lundi 5 mars 2012

"La République" de Platon, version Badiou

Ce livre n'est ni une traduction ni un essai ni un commentaire de la République de Platon par Alain Badiou, bien qu'il tienne un peu de tout cela à la fois. L'auteur, dans la préface de son livre, La République de Platon, s'explique de ses intentions. Il écrit, par exemple :

" Le résultat, bien qu'il ne soit jamais un oubli du texte original, pas même de ses détails, n'est cependant jamais une "traduction" au sens usuel. Platon est alors omniprésent, bien que peut-être pas une seule de se phrases ne soit restituée."

Fort bien. Mais Badiou ne décrit là qu'une étape préliminaire de son travail. Le résultat final s'éloigne considérablement du texte original :

" Il m'est arrivé, rarement, de capituler. De-ci, de-là, certaines phrases grecques ne m'ont pas inspiré. Les érudits les repéreront, nourrissant ainsi le dossier de mon apostasie. C'est dans le chapitre 8 que se trouve la plus grave de ces capitulations : tout un passage est purement et simplement remplacé par une  improvisation de Socrate qui est de mon cru. "

Aveu tout de même bien désinvolte. Car nous n'en saurons pas plus sur le nombre, l'emplacement et la teneur des ces phrases grecques "qui ne [l'] ont pas inspiré". On apprend que ce ne sont pas toujours des phrases isolées, puisque tout un passage peut être remplacé par du Badiou pur sucre. Ces phrases et ces passages méritaient-ils d'être traités avec cette légèreté négligente  ? Ce n'est pas de Badiou qu'il faut attendre la réponse. Les éventuels "érudits" (à condition qu'ils considèrent que cela en vaut la peine) s'en chargeront...

Mais les libertés que prend Badiou avec le texte original vont beaucoup plus loin. Il en indique quelques unes :

" Introduction d'un personnage féminin : Adimante devient Amantha. Complète liberté des références : si une thèse est mieux soutenue par une citation de Freud que par une allusion à Hippocrate, on choisira Freud, qu'on supposera connu de Socrate, ce qui est la moindre des choses. Modernisation scientifique : ce que Platon dit de très judicieux à partir de la théorie des nombres irrationnels se révélera tout aussi judicieux si l'on parle de topologie algébrique. Modernisation des images : la Caverne du fameux mythe ressemble tant à un immense cinéma qu'il n'y a qu'à nous le décrire, ce cinéma, et que les prisonniers de Platon deviennent des spectateurs-prisonniers du médiatique contemporain, ce sera la même chose en mieux. Survol de l'Histoire : pourquoi en rester aux guerres, révolutions et tyrannies du monde grec, si sont encore plus convaincantes la guerre de 14-18, la Commune de Paris ou Staline ? Tenue constante d'un vrai dialogue, fortement théâtralisé : à quoi servait de garder les interminables fausses questions de Socrate, auxquelles les jeunes gens, pendant des pages, ne répondent que "oui" ou "bien sûr" ou "évidemment" ? Mieux vaut, soit accepter un long discours démonstratif sans interruption, soit confier une partie du  développement aux interlocuteurs [...]" etc...

Dans cette présentation de sa très libre adaptation du texte de la République, Badiou ne manque assurément ni d'aplomb ni d'assurance : à l'en croire, ses petites transformations ne peuvent apporter qu' un plus ; tel changement sera "tout aussi judicieux" que ce que le texte original dit à propos d'autre chose, tel autre "sera la même chose en mieux" ... Sa soupe à lui est meilleure, point final. Il faut le croire sur parole. J'ai rarement rencontré une aussi bouffonne confiance en soi, une arrogance aussi tranquillement assumée.

Ce programme, tel qu'il le présente, paraît au premier abord si "hénaurme" qu'on pourrait croire à un canular, à une joyeuse mystification Je ne pense pas que ce soit le cas. Après tout, on ne voit pas pourquoi les variations (au sens quasi musical du terme) et gloses de Badiou sur le texte de Platon seraient dépourvues d'intérêt. Si seulement il avait eu le bon goût de les assumer comme telles au lieu de les tambouriner comme la dernière merveille débarquée d'Amérique, tout irait pour le mieux. Mais une réserve modeste n'est pas, semble-t-il , la vertu cardinale du Badiou.

