lundi 6 mai 2013

Le Midi de Papa (8) : une gloire régionale nous a quittés

911 -


A la Une de l'ineffable Var-Matin d'hier matin : suicide de l'auteur du casse du siècle .

Tu penses qu'on s'en tamponne. Il aurait bien pu  se suicider douze fois que ça n'aurait pas autrement troublé ma digestion.

La raison d'être de ce très gros titre vient en-dessous : le suicidé, le  Cannois Armando, avait braqué la succursale toulonnaise de la Banque de France.

C'était donc ça ! Une gloire régionale, en quelque sorte, vient de nous quitter. Sans compter que cet inoubliable fait-divers eut lieu à Toulon, cité glorieuse que son glorieux Anglais d'adoption vient de propulser à lui tout seul en finale de la coupe d'Europe de rugby. Heureusement qu'il était là.

A l'intérieur du canard, une double page raconte la vie et les exploits du dénommé Armando. Ah ! il s'en passe des choses, au bord de la Grande Bleue. Question malfrats et mafias, on reste dans le peloton de tête !  Question chômage aussi...

Le reste de la première page est occupé par un autre gros  titre qui nous annonce , photo à l'appui, que, dans la région, les femmes sont toujours plus nombreuses à rouler en Harley.

Rien que du lourd pour des lourds, comme on voit.

Pendant ce temps-là, le nouveau propriétaire de Var-Matin (qui c'est déjà ?) encaisse les pépètes en fredonnant  : " Les Varois c'est comme les cochons, plus ça devient vieux..." etc.

Ne soyons pas trop injuste avec Var-Matin, où, en dépit du changement de propriétaire, on peut encore lire (pour combien de temps ?) des articles qui s'élèvent au-dessus de ce niveau digne d'un tabloïd britannique. Ni avec les Varois qui doivent être nombreux à déplorer, comme moi, la médiocrité d'une partie de leur presse régionale. Et puis, après tout, la veille au soir, les actualités télévisées nationales accordaient, elles aussi, la priorité à la mort du glorieux malandrin. On sert au citoyen moyen les plats  qu'il est supposé préféré. Et tant qu'il ne rue pas dans les brancards... On a la presse qu'on mérite.

Il y a tout de même des jours où l'envie me démange de remonter dans mon Trièves natal : Bernard n'a pas encore racheté le Dauphiné libéré. Au fait, avec quels titres avait-il composé sa Une aujourd'hui, celui-là ? Les mêmes causes produisant les mêmes effets, faut pas rêver...

( Posté par : Onésiphore de Prébois )


Rien que du lourd


Aucun commentaire: