samedi 4 décembre 2010

Socialisme et barbarie

Faisant fi du résultat des urnes, Gbagbo s'est fait proclamer Président de la Côte d' Ivoire par un Conseil Constitutionnel à sa botte.

En reconnaissant la victoire d'Alassane Ouattara, le Président Sarkozy adopte une position saine, qui rejoint celle de l'ONU, de l'Union Africaine et de la communauté internationale.

Spécialiste du gangstérisme politique, Gbagbo compte pourtant en France quelques amis et soutiens fidèles. Ces amis sont socialistes: Henri Emmanuelli, député des Landes, François Loncle, député de l'Eure, auxquels il faut ajouter l'ineffable Jack Lang. Les deux premiers n'auraient pas hésité à signer un texte dénonçant "une campagne de suspicion et de dénigrement à sens unique", menée par des journalistes français, contre le pouvoir de Gbagbo et contre la Côte d 'Ivoire. Ce texte a été lu à la télévision ivoirienne, contrôlée par la clique de Gbagbo. Une photo d'une journaliste française en poste à Abidjan a été exhibée à l'appui de cette déclaration, à  titre de "preuve" .Rappelons qu'en 2003, le correspondant de RFI à Abidjan, Jean Héléne, avait été froidement assassiné en pleine rue par un policier ivoirien. Apparemment, la sécurité des journalistes et ressortissants français en Côte d 'Ivoire est le cadet des soucis de Messieurs Emmanuelli et Loncle. Le fait d'avoir signé ce texte ferait d'eux, en tout cas, les complices objectifs d'un criminel politique. Et ça se dit socialiste et démocrate. Racaille...

Comme tout parti politique, le PS a sa lie: notables rompus aux  pratiques les plus saumâtres du clientélisme (Guérini), caciques arrogants capables des pires dérapages fascisants (Frêche), vieux crabes du mitterrandisme dressés par leur maître à toutes les palinodies, tous les reniements (Emmanuelli). Parti de gauche? Il y a bien longtemps qu'on a cessé d'y croire. On y croira peut-être davantage le jour où ces gens-là  auront été définitivement  poussés vers la sortie.

Il faut malheureusement le reconnaître : la démocratie représentative assortie de la séparation des pouvoirs, "à l'occidentale", n'existe sans interruption, depuis plus de deux siècles, que dans une toute petite poignée de pays au monde : le Royaume Uni, les Etats-Unis d'Amérique et la Confédération Suisse. Dans la plupart des pays d'Europe Occidentale par exemple, elle n'a été restaurée ou n'est apparue qu'après la Seconde Guerre Mondiale, et, parfois, encore plus tard (Espagne, Portugal). Au fond, les pays africains qui, pour la plupart, à l'instar de la Côte d'Ivoire, peinent à installer la démocratie chez eux, n'ont guère de leçons à recevoir de nous sur ce terrain. L'état des régimes politiques à travers le monde tendrait à donner raison à Montesquieu, pour qui la démocratie représentative associée à la séparation des pouvoirs est le plus fragile et le plus menacé des régimes politiques. Raison de plus pour exiger de responsables politiques français qui se réclament des valeurs de la gauche qu'ils fassent preuve d'un minimum de rigueur et d'intransigeance quand il s'agit de défendre les règles les plus élémentaires de la démocratie, partout dans le monde.


Alassane Ouattara, Président élu de Côte d 'Ivoire

1 commentaire:

Anonyme a dit…

tu es un homme bon et a bon coeur je t'aime mais s"'il ne reste pas calme face au conories de LAURENT GBAGBO