S'agissant de petites variations sur une grande partition, Badiou aurait en effet tendance à se prendre pour Beethoven et à confondre Platon avec Diabelli : de là sans doute ce titre : la République de Platon, qui, normalement, devrait annoncer, soit une traduction, soit un essai, mais pas cette suite de fantaisies personnelles greffées sur le texte de Platon. S'il avait intitulé son livre Ma République de Platon, ou Variations sur "La République" de Platon, par exemple, l'ambigüité aurait été levée ; pourquoi s'est-il s'est refusé à recourir à cette solution, qui lui aurait évité de se retrouver accusé de tromperie sur la marchandise ? il ne daigne pas s'en expliquer.

C'est ennuyeux, parce que ce titre introduit Platon et pas Badiou, refile à Platon ce qui est à Badiou. Un lecteur qui n'aurait pas encore lu  La République de Platon se tromperait lourdement s'il croyait que ce livre peut l'aider à entrer plus facilement dans l'univers de Platon. Il s'accommoderait peut-être des  facéties de Badiou, mais ne se préparerait sûrement pas à se colleter avec les difficultés et la rigueur platoniciennes. Sûrement pas non plus à  apprécier la beauté spécifique du texte de La République.

A moins que Badiou, loin de se considérer modestement comme un énième commentateur de Platon, comme un simple adaptateur soucieux de faire mieux comprendre le texte célèbre en le modernisant, ne propose son livre comme un dépassement du chef-d'oeuvre. C'est effectivement ce que suggère fortement cette préface. D'ailleurs, il le dit : "ce sera la même chose en mieux". Une telle affirmation n'a rien d'une rodomontade. "Le sensible qui nous tisse, écrit-il en effet, participe [...] de la construction de vérités éternelles." Et il ajoute : "Il faut parvenir à penser que corps et langages participent dans le temps à l'élaboration combattante de cette éternité." Il est clair que dans ce combat, à l'échelle de toute l'Histoire de l'Humanité, Badiou est du bon côté, qu'il aspire de tout son être à participer efficacement, brillamment, à cette lutte grandiose. Chacun de ses livres est un épisode de ce combat ; or bien combattre ne consiste pas à reculer en abandonnant les positions conquises, mais à toujours aller de l'avant, à la conquête des fameuses vérités éternelles. La République de Platon n'a donc rien d'un banal travail de vulgarisation à visée pédagogique, encore moins d'un divertissement (sacrilège !). Non : il s'agit bel et bien pour Badiou d'aller plus loin que Platon, en remédiant aux insuffisances notoires de la République. Il s'ensuit que sa réécriture  de La République ne saurait être inférieure à l'oeuvre de Platon . Elle doit impérativement lui être supérieure : "ce sera la même chose en mieux". C'est dire si Badiou joue gros. En tout cas s'il se prend au sérieux. Et Dieu sait s'il  se prend au sérieux. Or le sérieux badiousien entraîne logiquement cette conséquence : s'il se montre inférieur à son ambition, il n'est  qu'un mauvais combattant, un tire-au-flanc, pire, un traître, un ennemi infiltré, le diable en personne.Je ne voudrais pas être à sa place. De quoi Badiou est-il le nom ? Bon Dieu, mais c'est bien sûr : du manichéisme. L'ancien maoïste est resté viscéralement, irrémédiablement manichéen (lire, pour s'en convaincre, De quoi Sarkozy est-il le nom?).

