dimanche 15 avril 2012

Pourquoi la France a perdu l'Algérie

Nous commémorons cette année le cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie.

On peut se demander à cette occasion pourquoi la France, dont les armées avaient de fait gagné la guerre d' Algérie, a pourtant perdu sa colonie, en rapatriant les Pieds-Noirs.

La réponse est simple.

En 1962, la population d'origine européenne est d'environ un million d'habitants pour une population totale d'environ dix millions d'habitants. Soit un pied-noir pour dix autochtones. Dans ces conditions, il était illusoire d'espérer maintenir encore longtemps la présence française en Algérie.

Or, en 1962, l'Algérie est colonie de peuplement depuis un bon siècle : l'échec de la colonisation de peuplement  est patent. De plus, une bonne partie des colons installés en Algérie ne sont pas d'origine française mais espagnole et italienne.

Si ces colons sont partis pour l'Algérie, c'est parce que, pour la plupart, leurs conditions de vie dans leur pays d'origine étaient mauvaises. Et si on trouve parmi eux beaucoup d'Espagnols et d'Italiens, c'est qu'ils étaient très pauvres.

Pourquoi les Français ne sont-ils pas partis plus nombreux pour l'Algérie ? C'est que, malgré la défaite de 1870 et la saignée de 14-18, la France est restée, de 1830 à 1940, un pays prospère, capable d'assurer à la majeure partie de ses habitants des conditions de vie relativement satisfaisantes pour l'époque. Les Français, même pauvres, ne furent donc pas très nombreux à être tentés d'aller s'installer en Algérie.

Et d'où la France tira-t-elle, de 1830 à 1945, une grande partie de sa richesse et de sa prospérité, qui empêchèrent la colonisation de peuplement de réussir en Algérie ? 

De l'exploitation de ses possessions coloniales.

Conclusion : la France a perdu ses colonies, dont l'Algérie, parce qu'elle était une puissance coloniale.

De toute façon , la France n'a pas perdu l'Algérie, puisqu'elle l'avait volée.

C.Q.F.D.

La paix soit avec nous. Et avec nos esprits animaux.


Additum -

Vers 1850, dans un rapport sur l'Algérie, Alexis de Tocqueville écrivait :

" Nous avons tout d'abord reconnu que nous n'avions pas en face de nous une véritable armée, mais la population elle-même [...] Il s'agissait moins de vaincre un gouvernement que de comprimer un peuple.  "

Ce constat lucide en 1850 l'était tout autant en 1956. mais il faut croire que nos gouvernants de l'époque n'avaient pas coutume de lire Tocqueville. Ceux qui,  en 1956, s'activaient à comprimer un peuple étaient des socialistes SFIO qui s'étaient assis sur les principes dont ils se réclamaient : Guy Mollet, Robert Lacoste et un certain François Mitterrand, l'auteur du fameux slogan " L'Algérie c'est la France ",  et qui fut, ne l'oublions pas, le garde des sceaux de la bataille d'Alger.

( Rédigé par : Guy le Mômô )

Abd-el-Kader, portrait par Tissier

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