mercredi 9 mars 2011

L' Incarnation, version athée

Mon athéisme s’accommode très bien du mystère chrétien de l’incarnation. C’est justement parce que je suis athée que je suis sensible à ce mystère. C’est parce que je suis athée que, pour moi, le corps vivant est sacré.
C’est par le théâtre, en faisant du théâtre, en en faisant avec d’autres, qu’en moi, ce sentiment de la sacralité du corps vivant s’est renforcé. Une grande chanteuse de jazz, violée dans son adolescence, adopta, pour prénom de scène, celui-ci : Abbey. Mon corps, le corps de l’autre, est l’abbaye qui recèle et expose ce que la vie a de plus lumineux. Faire offense au corps de l’autre, à son propre corps, le faire souffrir, par haine de l’autre, par haine de soi, attenter à son intégrité, c’est souiller le sacré qu’il recèle. Les arts du corps — le théâtre, la danse — exaltent cette sacralité du corps. 
A vrai dire, ce n'est pas seulement le corps humain qui est sacré. Le corps de tout être vivant, qu'il  appartienne au règne animal ou au règne végétal, est sacré. Et du même coup est sacré ce qui rend possible la vie : la Terre et l'Univers.

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