samedi 16 mars 2013

" Un roi sans divertissement " , de Jean Giono (7) : Fragments d'un dictionnaire amoureux

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Fragments d'un dictionnaire amoureux


Amour  ( et sexualité ) -

Aux abonnés absents. Comme dans presque toute l'oeuvre de Giono, d'ailleurs. Les rapports de Langlois avec les femmes qui l'approchent, Saucisse, Madame Tim, Delphine, sont lavés de toute attirance amoureuse, de tout désir sensuel. L'entrée de Delphine dans l'univers quotidien de Langlois semble répondre à la nécessité d'installer un meuble utile, rien d'autre . Tout au plus peut-on parler d'amitié amoureuse de la part de Saucisse, mais la chose n'a rien de sûr. Quant aux relations de M.V. avec son épouse (si la "brodeuse" est bien sa veuve), elles restent du domaine des conjectures.

Tout se passe dans l'oeuvre de Giono comme si ce qu'il est convenu d'appeler "l'amour", et ce qui va d'ordinaire avec, ne faisait pas partie de l'essentiel ni du meilleur de la vie. Un passage de Vie de Mlle Amandine , une des nouvelles de L'Eau vive, peut éclairer ce point :

" Nous avons tous plus ou moins un compte à régler avec l'amour, dit-elle.
-- Oui, dis-je, il faut le faire le plus vite possible, et puis vivre. "
Elle fit deux ou trois fois le mouvement des mots avec ses lèvres muettes, puis :
" Ce que vous dites prouve bien que l'amour empêche.
-- Quoi ?
-- De vivre. "

On ne saurait être plus clair.

J'ai failli céder à la tentation (toujours au moins partiellement trompeuse) de confondre l'oeuvre avec son auteur et de faire de ses personnages des porte-parole de sa pensée. Ce relatif puritanisme de l'oeuvre ne se retrouverait peut-être pas du tout dans la vie  de l'écrivain. Il se murmure qu'au contraire, l'homme Giono aurait été un très chaud lapin. Dame, demoiselle, bourgeoise paysanne ..., la liste de ses aventures serait longue comme d'ici jusqu'à Pâques. Les très convenables éditeurs de l'oeuvre dans la Pléiade (Citron, Ricatte et consorts) n'en soufflent mot. La famille et le centre Giono de Manosque auraient tout fait pour masquer ce pan de la vie du grand homme, s'opposant à certaines publications, censurant, voire détruisant certaines correspondances, comme celle d'Orane Demazis.  A vérifier... Ils ne purent empêcher, cependant, Annick Stevenson d'éditer (chez Actes Sud) Blanche Meyer et Jean Giono, un des rares (et d'autant plus précieux) témoignages sur les amours du maître de Manosque.



Arbre -



Le hêtre de la scierie est un personnage à part entière de ce roman de Giono, dont l'oeuvre a toujours accordé une place de choix aux arbres, au point qu'on pourrait aisément composer une anthologie de se plus beaux textes sur les arbres.


Présenté dès la première page comme un arbre exceptionnel, d'une beauté sans égale, il est personnifié et assimilé à un être conscient et surnaturel, un véritable dieu : "c'est l'Apollon-citharède des hêtres" ... "Il est hors de doute qu'il se connaît et qu'il se juge ". Cette personnification se retrouve plus loin quand le narrateur le décrit en 1844, année où il est particulièrement beau ; l'arbre a "mille bras entrelacés de serpents verts", "cent mille main de feuillages d'or" ;  " il dansent comme savent danser les êtres surnaturels " ; il n'est pas impossible que ces descriptions se souviennent des attributs et des représentations du Shiva Nataraja de l'Inde védique.

Cette année 1844 , il est habité d'une vie exubérante : oiseaux de toutes sortes, papillons et insectes, dansent , dans sa ramure et autour de lui, une folle sarabande. La source secrète de toute cette vie, ce sont bien sûr les cadavres que M.V. a déposés au creux d'une énorme branche (creux qui évoque un nid ), et qui finissent d'y pourrir tranquillement, nourrissant oiseaux et insectes. L'alliance de la vie et de la mort, source de beauté, est ainsi révélée par cet arbre exceptionnel, au début d'un roman à vocation décidément initiatique.

