lundi 17 janvier 2011

Ce que tu veux être, sois-le

" A quoi m'aura servi de vivre", me suis-je demandé l'autre jour. Et j'ai répondu :

".A devenir un tout petit peu moins con. Un tout petit peu plus lucide. Un tout petit peu moins lâche  et moins velléitaire. Un tout petit peu moins égoïste. Un tout petit peu moins malpropre. Un tout petit peu plus aimant.  Un tout petit peu plus serein."

Un tout petit peu...

Cette humilité me dégoûte.

Masque de lâcheté...

Ce programme me paraît l'alibi inavoué de ma faiblesse. Il n'est que le singe (le signe, voulais-je écrire, mais c'est la même chose) de ma complaisance à ma propre faiblesse.

Ce n'est pas vrai que l'on ne puisse être que ce que l'on est. Le corps,  peut-être, le pauvre. et encore : livré à lui-même. Mais  l'esprit est là pour lui prêter assistance.

Ce que je veux être, il ne tient qu'à moi de m'exercer à l'être, à chaque instant. Le plus pleinement possible.

C'est à peu près ce que François Jacob définissait, je crois ainsi : modeler sa statue intérieure. Mais je me soucie peu d'être à moi-même ma propre statue.

Etre à soi-même son propre guide.

"Tu veux tout", me disait-elle avec reproche,  au temps de mes cruautés.

Oui, je veux tout. Je continue de vouloir tout. C'est ce que j'ai de meilleur.

Mais, entre ce que ma conscience petite-bourgeoise d'autrefois comprenait de ce programme et ce qu'en comprennent aujourd'hui mon coeur et mon âme, il y a un monde.



Ivan AïvazovskiLever de soleil

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