jeudi 6 septembre 2012

The right time

" Le bonheur n'est pas chose aisée, il est très difficile de le trouver en nous, et impossible de le trouver ailleurs ".

J'ai mis en exergue de ce blog cet admirable aphorisme de Chamfort, découvert récemment . Son optimisme raisonnablement modéré m'a séduit et m'a paru propre à éclairer ce qui me reste de vie. C'est bien tard, sans doute, mais pas vraiment trop tard. Si le temps des grandes décisions est passé pour moi,  il reste le quotidien, et j'ai appris que c'est au jour le jour, et le plus souvent dans l'instant, que le bonheur se saisit, se savoure, ou vous échappe.

 Pas "le" bonheur"  mais un bonheur , différent du précédent et du suivant. Le bonheur n'est pas pour moi un état continu mais une succession discontinue d'états, de nature et d'intensité variables. Il a partie liée avec le hasard, avec la chance. Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, le mot bonheur désigne un coup de chance, une occasion favorable, une circonstance heureuse. Chamfort est un des premiers à l'utiliser dans son sens usuel moderne.

J'ai dû lire Chamfort pour la première fois vers trente ans. En chemin j'ai rencontré cette sentence, mais j'ai dû sauter à pieds joints par-dessus, sans en saisir la justesse ni la profondeur. C'est pourtant à cette époque-là qu'elle m'aurait été utile, si j'avais été capable de la comprendre et si, surtout, j'avais eu la force de  m'en inspirer pour vivre.

On dit souvent que la lecture des écrivains et des philosophes nous fait gagner du temps, en nous apprenant par avance ce que l'expérience vécue ne nous révélera que plus tard. Malheureusement, il faut souvent avoir assez vécu pour enfin les comprendre, et lorsqu'il ne reste presque plus de temps pour mettre à profit leurs leçons.

Faut-il le regretter ? Pour être sage avant le temps, il faudrait pouvoir faire l'économie des passions de la jeunesse. Et cela serait-il sage ?

Chamfort

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