La personnification n'est pas réservée au hêtre. elle s'étend, dans la même page, aux forêts qui, "assises sur les gradins des montagnes, finissaient par le regarder en silence". Mais surtout, dans la page magnifique où Giono décrit la forêt à l'automne, le commencement de cette saison est décrit comme une extraordinaire fête que se donnent les arbres, revêtant de luxuriantes parures qui sont des uniformes, des costumes de courtisans, de riches vêtements ecclésiastiques ; c'est d'ailleurs l'image d'une cérémonie religieuse qui finalement l'emporte, cérémonie sanglante d'une beauté inquiétante, proposant une véritable initiation à valeur religieuse : "tels sont les sujets de méditation proposées par les fresques du monastère des montagnes ". On retrouve ici, dans une tonalité sans doute moins  rassurante, la vision panthéiste qu'exprimaient les romans et les essais publiés par Giono avant 1940.

Baudelaire -

Je ne sais pas quand Giono a lu Baudelaire et quel était son degré de familiarité avec son oeuvre. Plus d'une fois, en tout cas, en lisant Un roi sans divertissement, on songe à Baudelaire, qu'il s'agisse de la tyrannie de l'Ennui, de la fascination de la Beauté ou de l'éloge de l'imagination, "reine des facultés" selon Baudelaire.

Un autre aspect très baudelairien de l'inspiration de Giono dans ce roman, comme dans toute son oeuvre, c'est que le monde nous y présente une tapisserie d'apparences dont il s'agit de déchiffrer le langage symbolique, dont le sens nous est indirectement accessible par l'outil poétique de la métaphore. Une grande partie de l'oeuvre de Giono m'apparaît comme une longue paraphrase très personnelle du sonnet des Correspondances.

Beauté -

Voir ci-dessous à Divertissement

Toute l'oeuvre de Giono nous dit que le besoin de beauté est l'aspiration la plus immédiate, la plus puissante et la plus noble de l'âme humaine, et que la quête de la beauté est notre tâche prioritaire. Les premières lignes de Un roi sans divertissement chantent l'attraction foudroyante, l'effet de saisissement qu'exerce sur notre âme la fascination de la beauté :

" C'est juste au virage, dans l'épingle à cheveux, au bord de la route. Il y a là un hêtre ; je suis bien persuadé qu'il n'en existe pas de plus beau : c'est l'Apollon-citharède des hêtres. Il n'est pas possible qu'il y ait, dans un autre hêtre, où qu'il soit, une peau plus lisse, de couleur plus belle, une carrure plus exacte, des proportions plus justes, plus de noblesse, de grâce et d'éternelle jeunesse : Apollon exactement, c'est ce qu'on se dit dès qu'on le voit et c'est ce qu'on se redit inlassablement quand on le regarde. "

Ce saisissement devant la beauté, comparable au coup de foudre amoureux, peut s'emparer de tout homme : le braconnier Bergues ou Frédéric II connaissent la magie de tels instants. Dans l'épisode de la chasse au loup, dans celui de la fête à Saint-Baudille, tous les participants sont admis à la contemplation et à la jouissance de la beauté.

Il se peut que la passion meurtrière de M.V. ne soit que la perversion de la passion de la beauté. C'est en tout cas ce que suggère l'hypothèse formulée par Langlois devant le curé sur les mobiles du tueur inconnu. Dans Un roi sans divertissement, comme plus tard dans Le Hussard sur le toit, la beauté peut avoir partie liée avec la mort : le hêtre de la scierie n'a jamais été aussi beau que lorsqu'il portait dans sa fourche son offrande de cadavres. Et Bergues, avant Langlois, est fasciné par la beauté du sang sur la neige : " le sang, le sang sur la neige, très propre, rouge et blanc, c'était très beau ". On verra plus loin que la beauté a partie liée avec la cruauté, qu'elle fait plus facilement accepter.

