mercredi 27 juin 2012

Ton cul est à toi : défendons notre droit à nous prostituer

On ne lit plus guère aujourd'hui  Victor Margueritte. C'est à un de ses livres Ton corps est à toi, piqué dans la bibliothèque secrète des parents (quelle époque antédiluvienne où l'on en était encore à cacher les livres de cul !) que je dois une partie de mon initiation à la sexualité.

J'ai à peu près tout oublié de Ton corps est à toi (1), sauf le titre, qui, depuis mes quatorze ans, continue de sonner pour moi comme un principe intangible. Mon corps est à moi, et à moi seule, et j'en fais exactement ce que je veux. J'en fais l'usage que je veux, j'en tire le plaisir que je peux, le profit que je peux, j'ai le droit de le martyriser comme je veux, de le dégrader comme je veux, de le mutiler comme je veux, de le détruire comme je veux ( le droit au suicide : droit imprescriptible de l'être humain).

En revanche, toute tentative étrangère de contrôle, d'utilisation,  de modification de mon corps est par principe illégitime, qu'elle soit parentale, étatique, religieuse. Et cela dès l'enfance : c'est pourquoi des pratiques traditionnelles ou religieuses comme l'excision ou la circoncision (2) sont par essence des pratiques abominables parce qu'elles sont des mutilations imposées à l'enfant par des adultes, au nom de leurs préjugés, de leurs croyances de crétins, de leur connerie crasse, avec la bénédiction et l'aide du groupe social. Autre saloperie : la conscription militaire, contre laquelle la désertion reste le moyen le plus efficace  et le plus honorable, surtout en temps de guerre.

Le projet d'interdire la prostitution de la ministre Najat Vallaud-Belkacem est un projet scélérat qu'il faut dénoncer et combattre comme une atteinte inacceptable à la liberté de l'individu.

Pourquoi donc le fait de vendre son corps, d'offrir, moyennant rémunération, des services sexuels, quand on est un adulte responsable et libre de le faire ou pas, serait-il moralement et socialement plus répréhensible que toutes les autres façons de vendre son corps et d'en offrir les services pour argent comptant ? Travailler dans un supermarché, dans une aciérie, dans un hôpital, n'est-ce pas, tout autant, vendre son corps pour les services qu'il peut rendre ? Est-ce que tout salarié ne vend pas son corps ?. Ainsi, le mot de prostitution pourrait-il  désigner, tout autant que le commerce du sexe, toutes les formes de l'activité salariée. Enseigner, c'est vendre son corps. Opérer un malade, c'est vendre son corps. Jouer la comédie, c'est vendre son corps. La prostitution sexuelle n'est qu'une des formes de l'universelle prostitution.

Une fois de plus, on se trompe de cible. Ce n'est pas la prostitution qu'il faut interdire et sanctionner, c'est le proxénétisme. Le fait de se prostituer librement, en toute connaissance de cause, et d'en garder les profits pour soi, n'a rien que de naturel et de légitime, et ne peut provoquer la fureur que des cagots de toutes obédiences. Le proxénétisme, en revanche, est une abomination car c'est tirer profit, par la tromperie et la violence le plus souvent,  du corps de l'autre ; c'est exploiter le corps de l'autre. Je milite, aux côtés de quelques amis sur ce blog,  pour le rétablissement de la peine de mort : les proxénètes méritent la mort et méritent toujours la mort, une mort infamante précédée de sévices (émasculation précédée de l'ablation des oreilles, de la langue et du nez, éviscération etc.). J'aimerais rouler, avec ma petite auto, sur la tête d'un proxénète, jusqu'à ce que son crâne éclate ah !

Au lieu d'inquiéter les prostituées, l'Etat devrait les protéger, les soustraire à la domination des proxénètes, leur fournir des lieux de travail décents, les faire protéger par la police, et reconnaître enfin le plus vieux métier du monde comme une profession à part entière, dont la dignité et l'utilité sociale ne sont plus à démontrer.  "La prostitution joint l'utile à l'agréable" a écrit sur sa copie de philo un candidat au bac : on ne saurait mieux dire. Allons plus loin : la prostitution est une occupation nobel (3), compatible avec les aspirations et les sentiments les plus élevés.

Pourquoi ne pas créer, au sein d'un système éducatif résolument optionnel et tenant compte des réels besoins  sociaux, une option "prostitution" qui pourrait être proposée aux jeunes filles et jeunes gens intéressés dès quinze ans révolus (avec l'accord des parents, bien entendu ) ?. Pour laisser aux mentalités le temps d'évoluer, on pourrait, pendant quelques années au moins, s'en tenir à un enseignement purement théorique jusqu'à la majorité. L'option "prostitution" pourrait être proposée au bac et ouvrir à un master, une agrégation, un doctorat. La prostitution étant une activité éminemment artistique, on pourrait créer un Conservatoire ; des festivals pourraient avoir lieu à Paris et en province ; ce serait aussi l'occasion pour les chaînes de télé de dépoussiérer leurs sempiternels reality-shows.

