lundi 7 mai 2012

Plaidoyer pour la peine de mort



" Ouvrez des cimetières, vous fermerez des prisons "

                                                                      ( Victor Hugo )


La peine de mort est-elle (si l'on ose dire) une survivance ? On pourrait le croire, vu que  le nombre de pays où elle est abolie tend à augmenter. Sa disparition totale, osons l'affirmer, se solderait par une régression globale de la civilisation sur la terre.

Les arguments des abolitionnistes m'ont toujours paru irrationnels et teintés d'une détestable sensiblerie, dont fut affligé, par exemple, un Robert Badinter, et que, malheureusement, il eut l'art de communiquer à la représentation nationale.

La peine de mort serait, selon ses détracteurs, une barbarie indigne d'un pays civilisé, un crime légal. 

Rappelons que l'expression "crime légal" est une contradiction dans les termes, puisque c'est la loi qui dit ce qui est crime et ce qui ne l'est pas. Il ne peut donc exister, par définition, de "crime légal", puisqu'il n'existe pas de définition absolue de ce qui est crime et de ce qui ne l'est pas. L'existence d'une morale universelle étant une fiction qui ne résiste pas à l'examen, ce que la loi autorise ne saurait être un crime. Rétablissons la peine  de mort, et les fumées badintériennes d'un fantasmatique "crime légal" s'évanouiront instantanément.

Rappelons aussi aux âmes sensibles que c'est par dizaines, par centaines de millions que, chaque jour, des êtres vivants sont exterminés par les hommes pour leurs besoins alimentaires, voire pour leur plaisir, et que cette barbarie quotidienne n'émeut pas grand monde. On souhaiterait que les exécutions capitales de quelques uns de nos semblables rétablissent un semblant d'équilibre : ce n'est, hélas, pas encore le cas.

La peine de mort serait, selon les mêmes, inefficace ; on n'aurait jamais réussi à prouver qu'elle ferait reculer la criminalité. On n'a jamais réussi non plus à  prouver le contraire. D'ailleurs, comment établir des statistiques fiables quand la peine de mort est si peu appliquée même dans des pays qui font un effort louable, comme la Chine ? Il faudrait rétablir la peine de mort dans tous les pays du monde et l'appliquer à grande échelle pour se faire une idée un peu moins floue de la question.

Songeons à l'efficacité qu'aurait une mesure comme l'institution de quotas : par exemple, on pourrait fixer un quota de cinq mille peines de morts par an pour les infractions au Code de la route : je suis sûr qu'on n'aurait pas à mettre autant d'argent dans l'installation de radars et dans des campagnes de sensibilisation qui ne sensibilisent que les sensibles. C'est alors que les automobilistes lèveraient le pied de l'accélérateur ! Et l'on conçoit que la baisse du nombre de tués sur les routes compenserait largement les "pertes" humaines causées par l'exécution des contrevenants. S'il faut abolir la peine de mort, messieurs les chauffards assassins, commencez les premiers !

Quelle horreur, nous dit-on, pensez à ces malheureux innocents condamnés à mort et exécutés. Toujours la même sensiblerie. La mort d'une poignée d'innocents ne disqualifie une pratique qui permet de rayer de la Terre des milliers de coquins qui en infectaient la surface. Si innocents que ça, d'ailleurs ? Si les juges ne savent parfois pas bien pourquoi ils ont condamné quelqu'un à mort, soyons bien sûrs que lui, au moins, il le sait.

Au terme d'une vie peu recommandable, lesdits coquins se voient offrir l'occasion de se racheter quelque peu en faisant preuve de courage et de dignité, contribuant ainsi, par leur exemple, à relever  le niveau de la moralité publique.

