mardi 4 janvier 2011

Saint-Cast au matin

Saint-Cast, juillet 1946, sept heures du matin. Sur le chemin de la pointe, au bout de laquelle se dresse un  phare, pas d'autre véhicule que notre car. Dans ce matin un peu frisquet, je marche pour la première fois sur le bord de la mer. Emergeant doucement de son sommeil bleu-marine, la baie déserte est d 'huile et d'or. Dans le silence profond, main dans la main, ma mère et moi, nous devons camper deux petits personnages de Claude Gelée, ou, à la  rigueur, de Joseph Vernet. Mais je ne connais encore ni Claude Gelée, dit le Lorrain, ni Joseph Vernet.

Du reste, personne ne nous regarde, et cette marine est pour nous seuls.

J'ai revu Saint-Cast il y a quelques années, un après-midi d 'été. Embouteillages, villas et immeubles, agitation nonchalante. Mais sous ces changements superficiels, j'ai retrouvé sans peine la baie tranquille de mon enfance.

Eugène BoudinCôte

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