dimanche 5 mai 2013

Au cul les rabbins !

910 -


De passage dans un village de l'est-varois réputé pour ses vins, j'invite mon ami à déjeuner, dans un restaurant campagnard, Chez Léon,  isolé dans les vignes.

Après avoir garé la voiture sous un hangar ténébreux et désert, nous entrons. Dans la salle à manger, autour d'une vaste table chargée de vaisselle et de reliefs de nourriture, toute une troupe de gamins accompagnés de deux rabbins, barbus ramistouflettes et galurins, sont déjà installés et nous considèrent, modérément curieux.

Pendant qu'on nous installe une petite table à part, nous consultons le menu. Il est à 629 euros par personne, vins non compris. Le plat de résistance consiste en une dégustation de moule. Le rituel consiste à s'agenouiller entre les jambes d'une jeune personne, fort appétissante ma foi. Puis elle se met à quatre pattes et on en remet une louche.

Tandis que les rabbins entament un cantique a capella, mon ami s'exécute le premier. Pendant qu'il savoure, un larbin lui palpe le prose. Il a la tête de Léon Bloy vieux. Mon ami est furieux : cette prestation inattendue ne figurait pas sur le menu. Il lui laisse tout de même cinquante centimes pour sa peine (1). A six cent vingt-neuf euros le repas, je trouve qu' il est bien bon.

Nous préférons continuer le repas dans le jardin. C'est à mon tour de déguster . Je m'agenouille dans une allée, derrière un petit tabernacle bleu pâle carrossé en camionnette Simca cinq. D'une bordée d'injures bien senties, je congédie  le larbin à tête de Paul Edel qui s'apprêtait à  me palper le..., non mais.

Au moment de lécher, je me dis que six cent vingt-neuf euros multipliés par deux, sans compter les vins, la fin du mois s'annonce difficile.

Le patelin où nous avons fait halte s'appelle La Motte.


Note 1 -

" Toute personne qui possède un franc me doit cinquante centimes " ( Léon Bloy )


Post rectum -

Je me demande si cette histoire n'a pas comme un arrière-goût d'anticléricalisme rance, voire d'antisémitisme glaireux. Serais-je pervers jusque dans mes rêves ? Faudra que j'en touche un mot à mon  copain Sigmund.


( Posté par : Arthur Bimbô )


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