lundi 20 août 2012

Protocoles compassionnels

Chez mon veto. Je lui amène mon chat malade. Cela fait des années qu'on se connaît, lui (le veto, le chat aussi d'ailleurs) et moi. Il me demande comment je vais :

-- A peu près comme mon chat .

Je donne des précisions.

-- C'est bien triste d'être malade, fait-il. (Un temps) Mais aujourd'hui, ça se soigne... Avant... (geste expressif).

Il ne va quand même pas jusqu'à ajouter que ça peut se guérir.

Nous nous affairons autour du chat, parlant de choses et d 'autres. Je ne sais plus pour quelle raison, je me mets à rire de bon coeur.

Il me regarde, stupéfait, l'air nettement inquiet de qui découvre qu'il a affaire à un dément :

-- Et vous riez ?

J'en ris encore.

Revoyant la scène, je me disais que la mode est aux récits compassionnels,  "Comment j'ai accompagné Maman jusqu'à son dernier souffle"...." Chronique d'un supplice ", "  Au mouroir Balthazar",  etc. C'est devenu un véritable genre littéraire.

L'époque fait furieusement dans la compatissance. Les témoins s'accordent pour dire combien ce fut douloureux. Bouleversant. Inoubliable. Pour eux, évidemment.

Par moments, je trouve que la compassion, ça devient vite gonflant.

Il est vrai que c'est quand même mieux que les gens qui ne donnent plus signe de vie. Ma petite soeur (qui m'aime bien pourtant, enfin, je crois) ne m'a plus téléphoné depuis bientôt trois mois.

Elle doit attendre que lui parvienne le faire-part de décès.

Bon, d'accord :  on peut être malade, mais avoir mauvais esprit en plus, non.


Note . - Une manipulation malencontreuse a fait glisser ce billet ancien en tête de gondole. Occasion de rendre hommage à l'ami qui nous a quittés, et que nous n'oublions pas.

Rédigé par : J.-C. Azerty )



Vieux malade mélancolique méditant sur la brièveté de la vie

3 commentaires:

JC a dit…

Ce chat me paraît en parfaite santé !
(... les compétences du vétérinaire pourraient peut être s'exercer dans des domaines connexes, liés aux espèces supérieures ....)

Les Jambruns a dit…

@ JC

Il est mort avant moi. Il m'arrive de trouver ça injuste. J'ai eu la sottise de m'en ouvrir à ma femme. Elle a eu une moue qui..., que... enfin ça m'a laissé à penser.

JC a dit…

Les femmes aiment nos chats...nous adorons leurs chattes.