mardi 24 août 2010

Ecrémage

Pour la rentrée littéraire, les éditeurs annoncent quelque sept cents titres inédits, rien que pour le rayon des romans et nouvelles.

De tous ces auteurs qui auront eu le privilège d'être publiés et de voir leur livre proposé aux chalands sur les étals des libraires, combien, à la fin du siècle, auront résisté à l'oubli, une fois le tri effectué par le consensus renouvelé des critiques et des lecteurs? Une poignée, quelques dizaines, tout au plus, en comptant très large. C'est dire la férocité de l'écrémage. Pour la plupart des lecteurs, la si riche littérature française du XIXe siècle -- tous genres confondus --se réduit à une cinquantaine de noms.

La culture ressemble à ces églises de pèlerinage où l'on peut voir, accrochés aux murs, les ex-voto des béquillards miraculés, des marins échappés aux périls de la mer , mais jamais ceux des malades qui en sont morts ni ceux des naufragés qui ont coulé.


( Posté par : Criticosse )

Ex-voto (le Beausset-en-Provence)

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