dimanche 14 avril 2013

L'imbécile manie du mariage

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Qu'on ne s'y trompe pas : Je soutiens avec enthousiasme le projet de mariage pour tous actuellement débattu au Parlement. Je m'en suis expliquée dans un précédent billet. J'adresse par avance tous mes voeux de bonheur aux futurs couples homosexuels mariés et à leurs enfants. Mais, je l'avoue, c'est sans trop y croire.

Car enfin , je ne puis m'empêcher de me dire que l'actuelle et moribonde législation présentait au moins un avantage indéniable :  elle protégeait les homosexuels de la tentation toujours dangereuse de se marier et d'avoir des enfants.

Il faut être con comme ... ( je ne préciserai pas davantage pour ne faire de peine à personne ) pour croire que le mariage et la famille sont une condition du bonheur sur la terre, alors que, dans l'immense majorité des cas, les couples mariés, victimes plus ou moins consentantes des innombrables et pesantes contraintes inhérentes à l'institution, voient le bonheur terrestre leur passer sous le nez. Tant pis pour eux.

Car enfin, en admettant même qu'il existe des mariages heureux, enfin, à peu près heureux, approximativement heureux, vaguement heureux, heureux sous bénéfice d'inventaire, de quel prix exorbitant, de combien de privations et de sacrifices il faut payer cet ersatz de "bonheur" (pour employer ce mot galvaudé dont personne ne sait d'ailleurs au juste ce qu'il désigne). Tout ce qu'on peut faire d'intéressant, de passionnant dans la vie, les expériences les plus exaltantes et les plus enrichissantes de l'existence, voire les plus originales et les plus neuves, tout cela est, soit définitivement rendu inaccessible, soit octroyé au compte-gouttes à ceux qui ont fait ce "choix de vie" (si on peut parler de choix, s'agissant le plus souvent de l'imitation moutonnière des comportements ancestraux, et si on peut parler de "vie", s'agissant d'une décision aux effets profondément mortifères) qui consiste à "fonder une famille" et à faire des gosses. Combien j'en connais de ces gens mariés qui  sont  quotidiennement torturés par l'envie d'étrangler  leur conjoint, de jeter le petit dernier du haut d'un pont. Tout ce tintouin pour en arriver là ... Avouons que le jeu n'en valait pas la chandelle et que l'entreprise ne couvre pas ses frais.

On ne peut que rester ébahi devant l'imbécile empressement de tant de gens à se passer au cou le licol du conjugo. Pourtant, les exemples ne manquent pas autour d'eux de ces unions désastreuses (en particulier pour les enfants) qui se soldent une fois sur deux par une misérable procédure de divorce. Ils ont eu au jour le jour le spectacle du martyre enduré par leurs propres parents. Eh bien non : ça ne leur sert pas de leçon. Ils ont pourtant vu des films, lu des romans qui auraient dû leur ouvrir les yeux : le Père Goriot, de Balzac, Une vie, de Maupassant, La Vagabonde, de Colette... Qui ne sait qu'un des plus implacables réquisitoires contre le mariage et la vie de famille a été écrit par un catho de choc, François Mauriac, dans Thérèse Desqueyroux, le Noeud de vipères.

Familles, je vous hais : la célèbre devise d'André Gide reste absolument la nôtre ! Laissons donc à d'autres la corvée d'élever des marmots, cette engeance puante, gueularde, malfaisante. Et jouissons sans entraves de notre liberté !

Amis homosexuels, votre droit au mariage est le plus imprescriptible des droits. Mais avant de vous lancer dans l'aventure, interrogez un peu, pour voir, quelques uns de ces innombrables couples mariés hétérosexuels qui, pour s'être volontairement condamnés à la peine du mariage, en ont pris plein la gueule. Vous serez édifiés.


Sur cette épineuse question du mariage, au moins tant que, dans les têtes bien plus encore que dans la loi, il n'aura pas suffisamment évolué dans le sens que je souhaite (voir mon précédent billet), on ferait bien de faire apprendre par coeur aux enfants  (dans le cadre des nouvelles dispositions sur l'enseignement de la morale à l'école)  le fameux dialogue imaginé par Chamfort (je cite de mémoire) :

-- Vous marierez-vous ?

-- Non.

-- Pourquoi ?

-- Parce que je serais chagrin.

-- Pourquoi ?

-- Parce que je serais jaloux.

-- Pourquoi ?

-- Parce que je serais cocu.

-- Pourquoi ?

-- Parce que je l'aurais mérité.

-- Pourquoi ?

-- Parce que je me serais marié.


On a bien raison de dire qu'étudier les classiques dans sa jeunesse fait gagner du temps et permet d'éviter certaines erreurs. Enfin..., à condition d'avoir assez de caractère et une disposition salutaire au cynisme, malheureusement trop rare chez les jeunes gens.


Lire sur ce blog : Vive le mariage pour tous, le vrai mariage moderne




Pour vivre heureux, vivons à poil

5 commentaires:

JC a dit…
Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.
Les Jambruns a dit…

Mon cher JC , sur l'avis de mon autorité de tutelle, je me vois contrainte de supprimer votre commentaire qui , m'a-t-on représenté en haut lieu, fleure un peu trop l'homophobie,en dépit de vos protestations d'innocence. Amitiés.

JC a dit…

Police de la pensée, bonjour !!!

JC a dit…

Ce sont ces véritables lâchetés qui permettent de ne pas se tromper, pour celui qui subit cette lâcheté, entre "amitié proclamée" et "amitié réelle".

Bonne continuation dans l'horizontale...

Les Jambruns a dit…

Cher JC, vous paraissez quelque peu amer