vendredi 2 mars 2012

Un mauvais camelot du capitalisme

Monsieur Mittal est un  industriel sérieux. Les termes de ses annonces sont pesés. Ainsi a-t-il annoncé que le second haut-fourneau d'Arcelor-Mittal en Lorraine, celui de Florange (on ne parle plus du premier, lui aussi à l'arrêt) pourrait repartir au second semestre :

"Le redémarrage du site de Florange dépendra d'une reprise économique cette année. L'entreprise redémarre le haut-fourneau si la demande est là",

Monsieur Sarkozy, lui, gomme les réserves formulées par Monsieur Mittal et annonce :

" Le deuxième haut-fourneau repartira au deuxième semestre ".

Qu'est-ce qui lui permet d'afficher cette certitude ? Mystère.

Notre Papa Noël national essaie simplement de tirer la couverture à lui et de nous faire croire -- simplets que nous sommes --  à l'existence d'une promesse qui n'a pas été faite. Papa Noël fait de la désinformation de quatre sous en s'imaginant que personne ne va vérifier. Malheureusement pour lui, tous les médias soulignent sa bourde : même la gentillette présentatrice du journal de 13h sur Antenne 2, qui n'a pourtant pas inventé la poudre, l'a relevée.

Le redémarrage du haut-fourneau au second semestre est d'autant moins probable que la demande d'acier risque de ne pas être au rendez-vous : voir en particulier les difficultés de l'industrie automobile.

Jamais un Président de la République n'aura accumulé en si peu de temps autant de preuves conjuguées de son incompétence, de son cynisme et de son mépris de ses concitoyens.

Sur aucun marché de Provence ni d'ailleurs on n'aura  rencontré de camelot aussi pitoyable.

Monsieur Sarkozy n'est en effet qu'un mauvais camelot du capitalisme. Il veut nous faire croire que son intervention a été efficace alors qu'il ne maîtrise pas la situation. On pourrait l'accuser de publicité mensongère et de tromperie sur la marchandise. Il est vrai que, prêt à tout pour tenter d'enrayer la déroute promise, il fait flèche de tout mensonge, de toute approximation et de toute déformation de la vérité.

Ce président et son équipe ont-ils, pendant ce quinquennat, jeté les bases d'une politique industrielle cohérente ? Ils se sont contentés de parer au plus pressé, au coup par coup, sans grands résultats tangibles. Au cours des trois dernières années,  900 usines ont fermé en France et 100 000 emplois industriels ont été perdus (500 000 en 10 ans avec la droite au pouvoir).

Une des autres caractéristiques des annonces de Sarkozy, c'est qu'elles s'inscrivent dans la ligne du libéralisme le plus sauvage. Parmi d'autres, les dispositions envisagées pour relancer la construction, ou l'annonce d'une redéfinition du temps de travail des enseignants. Il s'agit, dans les deux cas, d'une entreprise de dé-réglementation, menée à la hussarde, sans souci de cohérence ni de faisabilité, dans un flou très peu artistique.

Monsieur Sarkozy est un V.R.P. très médiocre de l'entreprise France, dont nous sommes les actionnaires : licencions-le.

L'un des aspects les plus grotesques de la campagne de notre pitre national consiste à prêter au candidat Hollande le projet de se livrer à une vaste chasse aux sorcières, à une épuration digne des purges staliniennes, pour mettre en place un "Etat PS" quasiment totalitaire ! Sarko aurait-il oublié que, pendant cinq ans, il n'a eu cesse de mettre aux postes de commande, dans le corps préfectoral, les administrations, la justice, à la radio et à la télévision, des gens de droite, des sarkozystes zélés ? Les citoyens, eux, ne l'ont pas oublié.

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