de l'hurluberlu, te lui  refila une méga-bourrade qui envoya dinguer l'ectoplasme tête première dans le fossé, assez profond, où il disparut. J'espère qu'il s'y fit très mal.

Posté par : le Petit supporter ( de la police montée ) intermittent

mardi 18 juillet 2017

Deux macarons gratinés

1453 -


Gratiné, notre nouveau président. Fortement soupçonné de s’être gobergé à tout va à Las Vegas aux frais du contribuable. C’est le même qui, ses quinze ans à peine révolus, s’envoyait en-l’air avec sa prof de lettres. Toujours le même qui proclame que « la France » est coupable de la rafle du Vel’d’Hiv’. « Des Français », cela eût largement suffi, mais notre président se soucie peu de ces misérables nuances. C’est toujours le même qui s’épanche coup sur coup en mamours indécentes avec deux des chefs d’Etat les plus réacs de la planète, Trump et Netanyahou. Quant à son outrageusement botoxée moitié, a-t-elle oublié que le détournement de mineur par personne ayant autorité, cela existe dans notre Code Pénal ? Je sais bien qu’il doit y avoir prescription, mais tout de même. Sans compter que la mémère a fait toute sa carrière dans l'enseignement confessionnel.  En tout cas, nos pédophiles et assimilés, dans l'Eglise et ailleurs, pourront toujours désormais se prévaloir de l’exemple présidentiel. 

Ah, décidément oui, gratinés, les deux  macarons ! Lançons l’alerte !

lundi 10 juillet 2017

L'exception vrounnzaise

1452 -


Je ne sais si cela répond au souci de s’aligner sur une macronesque consigne, mais la chaîne Antenne 2 semble s’être spécialisée dans les rituels de glorification de notre noble identité nationale. L’effet Simone Weil étant retombé, c’est le Tour de France qui a pris le relais. Ce ne sont qu’éloges dithyrambiques des paysages français, des routes françaises, des vélos français (?) et même des coureurs français. Il n’est pas jusqu’aux présentatrices météo qui ajoutent leur grain, annexant à nos titres de gloire LE climat français : il nous appartient, au même titre que la Tour Eiffel ! Une certaine Chloé N'a-rien-dedans, particulièrement gratinée dans son genre, nous a ainsi annoncé triomphalement l’autre jour : « Vos températures vont remonter ! » NOS températures ? Jusqu’alors, je croyais que la seule qui m’appartenait, c’était ma température anale, et encore ; en plus, je la préfère à 37°5 qu’à 38°5. Vive nos incomparables spécificités vrounnzaises !

Additum -

Chloé N'a-rien-dedans semble à jamais brouillée avec la pluie, le vent, la fraîcheur. Elle ne commence à exulter que lorsque les températures s'annoncent  caniculaires, "bonne nouvelle" qu'elle nous annonce de son insupportable voix d'ado prépubère n'ayant pas (du tout) inventé la poudre. C'est aussi le cas de sa collègue Anaïs Basse-de-mire. A croire que, pour ce duo d'andouilles, à partir du mois de juin jusqu'à fin septembre, le seul Français qui compte, c'est le citadin en vacances à la plage. Que les forêts se mettent à flamber un peu partout en France et en  Europe, que les algues envahissent le littoral breton ( entre autres effets dévastateurs de l'élévation des températures ), cela ne semble pas de nature à les conduire à une compréhension un peu moins simpliste des phénomènes météorologiques et climatiques. Aujourd'hui encore, la Chloé, annonçant quelques nuages sur le massif alpin, croyait bon de commenter : " Mais rassurez-vous, rien de bien méchant ". Oh qu'y sont méchants, les vilains nuages ! Mieux vaut en rire ...

Additum 2 -

Entendu ce soir au journal d'Antenne 2 Chloé tenir des propos tout-à-fait sensés et pertinents sur le réchauffement climatique et ses conséquences. J'en conclus qu'elle peut, si elle veut, nous épargner ces réflexions niguedouilles sur les températures et les nuages qu'elle nous sert assez régulièrement dans ses bulletins météo. Alors Chloé, et vous, qu'est-ce que vous attendez ?