Priorité à la beauté : c'est elle qui conduit le premier narrateur à préférer à la documentation de Sazerat, sa propre version, guidée par l'imagination, reine des facultés : "Ce qui est arrivé est plus beau,  je crois".

N.B. - Sur le besoin de beauté, postulation majeure de l'âme humaine, on relira l'un des plus beaux textes de Giono, l'épisode de la foire aux paons de Lachau, dans Deux cavaliers de l'orage.

Cérémonie et rituel -

Motifs récurrents, les cérémonies et les rituels qui les accompagnent sont une voie majeure d'accès à la signification du roman.

Aucune communauté humaine ne peut se passe de cérémonie. Les vieillards narrateurs en témoignent : "  nous-mêmes nous aimons beaucoup les cérémonies. Et nous avons tout un cérémonial qu'il ne faut pas s'aviser d'ignorer ou de négliger dans les occasions où notre vie le réclame. " . Et ils comprennent très bien  que, " pour ces travaux mystérieux qu'on fait dans les régions qui avoisinent les tristesses et la mort", il faille " un cérémonial encore plus exigeant " que celui qu'exige un baptême ou un mariage. Langlois en est conscient, qui organise la chasse au loup comme une magnifique cérémonie, selon un rituel très précisément réglé. Le même goût de la cérémonie et le même sens de son importance se retrouve chez Madame Tim, experte organisatrice de fêtes. La cérémonie, qui embellit et ennoblit la vie, fait oublier la banalité du  quotidien ; elle est un sûr rempart contre l'ennui.

De façon plus mystérieuse, cérémonies et  rituels jouent un rôle clé dans le cheminement de Langlois vers la compréhension de la conduite de M.V. (messe de minuit, chasse au loup). Les crimes du tueur semblent réglés sur un rituel : ils ne se produisent que l'hiver ; M.V. dépose invariablement les cadavres dans la fourche du hêtre, comme autant d'offrandes au dieu-arbre.

Cruauté -

Profondément inscrite dans la nature et dans la nature humaine. On la lit dans le paysage des crêtes du Ferrand : "Horizons entièrement fermés de roches acérées, aiguilles de Lus, canines, molaires, incisives, dents de chiens, de lions, de tigres et de poissons carnassiers ". On la retrouve dans le spectacle de la forêt à l'automne : " Chaque soir, désormais, les murailles du ciel sont peintes avec ces enduits qui facilitent l'acceptation de la cruauté et délivrent les sacrificateurs de tout remords ", tandis que se déploie "la procession des érables ensanglantés comme des bouchers ". Elle s'incarne dans la figure du loup qui, autant que pour se nourrir, tue pour le plaisir de tuer et de voir couler le sang. On peut penser que c'est très consciemment  que M.V. imite le comportement du loup, dans sa façon d'attaquer et d'emporter ses victimes, franchissant la frontière qui sépare l'homme civilisé du fauve, affirmant et revendiquant la présence du fauve dans l'homme apparemment civilisé. Cruauté à laquelle s'abandonnent, avec une délectation plus ou moins consciente, les hommes dans leur vie quotidienne, individuellement, à l'instar d'Anselmie décapitant son oie, ou en meute, dans la battue au loup. Le texte suggère aussi que la veuve de M.V., victime innocente des crimes de son mari, en est réduite à se cacher, comme une bête traquée.



Divertissement -

Thème majeur du roman, inscrit dans son titre et dans sa dernière phrase.

