jeudi 1 mars 2012

Printemps russe

Là où le jour nouveau asperge
D'eau rougeâtre les plants de choux,
Un tout petit érable tète
Le pis maternel vert et doux

C'est un des premiers poèmes de Sergueï Essénine, dont le nom signifie " l'homme de l' Automne" (traduction approximative). Il est emblématique de la source la plus profonde et la plus authentique de son inspiration : la Russie des campagnes, la Nature russe.

J'ai perdu en chemin jusqu'à mon alphabet cyrillique et serais bien en peine de dire si les traductions de cette anthologie bilingue en octosyllabes et alexandrins rimés publiée aux éditions Circé donnent un équivalent acceptable des poèmes d'Essénine entre 1910 et 1925, année de sa mort. Mais elles me paraissent séduisantes et émouvantes.

En tout cas, ce court poème est bien savoureux.

Encore un, tiens :

Le chariot s'est mis à chanter,
Halliers et plaines vont bon train,
De nouveau, des croix, des chapelles
Se dressent au bord du chemin.

De nouveau la brise d'avoine
Me point d'une tiède tristesse,
Et l'on se signe malgré soi
Pour peu qu'un clocher blanc paraisse.

Ô Russie, champ rouge framboise,
Rivière où est tombé l'azur,
Jusqu'à la joie et la douleur
J'aime ta nostalgie lacustre.

Ta froide affliction est sans aune,
Ton rivage reste brumeux,
Mais apprendre à ne pas t'aimer,
Ne pas croire en toi, -- je ne peux.

Et je ne rendrai pas ces chaînes,
Et mon long rêve persévère
Tant que l'herbe des steppes vibre
Aux mots de toutes les prières.


Pour finir encore :

Aujourd'hui
Le soleil est un chat
Perché sur le saule céleste,
Sa patte d 'or
Effleure mes cheveux.


Sergueï Essénine L'Homme noir, choix, présentation et traduction de Henri Abril  (Circé)


( Posté par : Jeanne la Pâle nue dans ses châles )

Peinture de Vassili Kandinsky



2 commentaires:

femme russe a dit…

Pour être honnête, j'avais du mal à trouver la bonne info avec tous les blogs qu'il y a dans ce domaine. Et je suis tombée sur vous ! Je crois qu'on a la même passion et qu'on partage beaucoup de goûts en commun ! Bravo et merci ! Je vous ajoute.

Jambrun a dit…

Merci, chère "femme russe", mais j'ai déjà une femme russe (par son papa)