J'ai commencé de lire le bouquin de Badiou, histoire de voir s'il est à la hauteur des ambitions affichées dans la préface. Quelques uns des prologues des dialogues platoniciens -- celui de la République, du Protagoras, entre autres -- sont de brillants morceaux de littérature.  Le  début de La République est un chef-d'oeuvre d'observation fine et délicate. Sa réécriture par Badiou le transforme en une scène de vaudeville lourdingue et vulgaire. On y fait connaissance avec "la fringante soeur de Platon, la susnommée Amantha" (elle remplace Adimante) jeune personne délurée, bien décidée à faire la fête jusqu'à l'aube, et avec "le vieux papa Céphale, bien abîmé, avachi sur des coussins, une couronne de travers sur la tête", sorte de Trimalcion égaré dans la Grèce du IVe siècle. Il est vrai qu'on n'est plus ni au IVe siècle ni dans aucun temps précis : ce doit être ça, l'éternité des grands textes (le sien bien entendu) selon Badiou. Quant au second frère de Platon, Glaucon, il est rebaptisé "Glauque" !!! Ouh! qué rire ! qué finesse ! même moi, qui ne me refuse pourtant pas grand chose dans ce domaine, je crois que je n'aurais pas osé.

Mais bon, pourquoi pas. Il se trouvera peut-être des amateurs de ce genre de cuisine. Là où, pour moi du moins, ça s'aggrave, c'est quand commence la discussion sur le juste et l'injuste. Badiou nous a prévenus dans sa préface, les "interminables fausses questions de Socrate" sont à proscrire, elles ne servent à rien, elles emmerdent tout le monde. Je note au passage que Badiou nous ressert là un vieux lieu commun de prof d'hypokhâgne. Or ce ne sont de fausses questions que pour qui n'a pas suffisamment réfléchi à ce qu'implique la démarche dialectique de Socrate. En réalité, elles sont autant d'étapes précises dans une enquête serrée, autant de maillons dans une chaîne qu'on ne saurait rompre. Les réponses des interlocuteurs servent à indiquer que chaque étape a été comprise, intégrée, et qu'on peut aller plus loin. Ces "fausses" questions sont un élément-clé d'une forme d'enquête philosophique qui est celle-là, et pas une autre -- et qui, soit dit en passant, reste un modèle de pertinence et d'efficacité.  Tout cela n'ennuie que celui qui  ne fait pas l'effort d'entrer vraiment dans l'enquête lente et attentive, ne fait pas sienne cette démarche précautionneuse, celui, en somme, qui ne répond pas à l'appel du texte, qui le survole négligemment, qui ne met pas suffisamment d'attention et de rigueur dans sa propre lecture. Lire Platon est un apprentissage d'une autre façon  de lire. Ce n'est pas en lisant Badiou qu'on a chance de s'en apercevoir.

C'est pourquoi, après ce prologue burlesque, Badiou m'a semblé aggraver son cas :  j'ai trouvé vaseux, pâteux, plâtreux, pour tout dire mal écrit, l' "équivalent" (on ose à peine employer ce mot) qu'il propose du début de la discussion sur le juste et l'injuste. Immédiatement (irrémédiablement ?) chiant. Presque aussi chiant que de l' Olivier Py, c'est dire. Ces deux-là vont sûrement se trouver, si ce n'est pas déjà fait, lors d'un prochain festival d'Avignon. Charpini et Brancato. Si l'intention de Badiou était (c'est peu probable mais on ne sait jamais) de donner à ses lecteurs l'envie de lire, pas seulement du Badiou, mais aussi Platon (le vrai), c'est raté.

 Lire Platon, c'est difficile, ça demande un maximum de concentration, ça demande du temps. On n'est pas au cirque. Et chez Badiou, Platon, ça devient le cirque. Je sais bien qu'il faut se montrer moderne, convivial et tonique, qu'il faut mettre Platon, le lointain Platon, à la portée d'un public qui ne lit pas forcément beaucoup les philosophes, quand ça dépasse un peu trop le niveau d'Onfray, Glucksmann, BHL, Comte-Sponville ou...Badiou,... Badiou qui, peut-être songe déjà à ce qu'il va faire de son "vrai dialogue, fortement théâtralisé", au festival d'Avignon, pourquoi pas, en dix nuits non-stop, façon Mahabharata ou Wadji Mouawad... Ah, ma poule, quelle expérience dramatico-philousouphique inouïe, je sens que ça va me hanter au moins jusqu'à Noël. Ah quel Badiou plutonique ! Tiens, j'en fais pipi dans mes culottins.

