dimanche 12 août 2012

Délocalisons les Jeux Olympiques

La grande foire aux muscles s'achève. D'aucuns n'en seront pas mécontents. Certains pousseront même un grand ouf. Ce n'et pas mon cas. C'et justement au moment où je commençais à m'y faire que ça s'arrête. Anesthésié, stupéfié, je marinais doucettement dans un jus de chaleur  et de commentaires débiles, et voilà qu'il va falloir gérer en catastrophe le grand vide, le manque.

C'est d'autant plus râlant que je m'étais pris d'intérêt pour des sports dont je n'avais jamais entendu parler jusque là, ou si peu. Le taekwondo, par exemple. Ou encore le tir sur pigeon d'argile à 20 m. Ou le quatre de couple en canoë sans barreur. Ou la BRM sans moteur. On a eu droit à quelques images, généralement quand l'honneur national était  en jeu, mais à peine de quoi assimiler l'essentiel des règles de ces sports encore confidentiels.

La couverture médiatique des Jeux est donc en cause. L'impression d'être soumis pendant quinze jours à un ahurissant matraquage télévisuel est trompeuse. On aura bouffé très peu de taerkwondo, par exemple, et encore moins de tir sur pigeon d'argile à 20 m. Ce sont pourtant des sports que n'importe quel attardé mental texan en attente de la chaise électrique est capable d'assimiler pour y trouver une utile distraction au moment crucial. Une solution rationnelle et pédagogique serait d'imposer sur toutes les chaînes pendant 24 heures au moins , un programme unique entièrement dédié aux compétitions de taekwondo ou de kayak quadriplace. Ce serait d'ailleurs l'occasion de prolonger la grande immersion hypnotique des JO  jusqu'à la rentrée scolaire. Comme ça on cloquerait les mômes devant la télé, ils nous foutraient la paix jusqu'au moment des fournitures. Enfin... l'espoir fait vivre.

Une autre grande lacune de ces Jeux, c'est l'absence de nombreux sports pourtant pratiqués dans de très nombreux pays. L'introduction du beach volley est une heureuse innovation dont tous les amateurs de sport-spectacle se félicitent, mais pourquoi en rester là ? Pourquoi ne pas introduire des compétitions de beach-foot, de beach-hand ou de beach-badminton, sports aussi largement pratiqués sur les plages que le volley ? D'ailleurs toutes les disciplines sportives, ou presque,  sont susceptibles d'être transposées à la plage, du beach-plongeon au beach-marathon. Sans oublier le jokari.

Autant d'occasions négligées d'augmenter le nombre de médailles et d'offrir à de nombreux pays en voie de développement sportif  l'occasion de figurer sur les podiums.

Et que dire, à ce sujet,  de l'absence scandaleuse d'une discipline aussi universellement pratiquée que la course en sac ? Sans parler de la marelle.

Concentrer la totalité des compétitions sportives dans une seule ville conduit à exclure de fait certains sports. Il conviendrait donc de délocaliser des compétitions qui ne peuvent être organisées dans la ville choisie par le CIO. Par exemple, il serait logique de confier à l'île de la Réunion ou à l'Australie l'organisation des compétitions de surf avec requins.

L'alpinisme reste le grand absent des Jeux. Il st clair qu'on ne voit pas comment organiser ailleurs que dans l'Himalaya l'épreuve de l'ascension de l'Everest, à moins de délocaliser l'Himalaya, ce qui semble techniquement difficile. Pour la même raison, la traversée du Yang-tsé à la nage  revient préférentiellement à la Chine. J'ai bien essayé de modéliser une délocalisation de l'épreuve de traversée à la nage duYang-tsé en faisant pipi près d'une fourmilière, mais il faudrait d'autres tests.

Même si les épreuves olympiques de certains sports universellement pratiqués peuvent avoir lieu ailleurs que dans leur pays d'origine,comme c'est le cas pour le judo, ou bien pour le tir au pigeon vivant tel qu'on s'y adonne à Alep ou à Ciudad-Juarez, on pourrait envisager de lui en confier l'organisation, pour des raisons culturelles évidentes. L'Inde, par exemple, pourrait se voir chargée des épreuves du kama-soutra, forme de gymnastique orientale,  inexplicablement oubliée, en dépit de son côté spectaculaire et de sa valeur éducative et hygiénique.

Délocaliser un certain nombre d'épreuves permettrait aussi de mieux répartir la charge financière. Dans le cadre d'un suivi médiatique post-opération J-O, on attend avec intérêt les premiers reportages télévisés sur la tête du contribuable britannique au moment de payer l'addition.

( Rédigé par : Babal )


1 commentaire:

JC a dit…

Il est évident que la délocalisation de l'épreuve du kama-soutra s'impose : île de Porquerolles, île de Paques ou l'ile d'Yeu ?

Et s'il faut un entraîneur affirmé ... j'ai l'équipe déjà en tête.