mardi 1 janvier 2013

Les vrais voeux du Président

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Mes chers compatriotes,

Bonne année à tous.

ça n'engage à rien, et puis, de toute façon, vous savez ce qu'en réalité je vous souhaite.

Pour vous en faire une idée, au cas peu probable où vous ne le sauriez pas encore, relisez l'Apocalypse de Jean. Je n'ai pas le temps, ce soir, d'entrer dans les détails. C'est pas l'envie qui m'en manque mais après cette allocution rituelle,  j'ai encore à faire.

Comme chacun d'entre vous, j'ai toujours goûté un vif plaisir à appeler sur la tête des autres les pires malheurs et à savourer le spectacle de leurs misères et de leurs tribulations (1).  La conjoncture m'épargne même le petit effort de vous souhaiter toutes sortes de calamités. Il suffira, cette année, de laisser venir les choses.

Je vous conseille vivement la lecture du Larousse médical : du cancer térébrant de la face à la syphilis avec séquelles invalidantes, en passant par la mucoviscidose (pour les enfants), il y en a pour tous les goûts et pour toutes les bourses. Vous n'avez qu'à choisir ce qui vous fait le plus peur. Il ne manquera pas de bonnes âmes pour intercéder en votre faveur auprès de Satan. La mienne, par exemple. Je ne vous oublierai pas dans les prières que je lui adresse quotidiennement, je vous en donne solennellement ma parole.

Pour commencer agréablement l'année qui vient, je vous souhaite une bonne tuberculose résistante aux antibiotiques.

Quand vous et vos gosses commencerez à vous déglinguer, ne comptez pas trop cette année sur les hôpitaux publics pour vous prendre en charge. Compressions de frais en tous genres. Vous courrez en vain  après le médecin ou l'infirmière dans les couloirs déserts. Et puis les remboursements à tout va, ça va cesser. Faudra payer.

D'ailleurs, en 2013, pour tout, faudra payer beaucoup plus cher pour obtenir beaucoup moins. Mon gouvernement et moi-même veillerons à exiger de vous cet effort civique.

Tas de cons.

Ne manquez pas non plus de jeter un  coup d'oeil aux dernières prévisions de l'INSEE, revues à la baisse.

Les cohortes  de chômeurs façon chenilles processionnaires cheminant vers la soupe populaire, c'est pour demain. Si vous craignez de ne pas y trouver de place, rassurez-vous, mes collaborateurs et moi-même ferons tout pour vous en retenir une.

Hi hi

Et le réchauffement climatique transformé en cuisson climatique, c'est pour après-demain. Noël aux tisons, Pâques aux chaudrons.

Ha ha

Que 2013 soit pour vous l'année de tous les dangers.

Que la male peste vous emporte. Mais non sans de vives souffrances ,

Que vous allez commencer à ressentir dès la fin de mon allocution ( pas de mon allocation, bande de crétins, vous me prenez pour le père Noël ?)   -- car :

J'ai instillé dans ce discours un fiel empoisonné fatal à l'auditeur (2).

 Mon vrai nom est  Tatanas.

Président Tatanas.

Toujours à votre service pour vous botter le cul.

Très chers concitoyens. Je vous merde, oui, positivement.

Si vous croyez que je suis le seul à vous souhaiter un proche avenir couleur de chiotte, vous vous faites des contes bleus. On  -- moi, mes proches collaborateurs, votre voisin(e) de palier, votre petit(e) ami(e), votre employeur, votre député, votre médecin -- surtout lui -- ,  vous souhaite gaiement,  in petto,  d'en baver à max, vous, vos enfants, vos petits-enfants,  vos arrière-petits-enfants et tous vos descendants jusqu'à la cinquante-cinquième génération. Pour le moins. Ne vous faites donc pas d'illusions sur la sincérité de mes voeux officiels. "Santé prospérité" doit se lire "crevez dans la misère, et vite."

D'ailleurs, qu'on vous le souhaite ou non, vous y couperez pas, vous allez vous en  prendre plein la gueule, et de toutes les façons.

Dans le mur, boum.

S'il y en a dans la bande qui s'en remettent à la grâce de Dieu, ils se préparent de cuisantes déconvenues.

Chiennerie. On n'a pas idée d'être aussi cons. Par moments, je me demande ce qui me retient de me saisir d'un fouet.

