dimanche 28 août 2011

Un cauchemar, des fois ça soulage

Cette nuit, j’ai rêvé qu’à la suite de la crise de gogoïsme aigu qui s’empara des électeurs français au printemps 2012, DSK était triomphalement élu Président de la République. Il réservait son premier voyage officiel à Israël . Accompagné de son indéfectible épouse et de Joseph Macé-Scaron bombardé ministre de la culture, il débarquait à l’aéroport de Tel Aviv. Mais il se faisait refouler sur le tarmac, sur l’ordre d’un premier ministre secrètement converti à l’Islam salafiste au motif que : « on ne veut pas sur notre sol d’un obsédé sexuel, d’une cocue chronique et d’un voleur. » Devant ce camouflet à côté duquel la dépêche d’Ems faisait figure de lettre d’amour, DSK déclarait incontinent la guerre à Israël. Prenant le commandement d’une expédition punitive, il embarquait, flanqué de son indécollable épouse, sur le Charles-de-Gaulle. Mais le vénérable bâtiment, déjà fort déglingué par de précédentes équipées, ne tardait pas à couler, victime d’une collision avec une canette de bière flottant entre deux eaux, dans une scène dantesque où se croisaient les influences du « Petit baigneur » et de « Band of brothers ». Rescapé du naufrage, le couple de pingouins présidentiel se faisait démazouter au pinceau (avec d’infinies précautions) sur le rivage d’une île grecque par des ornithologues locaux. La Grèce proposait ensuite de les échanger contre la prise en charge intégrale de la dette grecque par la France et la restitution à l’identique de la statue équestre de Platon par Polyclète (y compris les roustons). Mais Joseph Macé-Scaron, qui s’était entre temps proclamé empereur des Français sous le nom de Joseph l’Auguste, remettait à plus tard l’étude de la proposition, tout occupé qu’il était par la publication d’un ouvrage de 100 000 pages où il plagiait toute la littérature française. Intitulée « Mon Ticket pour l’éternité », cette somme en 200 volumes parut à l’automne 2012, saluée (après l’interdiction préventive de l’Express et du Nouvel Observateur) par un éloge dithyrambique de Pierre Assouline dans un numéro double et spécial du Magazine littéraire. Joseph Macé-Scaron, dit L’Auguste Joseph, se faisait assassiner peu après par Calixte Belaya, outrée d’avoir été écartée de la rédaction de l’ouvrage. Et, tandis qu’en proie à une énième crise de delirium vaticinans, Bernard-Henri Lévy était expédié à Charenton en ambulance spéciale, Pascal Bruckner, bardé d’une ceinture d’explosifs, se ruait, au cri de « Mort à l’Amérique », sur l’ambassade de Norvège. Mais pourquoi toujours la Norvège ? me demandai-je. L’angoisse suscitée par cette question insoluble me réveilla en sursaut. Bientôt calmé par une douce odeur de café chaud, « N’empêche, me dis-je en soupirant, on aurait été débarrassés d’une sacrée bande de charlots ».

(Produit garanti sans plagiat, made in France (Var profond)


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