jeudi 12 janvier 2012

Ronald Searle

Ronald Searle est mort le 30 décembre dernier à Draguignan. Il habitait, depuis de longues années, à l'étage au-dessus de chez moi (géologiquement parlant), le beau village de Tourtour, où résida aussi Bernard Buffet.

J'ai appris la nouvelle dans Le Monde du 11 janvier. Francis Marmande lui rend un bel hommage. Pas un mot en revanche (sauf erreur de ma part) dans le principal quotidien régional et local, dont la presse nationale comble plus d 'une fois les carences, notamment dans le domaine de la culture. Ces gens-là sont beaucoup plus rapides quand il s'agit de rendre compte du dernier match de telle équipe de foot locale. Passons.

Mais qui s'intéressait à Ronald Searle dans le landerneau ? Qui savait seulement qui il était ? Peu de gens dans la région savaient qu'un des plus brillants dessinateurs de notre époque vivait près de chez eux. Il est vrai que Ronald Searle était sans aucun doute un homme d'une grande discrétion.

Grand maître du dessin d'humour, Ronald Searle ne peut être comparé qu'aux plus grands. The New Yorker, Life, le Monde, s'honorèrent de publier ses dessins. Par la virtuosité et l'élégance du trait, la qualité de l'invention, la justesse mordante du regard porté sur le monde et son hilarante fantaisie, son art  peut faire penser à celui d'un Sempé. Je le rapprocherais plutôt, pour ma part, d'un Tomi Ungerer (voir ses dessins d'improbables bonnes femmes californiennes ou new-yorkaises), à cause de la férocité de son humour et du côté joyeusement pas convenable de beaucoup de ses dessins -- réalisme en moins, loufoquerie en plus.

Bien avant qu'elle n'éclate, Ronald Searle avait compris la nature de la crise où nous nous débattons. En témoignent, parmi d'autres, le Débit Lyonnais et Déjeuner d'affaires, publiés à l'époque dans Le Monde. L'humour, lame acérée de la lucidité...

La paix soit avec lui. Et avec ses animaux  (les chats en particulier).

Ronald Searle  dans  Le Monde   ( le Cherche Midi éditeur)










1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ronald Searle était mon dessinateur favori, depuis toujours. Quand j'ai appris qu'il était mort à deux pas de chez moi, j'ai failli tomber à la renverse. Je l'aurais imaginé dans un château quelque part en Angleterre. J'ai toujours dans mes tiroirs quelques cartes avec ses dessins, qui ne perdent pas leur fraîcheur avec les années. (Il ne me viendrait pas à l'idée de le comparer à Sempé).