lundi 20 juin 2011

Mendelssohn : la séduction raffinée

Un des traits les plus caractéristiques de la musique de Félix Mendelssohn est la séduction immédiate qu'elle exerce. Musique naturellement chantante, ce qui ne l'empêche nullement d'être une musique virtuose. J'écoutais l'autre soir à la radio quelques uns de ses lieder. Il en a écrit beaucoup, mais aucun de ses recueils ne connaît aujourd'hui, auprès du public et des interprètes, la faveur qu'obtiennent les recueils de Schubert et de Schumann les plus célèbres. Ceux que j'ai écoutés (et qui datent de sa maturité) m'ont paru avoir le charme de la simplicité; le texte des poèmes est toujours très audible ( différents interprètes donnaient ces lieder); l'accompagnement pianistique reste toujours sobre. Peut-être le fait qu'à la différence de recueils comme L'Amour et la vie d'une femme, La Belle meunière ou le Voyage d'hiver, ceux de Mendelssohn ne racontent pas une histoire ou ne développent pas un thème, mais regroupent des poèmes d'auteurs variés, a-t-il nui à leur notoriété. Il est vrai que la production de Mendelssohn est d 'une extraordinaire abondance, dans tous les genres musicaux ou presque.

Ce programme de lieder était suivi par le quatuor n° 6, le dernier qu'il ait écrit, à la mémoire de sa soeur Fanny qui venait de mourir. On y retrouve l'écriture pour cordes, reconnaissable entre toutes, qui était déjà celle du merveilleux Octuor en mi bémol majeur de 1825. Musique brillante et enfiévrée , dont l'éclat et la force expressive sont peut-être obtenus (je dis sans doute une bêtise grosse comme moi, mais c'est l'impression qu'elle me fait à l'écoute) par l'emploi fréquent des instruments à l'unisson, ou plutôt à la quasi-unisson. En tout cas, il existe à l'évidence une recette mendelssohnienne spécifique pour harmoniser les cordes et user du contrepoint (hum! c'est vraiment de l'analyse d'amateur peu éclairé, je ferais bien d'apprendre à lire les partitions...).


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