samedi 19 janvier 2013

Pour Bachar el-Assad

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Voilà donc le danger islamiste en passe d'être écarté du Mali, provisoirement tout au moins. Mais nous savons que la France n'en viendra pas à bout seule, que la partie est loin d'être gagnée, que le jeu est compliqué et le péril global.

La chute de régimes autoritaires en Tunisie, Libye, Egypte, a eu pour résultat d'ouvrir aux islamistes autant de champs d'action qui jusque là leur étaient fermés grâce à la répression exercée contre eux par les pouvoirs en place. Nous mesurons aujourd'hui à quel point l'existence  en Algérie d'un régime solidement installé , appuyé sur une armée forte, constitue pour nous un atout majeur. Dès la chute de Ben Ali, de Kadhafi et de Moubarak, la transition a profité aux extrémistes salafistes . Nos rêveries démocratiques à l'occidentale se heurtent aux réalités politiques, sociales, économiques de ces pays, au détriment de nos intérêts. Les gouvernements russe et chinois font de la situation en Syrie une analyse autrement moins stupide que certains gouvernements occidentaux, dont le nôtre. Quand nous guérirons-nous de la naïvetés de vouloir exporter notre conception de la démocratie dans des sociétés qui ne sont aucunement prêtes à les assimiler ? Quand nous déciderons-nous à faire preuve d'un peu plus de modestie et de réalisme ? Contentons-nous donc d'identifier nos vrais ennemis et de les cibler . Et traitons en amis les régimes qui sont objectivement nos alliés. L'intervention française en Libye restera comme l'exemple d'une scandaleuse imbécillité politique, engendrée par une ignorance non moins scandaleuse des réalités sur le terrain.

En Syrie, le régime de Bachar el-Assad ne correspond sans doute pas à l'idée que nos idéologues en chambre se font généralement la démocratie . Mais nous ne pouvons ignorer aujourd'hui que, les mêmes causes entraînant les mêmes effets, sa chute serait une catastrophe . Elle ouvrirait en effet un nouveau champ d'action aux entreprises des islamistes, déjà fortement représentés dans la résistance armée au régime.

Les Alaouites de Syrie, proches des Chiites, sont soutenus par l'Iran. L'axe chiite Bagdad/Damas/Téhéran nous est précieux. Il constitue en effet un contrepoids aux ambitions régionales des puissances sunnites. Cette division de l'Islam religieux se reflète dans la distribution des forces politiques. Elle est éminemment saine et nous est profitable.

Dans ces conditions, l'avenir de la démocratie en Syrie est un enjeu secondaire. La priorité étant devenue pour nous la lutte contre l'islamisme radical, nous avons tout intérêt à ce que le régime de Bachar el-Assad traverse victorieusement cette crise . Au Moyen-Orient, toutes les divisions, de quelque nature qu'elles soient, peuvent se révéler utiles et valent d'être instrumentées dans le sens de nos intérêts. Tant que la menace de l'Islam radical ne sera pas écartée, l'heure devrait être à la realpolitik et à elle seule.


Additum (22/03/2013) -

Lire dans Le Monde diplomatique (19/03/2013) l'article de Philippe Leymarie : En Syrie, armes à double tranchant.

La France et la Grande Bretagne viennent d'avertir leurs partenaires européens que, si elles n'obtiennent pas une majorité en faveur de la levée de l'embargo sur les armes à destination de la Syrie, elles  livreront des armes aux insurgés syriens. Cette décision irresponsable rappelle tout-à-fait celle de Georges W. Bush décidant de se passer de l'approbation de l'ONU pour intervenir en Irak.


( Posté par : John Brown )

Vive l'armée syrienne, rempart contre les extrémistes et garant de l'intégrité de la Syrie



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