Rédigé par : le Petit météorologue, avatar eugènique saisonnier

De fait, celle-là, elle est vraiment comme la lune


samedi 8 juillet 2017

A con fesse (1)

1451 -


Athée endurci, je me figurais que j'irais jusqu'au bout comme cela. C'était sans compter sur les arguments d'un vieux pieux ami qui m'ont convaincu. J'ai été touché par la grâce. Alleluia ! J'ai changé. Depuis peu j’en conviens, mais définitivement. Du moins, je l’espère.  Je ne suis plus qui je fût (de Gevrey-Chambertin comme on disait hier sur le Tour).
Comme tout néo con verti, je dois livrer une con fession en bonne et due forme. Mon impiété remontant à l'enfance, la mienne prendra la forme de séquences, dont voici la première.
Celui que je fût (de Chambolle-Musigny) (pour mon malheur), ce premier souvenir  le dira déjà. C’était il y a quelques lustres. Ma femme et moi visitions Saint-Pierre de Rome, en compagnie de notre fille cadette, âgée de huit ans. Huit ans, mais surdouée. Admiratrice inconditionnelle de Raymond Queneau, dont elle venait de terminer  Zazie dans le métro , avec un enthousiasme que les procès bien connus d’identification expliquent. Le nez levé, nous contemplions la célèbre fresque de Michel Ange où Dieu le père caresse le doigt d’un Adam reconnaissant. J’en étais à me demander pourquoi de semblables représentations ne sont jamais proposées à la contemplation des fidèles à hauteur d’homme, ou au-dessous de la ceinture. J’étais arrivé à la conclusion qu’un tel choix empêche les âmes tourmentées (par les sataniques tentations) de cracher dessus, ou de faire pipi dessus, ou pire. Dans le cas de la fresque de Michel Ange, vous pouvez essayer de cracher dessus, mais ça vous retombe immanquablement sur le nez, vade retro.

J’en étais là de mes réflexions lorsque, prenant conscience de leur caractère quelque peu impie en pareil lieu, je m’avisai de demander à ma fille :  » Ma chérie, que penses-tu de cette représentation de Dieu, notre Père à tous ?  »  » — Dieu le Père mon cul, il m’intéresse pas du tout, cet enflé, avec sa barbe à la con.  » me répondit-elle, placidement, mais assez fort pour être entendue d’une nonne qui passait par là :  » Petite gourgandine voyouze blasphématrice, qu’elle lui intime, retire ces impies(pi) propos, et fissa ! — Dites donc, la mère, que je lui rétorque, et la liberté des opinions, quoi vous en faites ? — De couaille de couaille, qu’elle me fait, les opinions libres, encore un coup de ce Martin Luther King. Tu pinceras ce qu’on te dira de pincer, et basta ! — Eh, la vieille, que lui balance ma cadette, tu parles pas comme ça à mon papa !  » Et elle lui refile un coup de tatane dans le tibia. — Aouche, foutue szalope !, que fait l’autre, en serbo-croate (car elle était serbo-croate). Je passe sur les détails. Il fallut les Suisses pour séparer les pugilistes.

La législation de l’époque n’était pas ce qu’elle est aujourd’hui, en tout cas dans les Etats de l’Eglise. On nous retira la garde de notre enfant chérie, pour pratiques éducatives immorales. Elle fut placée dans un couvent spécialisé dans la réhabilitation des enfants maltraités. Avec le recul, je trouve que ce ne fut pas plus mal car, question pédophilie, je me pose un peu là.

Quelques temps plus tard, ma fille fut menacée d'être traduite devant un conseil disciplinaire , non parce qu’elle était devenue la maîtresse de la mère supérieure (situation excessivement banale à l’époque) , mais pour actes de zoophilie sur un bouc, un pittbull et un siamois recueillis au couvent par charité. Elle n'eut que le temps de brûler la politesse à la portière qui s'esclama : " La goçamilébou ! "

Quand je pense à tout ce passé sulfureux ( pour ne pas dire sulfurique), une honte incommensurable me submerge.

La suite au prochain accès de repentance.


Posté par : Raymond Q. Cétidupoulé , avatar eugènique pistachier