dimanche 1 avril 2012

Le dilemme du populiste

" Ne pas prendre en compte les passions populaires expose à la colère ", déclare Henri Guaino au Monde.

  Peut-être,  mais prendre en compte les passions populaires expose à la connerie.

" Les passions populaires "  :  quel mépris du peuple s'exprime innocemment dans cette expression... Le peuple, pour des gens comme Henri Guaino, c'est toujours cette bête dangereuse, en proie à ses emportements passionnels incontrôlables.... panem et circenses...

Prendre en compte les passions populaires ?  Faut-il entendre qu'il s'agit de les flatter cyniquement, de caresser la bête dans le sens du  poil ?  C'est en tout cas ce qu'on vient de voir avec cette indécente traque à de supposés terroristes islamiques, avec descentes de policiers surarmés complaisamment filmés par les télévisions rameutées pour la circonstance. Un voisin remarquait qu'on aurait pu éviter d'enfoncer les portes. Tout ça pour quelques fusils (de chasse ?), deux kalachnikov inaptes au tir et quelques barbus en garde à vue. 17 au total, arrêtés dans toute la France (soit un peu moins de 0,2 terroriste islamique par département).  On a saisi chez eux (ou sur eux) 10 000 euros en petites coupures, ce qui, divisé par 17, fait 587 euros par tête de pipe, autant dire qu'on leur a piqué l'argent de la bouffe du mois, et encore. Il semble établi qu'ils s'entraînaient physiquement dans les bois et les parcs : du footing  peut-être, mais qu'est-ce qui nous dit que c'était pas du footing islamiste , hein ?  Ils sont en garde à vue jusqu'à mardi matin :  mardi à midi, on a des chances de rigoler un bon coup. On prend les paris ?

Lundi soir : je lis que Guéant ordonne l'expulsion de cinq islamistes dont trois imams. Si les attendus de la décision sont exacts, ces expulsions se justifient pleinement : propos antisémites, incitations au  meurtre etc. Cependant, on suppose que ces individus sévissaient déjà en France depuis longtemps : dans ce cas, les infractions à la loi étant suffisamment graves, on aurait dû les reconduire à la frontière bien plus tôt. En agissant maintenant, Guéant dévoile crûment le laxisme de son administration. Décidément, l'agitation du petit Nicolas ne devrait pas suffire à renverser la tendance, au contraire. Les jours lui sont désormais comptés. Y croit-il seulement encore ?  "Casse-toi, pauv' con " ? C'est pour très bientôt !

Mardi soir : les charges retenues contre les supposés "terroristes" paraissent des plus fragiles. On va voir quelles sont celles que retiendront les juges d'instruction, s'ils en retiennent, et on pourra juger du décalage entre les annonces faites la veille et les suites réelles. Il s'agit bel et bien d'une opération visant à flatter une partie de l'opinion publique, et de rien d'autre.

Mercredi matin (4 avril) : la baudruche se dégonfle. Ne restent plus que treize mises en examen et neuf emprisonnements : qu'en restera-t-il après les élections, s'agissant de présomptions de projets terroristes dont aucun n'avait reçu le moindre commencement d'exécution ?


En attendant, la chasse à l'islamiste est ouverte : c'est la divine surprise pour le petit Nicolas. Si tu crois que c'est comme ça que tu vas l'éviter, ta claque, tu te trompes, petit Nicolas, tu te trompes.

( Rédigé par : Babal )

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