lundi 8 août 2011

Glisse intense

Sur un feuilleton vespéral de grande diffusion, un fringant chef de clinique empapaoute son jeune amant dans une chambre de l'hôpital entre midi et deux.

Je sais bien qu'à Marseille on cultive une certaine nonchalance qu'on ne retrouve pas  au Nord, j'aimerais tout de même savoir ce que, du côté de la Timone, les personnels hospitaliers,  s'ils l'ont vue, on pensé de l'image que cette séquence donnait de leur profession.

Curieux qu'aucune parodie ne se soit attaquée à ce genre de feuilleton. Par exemple, si j'avais mis en scène la séquence, j'aurais mis dans un coin de la chambre un malade exsangue, en état de coma dépassé, baignant dans ses déjections. Autant faire fort.

Il est vrai que les scénaristes de cette série semblent à court d'idées. L'élément "à suspense" actuellement exploité repose sur le projet d'une société plus ou moins maffieuse d'exploiter les gaz de schistes de la région. Malheureusement pour les promoteurs de cette idée lumineuse, on aurait du mal à trouver le moindre bout de schiste dans un rayon de 100 km autour de Marseille, à moins (peut-être) de creuser vraiment très très très profond. Ils ont dû se dire que les débiles qui regardent leur torchon ne savaient pas, de toute façon, ce qui pouvait bien faire la différence entre un calcaire et un schiste.

Juste après cet édifiant épisode, un clip publicitaire nous informait que le nouveau rasoir Gillette procurait "une glisse intense". C'est ce qu'avait dû se dire le fringant chef de clinique en s'enduisant la bite d'un gel thérapeutique quelconque piqué dans la pharmacie.

L'adjectif  "intense" est particulièrement à la mode dans les messages publicitaires. Y avait déjà le chocolat, le café, la glace à la vanille, le roquefort, maintenant Gillette s'y met. Tout doit être intense, à commencer, bien entendu, par le cliquetis des machines aux caisses.Quant à la connerie des publicitaires, elle reste toujours aussi intense, elle aussi. Les clients sont supposés trouver intelligent cet intarissable discours pour débiles dont Coluche fit naguère une caricature inoubliable.

Si j'avais du temps pour ça , je créerais un blog où je ferais la chasse quotidienne à toutes les manifestations du mépris que les fabricants de programmes télévisés cultivent pour les téléspectateurs. Il y  aurait du pain sur la planche.

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