vendredi 16 novembre 2012

Nazis : un grand merci quand même !

On aura beau dire : un certain cinéma français a contracté une belle dette envers les Nazis, leurs SS tortionnaires et leurs auxiliaires de la Wehrmacht, sans lesquels il aurait eu du mal à exister. Les chefs-d'-oeuvre du genre restent évidemment à ce jour La Grande vadrouille et Papy fait de la résistance qui, sans chercher à jouer la carte de la crédibilité, réussissaient  à nous faire rire. C'était au moins du comique volontaire. On a beaucoup ri aussi, hier soir, mais du metteur en scène, Jean-Paul Salomé, en regardant  sur la 3  Les Femmes de l'ombre,  avec  Sophie Marceau, en improbable infirmière chef d'un commando de nanas (Julie Depardieu, Marie Gillain...) parachutées en France en 44 pour y prendre tous les risques, y compris et surtout celui du ridicule. Il faut reconnaître à ce film le mérite d'avoir repoussé les bornes de la nullité (si tant est que ce soit possible) dans tous les domaines (mise  en scène, scénario, dialogues, direction d'acteurs, montage). Heureusement, les affreux nazis étaient au rendez-vous, abominablement sadiques et haïssables à souhait, et en nombre suffisant pour se faire déquiller à la demande, un peu à la façon des Chinois dans Les Barbouzes, par nos héroïnes jacassantes et survoltées, jouant de la pétoire comme je joue de la mandoline. Il était tout de même gênant que les personnages de nazis fussent les plus crédibles dans ce film qui prétendait exalter leurs adversaires. Le moins tolérable, du reste, dans ce navet affligeant, sorte de soupe mal mixée pour cause d'ingrédients peu compatibles,  était qu' au lieu de se borner à assumer le statut de résidu de sous-BD auquel il peinait à se hisser, il se voulût, de façon insistante et indécente, un hommage aux vraies Résistantes. Ô mânes de Melville , que j'imagine révoltées par un pareil scandale, puisse votre colère s'apaiser !

 Frédéric Taddei, présentant le film, ne songea pas à évoquer le cinéma de Lautner : ça valait mieux, la comparaison aurait été désobligeante dans les deux sens. En revanche il situa avec le plus grand sérieux ce nanard dans la mouvance des Sept mercenaires et des Douze salopards , oubliant que John Sturges et Robert Aldrich sont de grands metteurs en scène, alors que ce Jean-Paul Salomé  n'est qu'un gougnafier sans talent . Rendons hommage tout de même aux comédiennes et comédiens qui, comme d 'hab, faisaient avec conviction le boulot qu'on leur avait demandé de faire. Heureusement qu'ils sont là pour rattraper le coup  à des incapables qui  se mettent derrière une caméra  et prétendent faire du cinéma : on se demande ce qu'ils réussiraient à faire sans eux. Leurs besoins, probablement.


( Rédigé par : La grande Colette sur son pliant )




1 commentaire:

JC inémascope a dit…

Le titre est déplaisant, détourné
le film est mal tourné,
le billet est bien tourné,
Où est ce que ça cloche, finalement ?