jeudi 3 mars 2011

Au temps où l'ordre régnait à Tripoli

Ben Ali, Moubarak, bientôt Khadafi...A qui le tour ensuite ?

Les gouvernements occidentaux ont beau saluer dans le monde arabe les progrès de la démocratie, qu'ils s'étaient bien gardés d'encourager, d'ailleurs, ils n'en mènent pas large. Le spectre des flux migratoires incontrôlés, l'envolée des prix du pétrole les affolent et nous affolent.

Ah! qu'il  était bon , le temps où la stabilité de la région était garantie par cette chaîne de dictatures et de monarchies qui, du Maroc à la Syrie, en passant par l'Arabie Saoudite et les Emirats, garantissait, depuis des décennies, un  statu-quo très favorables à nos équilibres économiques et sociaux. D'où les constantes complaisances de nos gouvernants pour ces régimes si peu démocratiques mais finalement si utiles. Khadafi était passé maître dans l'art de manipuler ces complaisances pour pérenniser son pouvoir.

Mais les mêmes causes produisant les mêmes effets, c'est à une réaction en chaîne que nous assistons. Partout des minorités de privilégiés captent l'essentiel des profits de la croissance. Partout, le chômage des jeunes, souvent diplômés, atteint des taux de moins en moins supportables. Partout, la masse du peuple croupit dans une misère sans espoir, une misère que la hausse des prix des produits de première nécessité va aggraver dans les mois qui viennent.

La conjonction du déficit de démocratie et des inégalités sociales monstrueuses a engendré un cocktail explosif. La révolution qui s'esquisse dans tout le monde arabe est une révolution sociale de première grandeur. Elle ne fait que commencer.

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