jeudi 14 juin 2012

Un président normal

Depuis plus de trois jours, le twit twitté par Valérie, Première Concubine de France, alimentait le bouche-à-oreille. Des rumeurs désobligeantes pour le Président circulaient. Plus d'une, plus d'un, doutait de son autorité, de sa virilité même ; plus d'une, plus d'un, se le représentait dans la posture d'un caniche filant doux devant le rottweiler. Le surnom de Flamby ressortait des frigos où l'impeccable démarrage des premières semaines l'avait relégué.

"Ce n'est pas ma faute, assénait Valérie à François dans le petit salon crème de l'Elysée ( le même où Valéry et Anne-Aymone avaient conçu Valérie-Anne), ce n'est pas ma faute si ta conne d' Aix (1), assistée de la conne de Lille, est allée se fourrer dans ce piège à cônes charentais. Tant mieux si elle se fait blackbouler : je serai fière d'y avoir contribué. Et puis sa tronche se fera plus rare dans le coinsteau, on respirera plus librement.

-- Te rends tu compte, ma chère, répondit, flegmatique, François, que ton malencontreux twit a gravement écorné mon image de président normal ?

-- Il faut bien que quelqu'un rectifie tes erreurs et fasse preuve du courage politique que tu n'as pas. Que serait François sans sa Valérie, parfois je me le demande.

--  Que serait Valérie sans son François (2) ?

-- La prochaine fois, avant de faire une boulette,  tu me demanderas mon avis.

-- Il n'y aura pas de prochaine fois.

-- Que veux-tu dire ?

--  Je croyais pouvoir  compter sur toi. Tu m'as gravement déçu. J'ai été peiné de ta trahison.

-- Trahison... Comme tu y vas.

-- Je pèse mes mots, lança François d 'une voix flûtée, tout en feuilletant, d'un doigt négligent, une Vie de Joseph Staline qui se trouvait par hasard sur un guéridon. et il ajouta :

-- Une maîtresse, disons plutôt une poule, c'est comme un ministre, si c'est pas d'accord, ça ferme sa gueule ou ça dégage.

-- Tu pèses surtout tes gros mots. Pauvre larve !

-- Tu es congédiée.

-- On verra ça. En attendant, je te donne cinq minutes pour me rejoindre dans mon bureau.

-- Tu n'as plus de bureau. On l'a déménagé ce matin. Prends ton sac à main et casse-toi. Pauv'conne..

-- Essaie-donc de me mettre dehors, pour voir.  Flamby !

Sous l'injure, Flamby ne frémit même pas. Il agita une sonnette posée sur un exemplaire des Mémoires de Pierre-le-Grand. Deux malabars entrèrent et, sur un signe du Président,  ouvrirent la fenêtre, se saisirent de la Valérie et la propulsèrent au grand air. Le temps pour le Président de dire ouf (3) et l'enragée twitteuse s'écrasait sur le perron de l'Elysée. Plaf. Adieu ma concubine.

-- Vous m' évacuerez ça avant l'arrivée de l'ambassadeur du Costa-Rica.

-- Et la presse, Monsieur le Président ?

-- Faites savoir qu'après son irréparable boulette, l'inconsolable Première Concubine a mis fin à ses jours.


" Entre un Président normal et un Président paranormal, il n'y a souvent que l'épaisseur d'un cheveu de femme "  (Albert Camus)


Notes :  1/  "ta conne d'Aix"  :  l'Aix-concubine

             2/  "sans son François" : un hommage en passant à l'incomparable interprète de Ravel.

             3/  " le temps pour le Président de dire ouf" : j'en aurais dit autant.  La Twitterweiler  me fait l'effet d'une enquiquineuse de première, avec ou sans son François. Le pauvre n'a pas fini d'en voir. Déjà qu'avec la Ségolène, ça n'avait pas dû être rose tous les jours, ou alors ça l'avait été beaucoup trop ; il en aura eu une indigestion, de rose, avec ces deux-là, même "la vie en rose" à l'accordéon, rien ne lui aura été épargné. Tailleur rose et regard froid, moi, les bonnes femmes de ce genre, je ne les prise pas. Enfin si c'est son truc à lui, tous les goûts sont dans la nature.

Maurice RavelGaspard de la nuit,  Samson François,  piano


La paix soit avec nous. Et avec nos esprits présidentiaux.


( Rédigé par : Guy le Mômô )


1 commentaire:

JC ( notre correspondant, Salle Wagram) a dit…

Sans son François :
...et de Chopin ...