Je me moque un peu  légèrement , sans doute, car le pensum de Badiou comporte au moins une vertu : si la lecture de son début ne m'a pas donné envie de lire la suite, elle  m'a donné en revanche l'envie de le planter là pour relire La République dans l'excellente traduction, accompagnée d'une présentation et de notes, par Georges Leroux (GF Flammarion). Badiou semble ignorer ce travail, dont la publication remonte pourtant à 2002, et qui remplace, toujours chez GF,  la traduction de Robert Baccou, qui remonte à 1966. Eh, Badiou,  faudrait te tenir au courant. Salut, mon pote, et bonjour chez toi ! A plus, peut-être, sur l'agora.

Je n'ai donc lu  du bouquin de Badiou que le début et je vais le laisser s'empoussiérer doucement sur une étagère avant de reprendre un de ces jours ma lecture pour découvrir -- je l'espère -- que la suite est moins catastrophique. Les grands textes peuvent attendre. Il est vrai qu'en fait de grand texte, j'incline à penser que ce livre est le produit d'un mélange détonant de gâtisme précoce et d'immodestie invétérée. Mais je me trompe lourdement, sans doute.

A la hauteur de Platon, le Badiou ? Ou bien laborieux remaniement de bousier peu doué ? Ce livre ne démontrerait-il, une fois de plus, que la supériorité incontestée des chiens vivants sur les lions morts ? Il me faudra en lire un peu plus pour me faire une idée (platonicienne). Affaire à suivre.

Affaire de goût aussi. Touillez les élucubrations badiounesques dans un fond de sauce platonique. Servez réchauffé.

Quant à moi, pour l'instant, je préfère savourer les délices de la République -- la vraie -- de Platon  -- le vrai  (si tant est qu'il y ait un "vrai" Platon après tant de tripatouillages de manuscrits).

Additum  - Soyons honnête : je suis allergique à Badiou. Sa préface me dit, dès les premières lignes pourquoi il m'est immédiatement et irrémédiablement antipathique. Il écrit :

" Mais pourquoi ? Pourquoi ce travail presque maniaque à partir de Platon ? C'est que c'est de lui que nous avons prioritairement besoin aujourd'hui, pour une raison précise : il  a donné l'envoi à la conviction que nous gouverner dans le monde suppose  que quelque accès à l'absolu nous soit ouvert."

Et plus loin :

" [...] le sensible qui nous tisse participe, au-delà de la corporéité individuelle et de la rhétorique collective, de la construction des vérités éternelles "

Et encore :

" [...] il faut bien en venir à affirmer qu'outre les corps et les langages il y a des vérités éternelles. Il faut parvenir à penser que corps et langages participent dans le temps à l'élaboration combattante de cette éternité. "

Pan Pan rataplan ! "Absolu"... "Vérités éternelles"... "Eternité " ... Notre ex-maoïste s'est apparemment converti à un vocabulaire quasiment religieux. On aimerait bien savoir par quel miracle "le sensible" (kékcékça au juste ?)  "qui nous tisse" ( "nous" ? qui ça au juste ? dis donc, Badiou, je refuse mordicus d'être tissé des mêmes fils que toi !)), "les corps" et "les langages" (ah, tout de même, Badiou progresse en précision, il passe au pluriel, c'est déjà ça mais ça n'arrange pas ses affaires) pourraient bien participer "dans le temps" (ah là là! les aléas du temps réel escamotés au profit de la merveilleuse mais fantasmatique linéarité du temps messianique, Hegel et Marx pas morts) à "l'élaboration combattante" (ah! le bon vieux fantasme d'une Humanité unie dans un seul combat pour une seule cause !...  Et s'il n'en reste qu'un...) d'une éternité quelconque.


Réintroduire l'absolu, sous quelque forme que ce soit, parler de vérité éternelles, même en laissant entendre qu'elles restent à construire, c'est pour moi une démarche et un discours de salaud. J'entends le mot au sens où Sartre l'utilise dans La Nausée. Qui se réclame de l'absolu et de vérités éternelles tourne le dos à la condition humaine réelle. Qui tente d'arracher l'humain au relatif doit être considéré avec la plus grande méfiance Platon peut être considéré comme un salaud, pour la même raison que Badiou, mais il porte beaucoup plus haut que Badiou  un relatif pouvoir humain, celui du langage et de la réflexion.  J'adhère à la position définie par Glaucon au livre II de La République : la justice n'est jamais que le résultat d'arrangements et de compromis provisoires passés entre les humains. On n'est pas sur la Terre pour se battre au nom de valeurs absolues. On se bat pour atteindre des objectifs à court et à long terme, sans cesse à  redéfinir, dans un monde incessamment mouvant et périssable. Les vérités éternelles nous sont inaccessibles, car l'éternité n'est pas de notre ressort ni de notre compétence. L'absolu, sous quelque forme qu'on le conçoive, me répugne.