Inutile d'ailleurs, car, à défaut de Papa Noël, vous allez en tâter, mes lapins, du père fouettard, et chaque jour de l'année.

Que pensez-vous du président Assad ? C'est mon modèle. Mettre au pas les chieurs dans votre genre, c'est la noble tâche de l'homme d'Etat.

Quant à moi, je me souhaite de rester en vie et aux commandes le plus longtemps possible pour le plaisir de  vous niquer, en 2013 et les années suivantes, ad libitum.

On n'a pas si souvent l'occasion de rigoler.

Réjouissez-vous donc, mes braves concitoyens, et bonne bourre tout de même.

Tas de cocus.

A l'intention des SDF que ça intéresse, je rappelle que les foies gras, les saumons fumés et les bûches de Noël seront en  solde tout le mois de janvier dans les grandes surfaces. Les dates fraîcheur seront périmées depuis longtemps, bonjour la gastro, mais qui voudrait s'en priver ? C'est tout de même mieux que de jeter toutes ces victuailles aux chiens, non ?

Connards.

Les restos du coeur, c'est encore trop bon pour vous, foutus crevards.

Fumiers.

Tout ce que je souhaite, c'est qu'en 2013 les pauvres deviennent trois fois plus pauvres, et les riches quinze fois plus riches. Que Tapie devienne cent fois plus riche. Que Tartempion chômeur en fins de droits crève comme un rat.

Mes collaborateurs et moi, on va s'y employer, je vous le dis.

Qu'on ait enfin une vraie justice distributive , merde à la fin.

Culés de socialos. Culés de communisses. Culés d'écolos. Les ONG aux chiottes. Au poteau tous les compatissants. Je compisse la charité. Solidarité mon cul.

Allons enfants de mes parties.

Des fois, je sais pas ce qui me retient...

Ah, foutre, rien qu'une fois, mon poing dans la gueule d'un(e) de mes compatriotes au jour de l'an ! Voilà qui me changerait des sempiternelles poignées de mains.

Bonheur !... Bains de foule ! ....

Bonne année, citoyenne ! Tiens, prends ça ! Et pan, dans l'oeil !

Une bonne séance de baston, tous contre tous. Tous contre un, un contre un, un contre tous Voilà ce que je  souhaite à notre chère partie pour 2013 .

Le 13 , c'est fatidique. La fin du monde, c'est pour cette année. Enfin, pour VOUS, ce sera cette année ; pour NOUS, ce sera différent. Pour tout dire, pour nous ce sera différé. Sine die.

On n'a pas gardé les cochons ensemble, pas vrai ?

Culés de Mayas.  Même pas foutus de prédire juste. C'était pourtant pas sorcier.

Au four tous ces incapables.


Une bonne paire de claques
Dans la gueule
Un bon coup d'Tatane
Dans les fesses
Un marron dans les mandibules
C'est ça qui vous r'fait un'jeunesseu !


Pour 2013, je vois plus grand que le petit cirque franco-français.

Pour 2013, je souhaite l'anéantissement du genre humain.

Sauf moi. Je veux être là pour voir ça.

Pendant sept jours, sur mon home-cinéma, en wifi et en hifi, dans mon bunker clitorisé, je suivrai le spectacle en bouffant des chocolats (3). Sodome et les sept plaies d'Egypte, jeux d'enfants à côté.

Ensuite j'irai faire dodo , bien au chaud sous la couette.

Tranquillou.


La guerre soit avec vous.


Note 1 . - C'est le privilège du sage. Si vous n'en êtes pas convaincus, tas de pignoufs ignares, relisez Lucrèce :

               Suave, mari magno turbantibus aequora ventis,
               e terra magnum alterius spectare laborem


Note 2 . - On reconnaîtra sans peine le tempo lancinant de la formule classique de malédiction : ta ta ta ta ti ti  ti ti  /   ta ta ta ti ta ta   /   ti ti ti ta ta ta


Note 2 . - Leonidas


( Posté par : Fr. de Hollande )


Les Jambruns communiquent  . - Animateur surnuméraire de supermarché en instance de licenciement à l'approche des inventaires, notre ami Fr. de Hollande pratique un humour congelé / dégelé où l'on perçoit une certaine amertume. Nous lui en laissons  l'exclusivité. Bonne année à tous.


Tapisserie de l'Apocalypse, au château d'Angers


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