lundi 22 avril 2013

Les amis de dieu sont nos ennemis

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Dieu n'existe que dans les têtes. C'est pourquoi, pour en finir avec lui, il n'est que deux moyens : ou faire tomber les têtes, ou les changer.

Faire tomber les têtes est la solution apparemment la plus simple. En apparence seulement. Que, dans une société, tombent toutes les têtes infectées par le poison religieux, et l'on en a évidemment fini  avec dieu. Mais si répandue et invétérée est l'infection qu'il n'est guère envisageable d'entreprendre de les faire tomber toutes, sans effets désastreux pour la société ainsi traitée, débarrassée de dieu sans doute, mais exposée à une régression barbare difficilement acceptable. Même des régimes totalitaires adeptes de la  manière forte et résolus à mener contre la religion un combat impitoyable ne s'y sont risqués que de manière, somme toute, timide, et sans beaucoup d'efficacité.

Changer les têtes est une opération aléatoire elle aussi, plus compliquée, plus lente, mais aussi plus sûre à long terme. C'est un travail de longue haleine, qui nécessite de la part des ennemis du religieux patience, opiniâtreté, habileté, intelligence, concertation. C'est d'abord un combat d'idées. C'est tout autant un combat politique. On ne pourra parler de victoire que dans plusieurs générations. C'est peine perdue que de vouloir changer les têtes déjà infectées. Autant vaudrait les couper tout de suite , et l'on retomberait dans le cas de figure précédent. Il faut donc faire confiance à l'élimination naturelle des bêtes malades et faire en sorte que les têtes qui vont suivre  ne soient pas contaminées par le virus religieux, en évitant autant que possible sa transmission des vieilles générations aux générations nouvelles.

Se lancer dans l'entreprise de destruction du religieux, à l'échelle d'une société, puis à celle de l'humanité, relève d'un pari. Ce pari ( véritable acte de foi dans son genre ) est que le phénomène religieux appartient, même si ce n'est pas toujours évident, au passé , qu'il constitue un stade de l'évolution de l'humanité désormais obsolète, et que donc il est un frein au progrès humain. Une telle conviction est indispensable au combat anti-religieux, à son énergie, à sa violence purificatrice, à sa cohérence, à sa stratégie.

Se convaincre que le phénomène religieux représente un stade archaïque de l'évolution humaine n'est pas bien difficile. Il suffit de dresser l'inventaire des énormités puériles accumulées par les mythologies des religions monothéistes  ( Judaïsme, Christianisme, Islam ) , de l'ineptie burlesque de leurs prescriptions morales et rituelles, de leur chiennerie spirituelle fondamentale . Mais surtout il convient d'analyser avec rigueur les diverses formes de la dangerosité de ces constructions idéologiques anti-humaines. Ce travail effectué, il faut en répandre systématiquement, patiemment, incessamment, les résultats dans toute la société. Il s'agit d'une entreprise éducative à grande échelle, décisive pour l'avenir de l'humanité. Tous les amis du progrès humain, tous les ennemis de l'obscurantisme religieux (ce sont les mêmes) devraient y participer avec enthousiasme. Une disposition législative comme le mariage pour tous est une arme du combat, mais tout aussi bien un propos dépréciatif, un argument rationnel, instillé dans l'oreille d'un enfant qu'on pourra ainsi, à l'occasion, dresser contre ses propres parents.

Les récentes péripéties du débat sur le mariage pour tous ont montré les capacités d'organisation et de nuisance des milieux catholiques, conscients du danger que le projet de loi faisait peser sur leurs positions de pouvoir dans la société : or la législation sur le mariage et la famille est certainement un enjeu essentiel à cet égard, et ils ne s'y sont pas trompés.

Pourtant comment accorder la moindre crédibilité à des gugusses qui croient à la sainte trinité, avalent sans piper la fable de la virginité de Marie et attendent la résurrection en se tortillant d'angoisse à la perspective du jugement dernier ? Et ce sont pourtant ces rigolos qui prétendent donner leur opinion sur les questions  sérieuses dont débattent les citoyens sérieux ? On aimerait en rire.