Badiou rêve d'une Humanité à la peine, s'efforçant laborieusement, de génération en génération, d'atteindre enfin le paradis des "vérités éternelles". Chez ce mâcheur d'opium, accro de la fin des temps hégéliano-marxiste, avatar des messianismes religieux, les arrière-mondes de Nietzsche deviennent des "avant-mondes", mais c'est la même mystification et presque le même discours. Malheureusement pour le rêveur d'absolu et d'éternité, l'horizon recule à mesure que le marcheur avance...Qui l'aime le suive. J'en connais plus d'un qui ne sera pas de la randonnée.

Comme c'est ridicule, ces rodomontades, ces rêvasseries de Gascon. Cette préface, c'est vraiment du sous-Victor Hugo, le jargon et la prétention en plus.. Verser dans cette illusion enfantine que des corps et des langages périssables dans un monde périssable seraient capables de nous donner accès un jour à des vérités éternelles relève d'une eschatologie à la mords-moi-le- noeud. Idéaliste de mes deux, va.

Badiou en quête d'absolu et de vérités éternelles dans un monde où l'on ne se lave pas deux fois le cul dans le même bidet ! Faut être sérieux.

Clown métaphysique. Vieux caniche aboyeur d'idéal.

Bousier dogmatique (1)

Des "vérités éternelles" ... : écoeurante potion. Vomissons.


Tout doux, tout doux. La paix soit avec Nounours. Et avec ses esprits animaux.

N.B. - Nounours a cru bon de réfréner quelque peu une fureur qui s'exhalait dans un certain nombre d'autres qualificatifs injurieux et  malsonnants. Salaud, même au sens sartrien, bon, peut-être que Nounours pourrait le retirer, mais quoi, ce qui est écrit est écrit. D'ailleurs Nounours en est encore  à se demander s'il a  raison de s'autocensurer. Incorrigible décidément. Il est vrai que, privé d'alcool et de sucreries (ah! le cake aux fruits confits de minuit, définitivement planqué par une épouse aimante mais cruelle, comme toutes les épouses aimantes d'ailleurs), il lui faut des exutoires. Réactivera-t-il tant bien que mal une sexualité en sommeil ? S'adonnera-t-il au vélo d'appartement ? au shadow-boxing ? Dormira-t-il bien ce soir ? Rien n'est moins sûr. Il est toujours plus sain de vider entièrement l'abcès. Allez, on remet ça ! Ah ! si j'avais été Simon de Montfort ! j'aurais foncé sur Toulouse ! j'aurais exigé qu'on m'apportât sur un plateau les burnes de l'ancêtre des Badiou ! Plus de Badiou ! Plus de profanation de Platon ! Plus d'arrogant imposteur ! Ô joies du fantasme ! ô soulagement ! ô paix ! paix des pâtis semés d'animaux et des rides... Approfondissons le fantasme. Explicitons le fantasme. Foutre-cul, Nounours n'est pas mort. Il ne bande plus, mais il n'est pas mort. Enfin, pas encore.

(1) Bousier dogmatique  : cette injure relève typiquement du répertoire stalinien. Moi aussi j'ai eu mon heure marxiste-léniniste ! Et pourquoi ce mépris pour les bousiers, bestioles sympathiques et utiles? J'en dirais pas autant de Badiou ! Tu t'arrêtes, Glaucon, tu t'arrêtes ?



Alain Badiou,   la République de Platon  ( ouvertures / Fayard)

Platon,     La République,  traduction, présentation et notes par Georges Leroux  (GF Flammarion)


papyrus d'Oxyrhynchos, contenant des fragments de  La République

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