dimanche 16 octobre 2011

Angelus

Trois fois trois coups comme d’un marteau étouffé sur la cloche.

C’est l’angelus.

Le ciel s’éteint lentement.

Lente, morne, sonnerie d’une seule cloche. Flotte et se dissipe au ras des toits.  Pour personne.

Devant l’autel seul éclairé, un curé marmonne, tournant le dos à la silhouette noire d’une paroissienne effondrée sur un prie-Dieu.

Dans le cimetière voisin, les morts s’agitent, dans leurs cercueils disjoints.

Le ciel s’éteint lentement.

C’est l’heure du viol furtif de la petite vieille qu’on étouffe dans le couloir obscur.

Cri déchirant d’un oiseau ensommeillé dans l’acacia.

Le chat lui a fait la peau. 


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