" Un roi sans divertissement est un homme plein  de misères " (fragment 142 de l'édition Brunschvicg des Pensées) : c'est sur le rappel de cette assertion célèbre de Pascal que s'achève le livre. Dans les Pensées, on le sait, le  mot "divertissement " est à prendre dans son sens étymologique : "divertir" ( au sens du verbe latin "divertere") , c'est ""détourner de", "distraire de". Le mal dont nous détourne et nous distrait le divertissement, c'est l'ennui (au sens fort du mot latin inodium), fatalité de notre condition selon Pascal. Il écrit : " Rien n'est si insupportable à l'homme que d'être dans un plein repos, sans passions, sans affaire, sans divertissement, sans application. Il sent alors son néant, son abandon, son insuffisance,  sa dépendance, son impuissance, son vide. Incontinent il sortira de son âme l'ennui , la noirceur, la tristesse, le chagrin, le dépit, le désespoir ." (édition Brunschvicg, fragment 131). Dans l'ennui , nous sommes confrontés à la misère de notre existence terrestre. Fuir l'ennui dans le divertissement, c'est refuser d'affronter la vérité de notre condition  -- prise de conscience pourtant nécessaire, selon Pascal, si nous voulons travailler dès cette vie à gagner notre salut.

Baudelaire reprendra à sa manière l'analyse pascalienne du divertissement, en faisant de l'Ennui, dans le premier poème des Fleurs du Mal (Au lecteur) le plus grand des vices, source de tous les autres : " Il rêve d'échafauds en fumant son houka " , écrit-il. Giono , dans Un roi sans divertissement, prend le relais de la méditation pascalienne et baudelairienne. Lui aussi considère l'ennui comme "la plus grande malédiction de l'univers " ( Rencontres avec Marguerite Taos et Jean Amrouche, 1953).

C'est  Langlois qui, comme on pouvait s'y attendre, emploie le mot "divertissement" , à propos de M.V. Après la messe de minuit, il suggère au curé que le spectacle du cérémonial a pu offrir à l'assassin un divertissement (le mot est en italiques dans le texte) suffisamment fort pour le détourner de la tentation d'un autre divertissement, celui du meurtre, du moins pour cette nuit-là. Presque d'emblée, Langlois a donc pressenti la nature du besoin qui pousse l'inconnu à tuer.

Nul d'entre nous n'échappe au besoin et à la tentation du divertissement, y compris le divertissement de la cruauté, y compris celui du meurtre. Tandis que, pour le curé, le tueur inconnu ne peut être qu'un monstre, Langlois, plus perspicace, répond : "Ce n'est peut-être pas un monstre", ce qui revient à dire qu'on peut lui  appliquer la définition que Saucisse proposera de Langlois lui-même : " c'était un homme comme les autres ! "


Tous les moyens sont bons pour tenir l'ennui à distance, mais il est une hiérarchie des divertissements.  Les tâches quotidiennes, rythmées par le retour des saisons, fournissent aux villageois un divertissement généralement suffisant : " nous avons, nous aussi, pas mal de choses à faire ", disent les vieillards-narrateurs ; cela leur vaut les sarcasmes de Saucisse qui leur reproche de ne se rendre compte de rien : "Vous autres, vous avez rentré le foin, mais maintenant c'est les pommes de terre". M.V. leur aura procuré tout de même un divertissement au goût beaucoup plus âpre et sauvage, celui de la terreur, "une terreur de troupeau de moutons ". Langlois lui-même, tant que l'absorbe sa traque du tueur, n'a guère le temps de s'ennuyer. Ce n'est qu'après la mort de M.V. et une fois libéré des obligations du service que la menace de l'ennui se fait pressante pour lui. 

A un degré plus élevé se place le divertissement de la fête. Presque tous les personnages du roman (exceptons la "brodeuse" et peut-être Delphine -- en somme, les épouses) savourent, à un moment ou à un autre, les charmes délicieux de la fête. Le temps de la fête, d'autant plus intensément vécu qu'il est rare et bref, le cérémonial qui l'accompagne toujours, cela rompt la  grisaille du morne défilé des jours. Les scènes de fête comptent parmi les scènes fortes et décisives du roman ; elles ont toujours une valeur initiatique : messe de minuit , poursuite de M.V. par Frédéric II, chasse au loup (on se souvient que, pour Pascal, la chasse est le divertissement favori des Grands) , fête à Saint-Baudille. La soirée au restaurant de Grenoble peut aussi être considérée comme une fête offerte à Saucisse par Langlois.

