dimanche 17 juillet 2011

La jeunesse d'un surdoué

Né le 9 mai 1940, j'arrivai à temps pour saluer avec enthousiasme le triomphe des armées hitlériennes, après l'avoir ardemment souhaité dans la phase intra-utérine de mon existence. J'adhérai immédiatement aux options maréchalistes et à la politique collaborationniste. La virulence de mes prises de position antisémites laissa loin derrière elles les outrances de Louis-Ferdinand Céline, qui reconnut d'ailleurs sa dette envers moi. Mes parents, vieux militants de gauche, me renièrent et je menai dès lors une existence relativement précaire, grâce aux subsides de la Gestapo à qui je rendis divers services. Je fus de toutes les fêtes de la rue Lauriston et de l'hôtel Lutetia, jusqu'à l'hiver 1942 où, doté d'un fin sens politique et développant une vision claire des enjeux stratégiques, je sentis le vent tourner à partir de Stalingrad et me rapprochai des mouvements de résistance. Traduit en justice à la Libération pour intelligences avec l'ennemi, je fus condamné à mort, mais immédiatement grâcié et libéré sur l'ordre du  Général pour services éminents rendus à la Résistance. Je pus ainsi m'inscrire dans les temps à mon cours préparatoire.

C'est à cette époque que je sentis m'éveiller ma vocation transsexuelle, en lisant les numéros de la Semaine de Suzette piqués à ma soeur aînée.

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