jeudi 29 juillet 2010

La pierre de touche de l'amour vrai (2)

Ce sentiment de sécurité dont parle Peter Handke, où l'a-t-il aperçu? Comme un rêve inaccessible, entrevu un instant dans une déchirure de nuages?

Mais le lot quotidien de l'amour, ce n'est pas ça. Le lot de l'amour, c'est l'insécurité organisée, le manque, la frustration, la souffrance, les doux reproches, les reproches amers. C'est la soif quotidienne, inassouvie, de la bouche aimée. C'est se réveiller chaque matin dans sa douceur et dans son absence.

Le lot de l'amour, c'est le désordre, le bordel. C'est le possible rêvé et l'impossible fatal. C'est l'espérance sans cesse déçue. C'est le double cri de joie des retrouvailles qui ne font qu'aviver le regret de l'absente, de l'absent.

Les si brèves retrouvailles. L'interminable séparation.

Le prix écrasant qu'il faut se résoudre à payer pour le bonheur éperdu de l'instant, le bonheur éperdu qui vous coule dans les doigts comme de l'eau.

Ma raison refuse avec raisons ce désordre.
Mon coeur s'élance sans cesse vers l'absente.

La nécessaire et fade raison.
Le cruel, le déchirant désir de l'absente.
L'absente dont les baisers vous donnent la vie.
L'absente dont le désir vous dévore et vous fait périr.

Quand l'amour commencera, je serai dans l'insécurité...


( Posté par : SgrA° )

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