samedi 30 avril 2011

Gabriel Metsu : hasards de la postérité

La National Gallery of Art de Washington consacre actuellement une exposition à Gabriel Metsu. Ce peintre hollandais (1629/1667) est peu connu du grand public, en France tout au moins. Contemporain de Vermeer (1632/1675), il jouit d'une réputation bien inférieure à celle du maître de Delft. Pourtant, ses meilleures oeuvres peuvent soutenir la comparaison avec celles de Vermeer.

On a un peu oublié que Vermeer, peintre aujourd'hui salué unanimement comme un des plus grands peintres de l'art occidental, était considéré par les critiques de son temps comme un peintre simplement moyen. Après sa mort, il fut complètement oublié. Il ne fut tiré de cet oubli qu'en 1866, par le critique d'art Thoré-Burger. Vermeer doit beaucoup aussi aux textes qu'il a inspirés à des écrivains, notamment Marcel Proust : on sait que c'est en admirant au Louvre la Vue de Delft de Vermeer que l'écrivain Bergotte est  victime d'un malaise fatal.

Le tableau de Gabriel Metsu, Homme écrivant une lettre, n'a rien à envier aux plus beaux tableaux de Vermeer, tant par l'exceptionnelle qualité de la facture que par le charme poétique de la composition.

Qu'aura-t-il manqué à Gabriel Metsu pour être aussi célèbre que Vermeer ? Le purgatoire de l'oubli, peut-être. La chance d'être tiré de cet oubli par un historien d'art de talent, celle d'être célébré par de grands écrivains. Les hiérarchies mises en place par l'Histoire de l'art sont fragiles, sujettes qu'elles sont aux variations du goût et aux hasards de la reconnaissance de la critique et des amateurs.

Du reste, l'exposition actuellement présentée à Washington après l'avoir été à Dublin, puis à Amsterdam, peut être considérée comme une étape sans doute décisive de la redécouverte de Gabriel Metsu.



Gabriel Metsu, Homme écrivant une lettre, National Gallery of Ireland, Dublin


 Gabriel Metsu, Femme accordant sa cithare, Cassel, Gemäldegalerie Alte Meister

Watteau n'est pas loin...


 Gabriel Metsu, Couple devant un virginal, Londres, National Gallery

Et Vermeer encore moins loin...

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