dimanche 2 janvier 2011

L'Enfer des banlieues résidentielles (1)

J'ai toujours eu la démangeaison d'écrire. D'absurdes scrupules, une imbécile modestie et, avouons-le, un gros complexe d'infériorité, ont jusqu'à présent ( c'est-à-dire jusqu'à un âge avancé) freiné mes  louables dispositions, mes ardeurs légitimes.
Il n'y a pas de raison. Innombrables sont celles et ceux qui sautent le pas, sans avoir nécessairement quelque chose de bien original à dire, sans même l'excuse du talent. Voyez Philippe Sollers, voyez Christine Angot,... Bobin... Weyergans... Ils ont bien réussi, alors pourquoi pas moi ? Pourquoi  que je ne tenterais pas de décrocher le Goncourt avec mon Quatre jours chez ma tante (pas encore écrit, mais...patience) ?

L'aurait d'abord fallu trouver un éditeur ?  Objection misérable. A-t-on besoin de se faire éditer, de nos jours? Même à compte d'auteur. Alors qu'il suffit d'ouvrir (gratuitement) un blog pour y diffuser ses pensées et opuscules à l'intention d'un public potentiellement immense.

C'est ce que j'ai fait. J'ai d'abord mis en ligne, depuis un peu plus de six mois, de modestes articulets, d'hésitantes éructations. Cette période de rodage est terminée. J'ai fait mes gammes. Il est temps de former de plus grands desseins.

J'ai donc décidé d'écrire en ligne une pièce de théâtre. Pourquoi du théâtre, et pas un roman ? C'est que l'écriture théâtrale me paraît plus facile : en général, les répliques sont courtes et on n'a pas à se soucier des transitions; on n'a pas non plus à décrire, et je ne suis pas doué pour les descriptions.

Donc, aujourd'hui, dimanche 2 janvier 2011, je me lance dans l'écriture d'une pièce appelée, je n'en doute pas, à passer à la postérité.

C'est parti !

Pour commencer, en haut de la page encore vierge, j'écris mon nom : 


                              Gérard JAMBRUN


Ce geste simple engage : l'irréversible est en marche !

Maintenant, un titre... 



                L'Enfer des banlieues résidentielles


Là ! c'est sorti d'un coup ! ça a giclé, comme ça ! Il y en a qui nient l'Inspiration. Eh bien, l'Inspiration existe : je l'ai rencontrée. Le Frossard de la dramaturgie, c'est moi.


Mais avouez qu'il a de la gueule, ce titre. Accrocheur, prometteur, programmatique. Et d'actualité !

Maintenant, au sous-titre, fissa. Et que ça saute !


                  Ludodrame néoténique à relances pulsionnelles


Eh bé ! ça continue...ça continue de gicler... J'en frémis. Je ne me sens pas, là, tout à trac, au débotté, d'expliciter mon dire, mais il y a là du grain à moudre pour les futurs commentateurs. Des sacs de grain. Des empilements de sacs.

Une ou deux citations en écho d'auteurs illustres nous appuieront maintenant  de leur autorité et nous fourniront l'indispensable caution bien propre à rassurer le débutant que, tout de même, j'ai conscience d'être :


             " Jeu est un autre "
                                                 (Arthur, six ans)


             " Oui Oui ! "
                                        (Louise, deux ans et demi)


Voilà qui va bien. Dans la foulée, dressons une liste des personnages :


                                          Personnages :

Abel
Georgette
Gaston,  la cinquantaine
Marie-Thérèse, son épouse, quarante-huit ans trois mois et onze jours
Grand-mère, mère de la précédente, nonagénaire ou quasi
Marie-Berthe , fille de Gaston et de Marie-Thérèse, dix-sept ans
Marie-Luce
Robert
Père Jean-Charles Bénoit, ecclésiastique
Junon
Minerve
Vénus
Phantomasse
Exotic Beauty
Zébulon, chat (personnage très discret bien qu'omniprésent)

Ne pas avoir trouvé d'éditeur, quand on est un auteur de théâtre, présente au moins l'avantage de vous  éviter de bloquer d'emblée sur de pauvres petits problèmes d'intendance. On ne va pas se priver de multiplier les personnages sous prétexte que même les théâtres subventionnés y regardent à deux fois quand la distribution dépasse trois personnes. D'ailleurs, Novarina ne se gêne pas pour faire entrer cinq cents personnages de suite, et je n'en ai prévu que quinze. Dont un chat, mais si je ne lui avais pas prévu un petit rôle, le chat Zébulon m'en aurait voulu.

Ce que je vais donner à dire et à faire à ce petit monde, je n'en ai encore qu'une très vague idée. Ma liste semble s'orienter vers un drame bourgeois pour glisser vers un mélo vaguement policier, peut-être même un porno satanique. On verra bien.

Pour l'instant, je suis flapi. A quand la prochaine relance pulsionnelle?






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