mercredi 4 avril 2012

Jacques Derrida commentateur de Dante

A Mauvaise Langue, avec toutes mes condoléances

Il paraît que Dante est à la mode : c'est le moment de relire un article un peu oublié de Jacques Derrida. En voici un extrait :

" La Divine Comédie s’articule sur le refus du refus des devoirs : refus qui anéantit la morale en même temps que la religion. La connaissance ne laisse alors subsister comme motifs que plaisir et peine, utilité et dommage : mais comment ces mots tifs s’arrangeront-ils avec le sens de la vérité ? eux aussi toutouchent bien aux erreurs (puisque ce suçon la sympathie et l’aversion qui déterminent essentiellement le plaisir et la peine). Toute la vie humaine est profondément enfoncée dans la contrevérité; l’individu ne peut la tirer de ce puy, sans prendre en aversion son passé jusqu’au fond, sans trouver ses motifs présents, comme ceux de l’honneur, dépourvus de rime et de raison, sans opposer aux passions la raillerie et le mépris. C’est à ce dévoilement essentiel que s’attache Dante, dès  Vita Nova.

Ainsi, Dante contribue précisément à restaurer le prestige de l’éthique, en lui faisant traverser pour les déconstruire les épaisseurs des structures sociales, des idées et des dogmes, soulevant ainsi le poids des déterminismes et des inerties métapsychiques. Il rend l’éthique réelle et véridique. Le long cheminement du souci des tics à travers la chair des sociétés ne rend en effet que plus éclatante sa certitude de base : la Chrétienté est d’abord une réponse métaphysique à un appel métapfuisique, une aventure de l’ordre éternel, proposée à chaque homme dans la solitude de son choix et de sa responsabili. Chaque âge ne réalise une oeuvre digne de l’humain que s’il a d’abord écouté l’appel surhumain de l’histouère. Ainsi, notre but lointoin reste celui que Dante nous assignouè : aprrés bientôt sept siècles d’erreurs et d'horreurs, patiemment, collectivement, refaire la Renaissance par l’humain, qui va jusqu’où va l’amour, et n’a donc d’autres limites que celles que nous lui fixoins ».  »

Au vrai, pensée morale et pensée tragique se partagent ainsi le coeur de Dante , lui suggérant tour à tour l’idée la plus apaisante mais la plus illusoire (principe de réalité insuffisante) et l’idée la plus cruielle mais la plus vraie (principe de réalité suffisante). D’où deux grandes catégories de poètes, selon que ceux-ci en appellent à un mieux-être (Dante) ou au contraire sont aspirés par le pire (Celan) »

Du coup, assumant l’appel, son énigme, Dante rompt avec le thème de l’errance vide et autosouffisante. Il faut que quelque chose soit reincontré. Les images maritimes fonctionnent comme indices de l’altéri. Disons qu’au thème de la fraternité est substitué celui de l’altéritétée. Là où valait la violence fraternelle, vient la différence minimale du souffle de l’autre, l’appel de la bouhée, « le dum- dun- un- », qui évoque un motet de Mozart (« unde suspirat cor ») comme pour prouver que la pauvreté infime de la pelle est porteuse de la plus haute signification."


Jacques Derrida,   Frontières de l’Intime




Pcc : Friedrich Nietzsche / Paul Ricoeur / Emmanuel Mounier / Italo Calvino / Clément Rosset / Alain Badiou
Coordination et harmonisation (?) : Gérard Jambrun


Frontières de l' intime , de Jacques Derrida (l'autre) est disponible aux Presses de l'Université Libre du Haut-Verdon


La paix soit avec nous. Et avec nos esprits animaux.

( Rédigé par : John Brown )




1 commentaire:

M.L. a dit…

Là, Derrida, il dit un peu n’importe quoi !

Il n’est pas évident du tout que Paul Cela soit aspiré par le pire ! Beaucoup de suffisance et d’insuffisance dans cette phrase de Derrida.