dimanche 8 mai 2011

Witold Gombrowicz revisited

” Soudain, dans l’espace étroit qui séparait le plafond du haut de la fenêtre, juste au-dessus de la déchirure de la tapisserie aux motifs floraux (jasmins et jonquilles) — déchirure qui affectait grossièrement la forme du Z de Zorro, je repérai une giclure jaunâtre sur la matité du plâtre. Cette giclure imitait à s’y méprendre la silhouette d’une araignée à laquelle on aurait arraché une patte. Il était impossible de ne pas mettre cette étrange figure avec celle que dessinait dans l’herbe, sous les floraisons de l’églantier, à la lisière de la forêt, le kleenex déchiré, encore humide de sperme et fleurant bon la fleur d’acacia, qui nous avait frappés de stupeur, Alec et moi, le matin même. Certes, la nuit précédente, je m’étais furieusement toutouché en évoquant Ludivine, que je supposais couccouchée sur le grabat du pavillon voisin. Mais toutoudemême. Mes jaillissements, quoique drus, et certes encore immatures. n’avaient encore jamais atteint pareille altitude.” Il fallait donc que, la nuit même -- ou une des nuits précédentes -- un intrus (mais qui?  Kiki ? Alec ?) s'était introduit dans ma chambre et, debout, avait gravé à distance ce mystérieux hiéroglyphe avec la précision d'un laser.

(Extrait inédit de Coche moche, de W.G. mon auteur de dilection. La ponctuation et l’ortograf du tapuchescrit  furent été chcrupuleusement respectées par Moué.)

Witold Gombrowicz,    Cosmos

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