samedi 1 septembre 2012

L'instinct lapinifère, fantaisie dans le goût de Richard Millet

Sur la place du marché, rencontré un de mes voisins, beau jeune homme, d'origine marocaine, accompagné de ses enfants : il y en a cinq, entre six mois et six ans, qui ont dû se suivre, à peu de choses près, d'une année sur l'autre . Cette marmaille (sauf le quasi nourrisson qui paraît bien sage dans les bras de son père) s'agite et braille beaucoup ; elle est rarement cadrée par les parents ; c'est leur façon de faire; ils laissent aux uns et aux autres le soin de s'en charger, gentiment si possible.

Je me dis en m'éloignant que ce qui donne un semblant de vraisemblance aux prédictions apocalyptiques de Richard Millet dans ses derniers opuscules, c'est que les populations européennes (voir l'Allemagne et la Russie) ont perdu ce que j'appellerai  l'instinct lapinifère ; la faute en est aux progrès de l'hygiène et de la médecine, au recul spectaculaire de la mortalité infantile. Peu à peu, il est devenu de moins en moins nécessaire de faire beaucoup d'enfants pour regarnir les rangs que la mort clairsemait par trop. Les progrès de la contraception ont fait le reste.

Le déclin de l'instinct lapinifère en Europe est d'ailleurs un phénomène récent : les premiers symptômes n'en apparaissent, et seulement dans les pays les plus développés, qu'au début du XXe siècle.

Il n'en va pas de même, encore aujourd'hui, dans la plupart des pays d'Afrique noire et du Maghreb, pas plus que dans de nombreux pays du monde, même si ces pays rattrapent progressivement et difficilement leur retard sur les pays développés. L'instinct lapinifère y reste donc encore très fort et l'on continue d'y faire des marmots à tout va. Le retard des politiques contraceptives, les préjugés religieux, le poids des traditions, empêchent une prise de conscience des dirigeants et des populations; peu semble leur importer qu'il devienne de plus en plus difficile de nourrir, de soigner et et de loger tout ce monde.

L'instinct lapinifère est sans doute le plus fort de tous les instincts, corrélé qu'il est à la survie de l'espèce. Nous le partageons avec les lapins et avec les cafards. Ces derniers, ayant peu de prédateurs, rivalisent avec l'espèce humaine du point de vue de l'augmentation exponentielle de leurs populations.

Pour en revenir à nos problèmes d'immigration, il est clair que les immigrés originaires de pays à forte prévalence lapinifère conservent encore, pendant quelques générations, cet instinct dans toute sa force. Il va sûrement s'affaiblir, de génération en génération. C'est l'affaire d'un bon siècle, ce qui laisse de quoi nourrir l'inspiration de plusieurs Richard Millet successifs. Ensuite, les choses devraient se tasser, mais je n'y serai probablement plus pour le constater. En attendant je ne ne vois pas pourquoi mon instinct prophétique serait moins fort que celui de Richard Millet.


La paix soit avec nous. et avec nos esprits animaux.

( Rédigé par : Marcel )


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