samedi 8 juin 2013

L'amour sans fards

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Ce que j'aime chez Céline, c'est qu'il ne nous dore pas la pilule, qu'il dit les choses bien comme elles sont. Le fard, c'est pas sa tasse de thé. Ce doit être son côté médecin. Par exemple, dans D'un château l'autre, à propos de l'amour :

" ... Mais un fait !... un fait !... le genre de débilitées monstres, tout rachitiques cellulosiques, sans âges, sans âmes, que les hommes s'envoient ! ma Doué !... et de quels sexes en feu, ma chère !... je dis ces objets de leurs amours seraient à se faire couper les burnes, tout écoeurés neurasthéniques, les plus pires priapiques gibbons !... je dis !...  "


Un fait que les hommes sont pas très regardants. Les femmes non plus, d'ailleurs. Quand on a la fringale, tout fait ventre.

Ah ! mais c'est qu'ils en veulent , les loulous  :

" les hommes forniquent comme ils respirent mais le "chiropract" ? l'avorteur ? des gants ! minute !... les doux aveux tant que vous voulez, mais la sonde ? il est difficile dans un zoo de faire que les bestioles se reproduisent, mais les pires condamnés à mort, même traqués par l'armée Leclerc, mêmes tous les fifis plein les bois, et toute la R.A.F. sur le crâne, tonnante, jour et nuit, leur enlève pas l'envie de saillir !... oh que non !... "


Se méfier tout de même. Dans les pires débordements, une sévère moraliste peut se réveiller vite fait . Toujours extrait de D'un château l'autre :

" votre demoiselle pâmée d'amour vous voyez souvent tourner colère assassine !  " Satyre, violeur, monstre ! " vous en revenez pas ! l'arrogance de cette fille soumise !... un petit doigt de trop quelque part !... bon!... "


Louis-Ferdinand Céline,  D'un château l'autre  ( La Pléiade / Gallimard )









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