vendredi 22 février 2013

Sur moins d'un octave

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Plus précisément, sur moins d'un octave à la main droite, et bien moins qu'un octave à la main gauche, s'égrène paisiblement la mélodie tendre, sereine, lumineuse. Mais que de richesses dans si peu d'espace, que d'insaisissable émotion, que d'allégresse. Variations, variations, dont on ne se lasserait jamais si le compositeur n'avait souverainement décidé (mais pourquoi ?)  que, voilà, maintenant, on va passer à un autre thème.

Il a composé cette musique pour le pianoforte, mais sur un Steinway ou un Bösendorfer, surtout joué par Brendel, on se dit que le piano moderne rend merveilleusement justice à cette musique à la fois si simple, si subtile, et si chantante, une musique qui vous réorganise l'âme autrement, vous change et le monde avec vous, en vous enchainant à sa loi vous libère de celle du temps, vous met si magiquement à l'unisson de son pas. Même là-haut, dans les déchirures des nuages, tandis que le pianiste fredonne doucement, le ciel, bleu-tendre, écoute.

Et, tandis que je tape ce texte, ma frappe se fait légère et (presque) sans fausse note.


Wolfgang Amadeus Mozart , Rondo en la mineur,  K 511Sonate en la majeur , K 331 / Sonate en si bémol majeur, K 570 / Sonate en ut majeur,  K 330 ,  Alfred Brendel, piano ( BBC live recording )







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