Ce battage d'estrade des catholiques dans les rues de Paris n'aurait sans doute pas été possible si, depuis des années, la riposte des adversaires des empiétements du religieux sur la société civile avait été plus conséquente. Mais l'athéisme est malheureusement trop souvent vécu dans ce pays comme une affaire privée. Les athées et les incroyants sont peu organisés, peu actifs, peu efficaces, alors même qu'ils sont les plus nombreux. Leur mobilisation est restée notoirement insuffisante dans le combat récent. La mollesse de l'équipe au pouvoir, très médiocrement convaincue de la justesse de sa cause, n'a pas arrangé les choses.

Le temps, heureusement, travaille en notre faveur. La mondialisation, les brassages de populations, l'élévation du niveau global des connaissances et du  niveau de vie, l'incroyable bouillonnement culturel du monde moderne, réduisent peu à peu l'intérêt pour le religieux, le marginalisent, le ringardisent, rendent de plus en plus incertaine l'obédience stricte à une croyance religieuse, quelle qu'elle soit. La diversité de l'offre spirituelle elle-même concourt à un affadissement de la croyance, dans une sorte de syncrétisme mou. Le résultat est que les églises et les synagogues se vident, on n'y voit plus guère que des seniors décatis ; l'actuelle vitalité de l'islam est trompeuse : dans quelques générations les mahométans fervents se réduiront à quelques vieux cons échangeant leurs souvenir d'anciens combattants du djihad,  dans des mosquées désertées.

Le mot d'ordre des participants à la manif pour tous est : "on ne lâchera rien ". Eh bien, nous non plus. Dans le combat anti-religieux qui est le nôtre, il ne faut jamais rien lâcher, ne jamais faire de concession et encore moins de cadeau. Une agressivité permanente. Une inventivité permanente. Dans le combat à mort contre l'hydre religieuse, tous les coups sont bons, en particulier les coups bas.

Travailler à bloquer l'expansion du religieux, quelle qu'en soit la forme, travailler à le faire régresser : voilà notre tâche éminemment humaine, à nous, athées conscients et déterminés des temps modernes, ennemis de dieu, amis de l'Homme.

Dieu est notre ennemi et par conséquent les amis de dieu sont nos ennemis, nos ennemis personnels et mortels, et doivent être traités comme tels. L'ennemi n'est pas anonyme, il a toujours un nom, un visage;  il rôde dans notre environnement immédiat. Identifions-le et traitons-le. L'ami de dieu ne saurait être considéré comme notre concitoyen, notre compatriote, notre frère ou notre soeur. Tant qu'il est ami de dieu, il est un alien . Un alien sans même le savoir. L'alien, c'est dieu en lui. L'aider à se purifier de l'alien-dieu, c'est le réintégrer dans la communauté humaine, c'est l'aider à redevenir humain.

L'impayable égérie des cathos en colère avait promis du sang. De son côté l'incroyable Christine Boutin aboie à la guerre civile. On n'en attendait pas moins de ces dévotes volontiers prêcheuses d'humilité et de patience. Nos punaises de sacristie ne récolteront peut-être pas du sang en paiement de leur activisme obscène, mais de la haine, alors ça, à coup sûr ! Ces gens-là ont toujours le mot amour à la bouche. Mais le catholicisme attire la haine comme le clocher attire la foudre.





2 commentaires:

pinto katy a dit…

Votre texte est GÉNIAAAAAAAL !
j'enseigne en taule et je me bats tous les jours contre l'hydre (les églises jouent sur du velours en pourvoyant le système pénitentiaire en activités caritatives et autres groupes de paroles)
Je sors la formule "Ni dieu ni maître" au moins une fois par semaine et je brandis le dictionnaire en proclamant au début du cours : "Voilà votre nouvelle Bible !" Ca ne m'empêche pas d'étudier avec mes groupes le mythologies (Genèse, Tour de Babel et tutti quanti)
k.pinto
ps: un fait significatif : il n'y a pas d'athées en prison...

pinto katy a dit…

Votre texte est GÉNIAAAAAAAL !
j'enseigne en taule et je me bats tous les jours contre l'hydre (les églises jouent sur du velours en pourvoyant le système pénitentiaire en activités caritatives et autres groupes de paroles)
Je sors la formule "Ni dieu ni maître" au moins une fois par semaine et je brandis le dictionnaire en proclamant au début du cours : "Voilà votre nouvelle Bible !" Ca ne m'empêche pas d'étudier avec les groupes les mythologies (Genèse, Tour de Babel et tutti quanti)
k.pinto
ps: un fait significatif : il n'y a pas d'athées en prison...