Je suis moi-même une  ancienne prostituée. Initiée dès l'âge de quinze ans par un frère aîné particulièrement expert, puis formée par lui aux jeux de l'amour les plus sophistiqués durant une série de stages qu'il avait ouverts aussi à mes cousines et à mes amies, j'embrassai la profession de prostituée à ma majorité. Je me constituai peu à peu une clientèle triée sur le volet. J'ai toujours su gérer au mieux mon carnet de relations et n'ai jamais travaillé sur le trottoir (pour qui me prend-on?), encore moins par internet (je suis de la vieille école). J'ai tiré de ma profession, que j'ai toujours exercée comme un art, des profits substantiels et des plaisirs sans nombre jusqu'à l'âge de cinquante ans. Ayant su faire fructifier mes petites économies, les moyens financiers de la retraitée épanouie que je suis n'ont rien à voir avec ceux de l'ex-caissière de supermarché que j'aurais pu être. J'ai revendu ma petite entreprise  fort prospère à trois amies dont les affaires marchent du tonnerre (4) : un exemple pour tous nos patrons de PME.

Je continue d'ailleurs d'exercer, mais pour le plaisir , à l'intention de quelques vieux ou moins vieux clients et amis ; cela m'assure mon argent de poche du mois ( le triple environ du salaire d'un agrégé en fin de carrière). Inutile d'ajouter que je n'ai jamais payé un centime d'impôts. D'ailleurs mes comptes sont en Suisse, à Vevey, où je vis, vue imprenable sur le lac.

Récemment, j'ai vigoureusement repoussé l'offre d'un vieux client et ami qui m'avait proposé le mariage. "N'ayez crainte, m'a-t-il dit, croyant me rassurer, je paierai tout comme avant ".  Le mariage ! fi, quelle horreur ! pourquoi pas pute en camionnette au bois de Vincennes ? En tout homme, décidément, même bien élevé, sommeille un proxénète qui ne s'ignore pas.

Je précise que, comme probablement la mère Najat Vallaud-Belkacem,  je suis de culture  arabo-musulmane (comme on dit),  mâtinée de judéo-christianisme, le tout bonifié par des apports bouddhistes et surtout taoïstes. J'ai préféré dès mon plus jeune âge la lecture de la Philosophie dans le boudoir à celle du Coran et pratique un athéisme souriant.  Soit dit en passant, juste pour faire éventuellement éclater de fureur quelques crasseux barbus.

Note 1 . - Je me rappelle tout de même une scène de partouze qui n'a pas dû compter pour peu dans l'éveil de ma vocation.

Note 2 . - Un tribunal allemand vient de condamner  la circoncision comme atteinte au droit d'un enfant à son intégrité physique : et pan dans le jardin de l'imam et du rabbin; ça les leur coupe, à ces enfoirés, spécialistes du racolage spirituel actif. Je fais une exception pour l'imam de Bordeaux, que j'aime bien, et pour le rabbin Sitruk, à la famille de qui je ne veux pas faire de peine.

Note 3 . - "une occupation nobel" : je voulais dire une occupation noble mais on s'en voudrait de corriger certaines fautes de frappe. Il faut créer un prix Nobel de la prostitution !

Note 4 . - A Grasse, à l'enseigne des Trois Grâces (inutile de chercher l'adresse exacte ni le site internet, il faut être au parfum).

Additum (2 semptembre 2012 ) . Sur le Monde.fr  (1er septembre 2012) Dominique Noguez publie une intéressante prise de position intitulée Repensons la prostitution . Ce qu'il y dit rejoint dans l'ensemble mon point de vue. Cependant il y écrit :

Soyons clairs : il est légitime, bien sûr, et même urgent, de lutter contre la traite des êtres humains, à visée sexuelle ou non. Et donc de lutter efficacement contre le proxénétisme. Mais on n'y parviendra pas en mélangeant tout, en érigeant des cas minoritaires en loi générale

Eriger des cas minoritaires en loi générale ? J'ai bien peur que Dominique Noguez ne considère comme "cas minoritaire" celui de la pauvre fille condamnée à l'abattage au bois de Vincennes ou dans un hôtel de passe de bas de gamme, alors qu'au contraire, c'est le cas très majoritaire. Cette prostitution-là, il faut l'interdire et faire une chasse impitoyable aux gangsters et aux mafias qui usent de la violence pour faire prospérer leur commerce de chair humaine. L'existence de cette racaille, qu'il faudrait coller au mur sans autre forme de procès, justifie à elle seule le rétablissement de la peine de mort.

 (Rédigé par : Linda )

1 commentaire:

JC a dit…

Linda ! Ah ! Linda ! Le Victor..., la mort de mes os pourris que les vers me les niquent et ma mère avec, quel pied noir !

J'ai lu, tout jeune, "La Garçonne" : une bombe de bibliothèque ! Il était juste à coté du "Moyen de Parvenir" de Béroalde de Verville, génial,lui aussi ...

Il me semblait que tous les énarques doivent "subir" un cours de prostitution avec exercices politico-polissons électoralistes....