lundi 3 septembre 2012

Un peu d'eau au moulin de Richard Millet

Temps gris.

Demain, c'est la rentrée des classes.

Sept heures trente du soir. 

Au pied de l'immeuble proche de ma maison, j'observe les enfants en train de jouer. Ils se poursuivent, se bagarrent, font du vélo, grimpent aux arbres, avec force de piaillements.

Aucun signe des parents. Aucune fenêtre ne s'ouvre. Personne ne sonne le rappel.


Il me semble que, de mon temps, pas si lointain, après tout, ça ne se passait pas comme ça. La veille de la rentrée, nous passions la journée dans les papeteries, puis nous nous occupions à recouvrir les cahiers, coller des étiquettes, affûter les crayons, recenser le matériel, ranger le cartable, éventuellement cirer les chaussures.

Aujourd'hui, il semble que pour beaucoup  d'enfants et pour leurs parents, faire une rentrée scolaire, c'est aussi anodin que d'aller pisser.

La magie s'est perdue. Car il y avait un brin de magie, comme toujours quand quelque chose qu'on attendait et à quoi l'on attache de l'importance se réalise. Un premier jour de classe, c'était le moment d'un passage, un des pivots de l'année, comme Noël, cela se préparait, on y mettait toujours un peu de solennité et de soin.

C'est aussi que l'école, c'était important. Personne, à l'époque, ne mettait en doute son rôle éminent d'ascenseur social.

Richard Millet a raison. Le sens et le goût de la transmission, de la tradition, se perdent.

Triste, tout de même. Comme ce temps gris.


Rédigé par : Guy le Mômô )


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