Dans  Le Monde comme volonté et comme représentation , Arthur Schopenhauer fait l'éloge de l'exécution capitale, considérée comme moyen pour l'homme d'accéder à des vérités supérieures :

" Je crois bien plutôt que l'échafaud est un lieu propice à des révélations tout-à-fait particulières et un observatoire depuis lequel l'homme qui ne perd pas sa lucidité peut embrasser des perspectives sur l'éternité souvent bien plus amples et plus nettes que celles qui s'ouvrent à la plupart des philosophes courbés sur les paragraphes de leur philosophie et de leur théologie rationnelle."  Et de citer les édifiantes déclarations de quelques assassins juste avant le trépas sur l'échafaud. :

"  Ainsi, un certain Bartlett, qui avait assassiné sa belle-mère, tint ce sermon d'échafaud le 15 avril 1837 à Glocester : "Chers Anglais et  chers compatriotes ! Je n'ai à dire que très peu de mots, mais je vous prie tous, et chacun, de laisser pénétrer profondément dans votre coeur ces quelques mots, afin que vous vous en souveniez non seulement pendant que vous regarderez le triste spectacle qui se présente, mais que vous les rameniez chez vous et les répétiez à vos enfants et à vos amis.Voici donc l'objet des implorations que je vous adresse, moi un moribond, moi que l'instrument de la mort guette. Voici donc ces quelques mots : détachez-vous de l'amour de ce monde mourant et de ses vains plaisirs ; pensez moins au monde et plus à votre Dieu. Faites-le ! Convertissez-vous, convertissez-vous ! Car soyez certains que sans une conversion profonde et véritable, sans retour à votre père céleste, vous ne pouvez pas avoir le moindre espoir d'atteindre ces régions de la félicité, ce pays de la paix où j'ai maintenant la ferme conviction de me rendre d'un pas  rapide. "

C'est pas beau ? J'en ai les larmes aux yeux quand je lis ça.

Voilà pourquoi j'ai la conviction que la peine de mort  devrait être appliquée sur une échelle bien plus grande qu'elle n'a jamais été appliquée nulle part, et que les exécutions devraient être publiques. On pourrait ainsi y amener les enfants des écoles qui en tireraient des leçons de civisme et de grandeur d'âme. Puisque l'instruction civique a été rétablie dans les établissements d'enseignement, chaque écolier de France devrait avoir assisté à au moins une exécution au cours de sa scolarité.

Ne perdons pas non plus de vue l'utilité, encore symbolique mais prometteuse, de la peine de mort comme moyen de régulation de la démographie humaine. Convenons que c'est par millions, voire par dizaines de millions, que chaque année, de par le monde, devraient être exécutés des scélérats de tout poil, pour que la peine de mort donne la mesure de son efficacité dans ce domaine. On en est encore loin, mais on peut toujours rêver.

A ce propos, il serait bon d'appliquer la peine de mort à partir de l'âge de dix ans. J'ai la joie au coeur quand je songe au nombre de petits scélérats qui en seraient passibles et dont l'exécution débarrasserait leurs parents et la société de la tâche ingrate de les éduquer. Et puis, n'ayant pas encore atteint l'âge de la puberté, ils n'auraient pas encore eu l'occasion de se reproduire.

Terminons en répétant qu'une exécution capitale ne manifeste toutes ses vertus que si elle est publique. Autrement, on sombre dans la plus crasseuse des hypocrisies, premier pas vers l'abolition.

Additum  : J'apprends qu'aux Etats-Unis, les condamnés à mort préfèrent devancer l'échéance en se suicidant. Excellent ! Il faut encourager les suicides en prison. En effet, les scélérats, en se faisant justice eux-mêmes, épargnent à la collectivité des frais inutiles. De plus, ces suicides, en libérant des places, réduisent le surpeuplement carcéral et permettent d'enfermer autant de nouveaux condamnés à mort, et ainsi de suite. On crée ainsi un cycle vertueux se perpétuant tout seul, ce dont  tous les amis de l'ordre ne manqueront pas de se réjouir.


La paix soit avec nous. Et avec nos esprits animaux.

( Posté par : Momus )

exécution publique de Weidman

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