On s'étonnera peut-être que, parmi les diverses formes du divertissement, celui de l'amour ne joue à peu près aucun rôle. Certes, il y a l'amitié amoureuse de Saucisse pour Langlois. Mais pour celui-ci, pas plus, apparemment, que pour M.V., ni les émois amoureux ni les plaisirs des sens ne comptent comme divertissements qui vaillent. Il faut dire qu'ils ne tiennent guère de place dans toute l'oeuvre de Giono. Quant à la routine conjugale auprès d'une "brodeuse", on peut rêver mieux en fait de divertissement : d'où, sans doute, l'échec patent et rapide de l'expérience Delphine.

Divertissement d'une toute autre efficacité : celui que procurent le spectacle et la jouissance de la beauté. Beauté de la nature d'abord, dont la splendeur se donne à tous. Le hêtre de la scierie (M.V. n'a pas résisté, semble-t-il, à la tentation de venir le contempler dans sa gloire estivale -- à moins qu'il ne soit venu vérifier l'état des macchabées), le commencement de l'automne dans la forêt (véritable cérémonial de fête dont la nature est l'ordonnatrice), la falaise du fond de Chalamont, la vue du "vaste monde" qui se déploie pour M.V. et pour Frédéric II du sommet de l'Archat, les délectables échappées sur les lointains, depuis les terrasses de Saint-Baudille, sont d'incomparables divertissements pour l'âme humaine, toujours éprise de beauté. Beauté aussi des créations humaines, de la voûte ("on n'inventera jamais rien de plus génial que la voûte"), de cet antique cadran d'horloge qui ravit l'âme de Frédéric II, beauté des habits de fête dans l'épisode si théâtral et si musical de la chasse au loup.

Dernière forme de divertissement -- la plus étrange, la plus puissante et la plus dangereuse -- cet état singulier de "distraction", en forme de fascination hypnotique, qui s'empare de quelques personnages. Bergues, le braconnier, semble s'y être abandonné alors qu'il poursuivait le tueur inconnu : " [...] il se mit à dire des choses bizarres ; et par exemple que "le sang sur la neige, très propre, rouge et blanc, c'était très beau ". Et le narrateur de commenter : "Je pense à Perceval hypnotisé, endormi". Cet endormissement, comme sous hypnose, se retrouve plusieurs fois dans le roman : c' est celui du loup contemplant sur la scène de sang du chien ( "il a l'air aussi endormi que nous" , commente le narrateur ) ; c'est celui de Langlois s'abîmant dans la contemplation du portrait de M.V., puis émergeant de son fauteuil  "les yeux gonflés de quelqu'un qui vient de se réveiller " ; et bien sûr celui du même Langlois dans la scène chez Anselmie : " Il était toujours au même endroit. Planté. Il regardait à ses pieds le sang de l'oie. " .  Il faut aussi rapprocher de ces scènes celle où M.V. reste sous le hêtre, sans souci de l'orage, dans un état d'abandon heureux, "dans une sorte de contentement manifeste ". Moments d'intense contemplation, moments d'extase où semblent se dévoiler pour le contemplateur -- homme ou loup , homme-loup -- la vérité du monde, de la vie, et de son propre destin.

Cette méditation sur le divertissement du meurtre que nous propose Giono dans Un roi sans divertissement signe le retour du romancier après les années de guerre et d'occupation. Il n'est pas sans signification que le premier roman qu'il propose alors à ses lecteurs soit une histoire de tueur en série. La guerre mondiale, avec ses centaines de millions de morts, a dû convaincre Giono des illusions de son pacifisme. Les hommes ne se guériront jamais de la guerre car la cruauté, le goût du sang versé, la jouissance du  meurtre sont inscrites au plus profond de la nature humaine. Le suicide de Langlois peut être interprété aussi comme une façon de se délivrer d'une fatalité dont il a découvert que lui aussi, tout autant que M.V. , y était soumis.


( A suivre )


Note -

Cette étude de Un roi sans divertissement  est le remaniement d'un article rédigé par moi en février-mars 2006 pour l'encyclopédie en ligne Wikipedia ( voir l'historique de l'article, consultable en ligne sur le site de Wikipedia).



Photo : Jambrun

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