jeudi 22 août 2013

Le Midi de Papa (10) : 65 000 euros tombés à l'eau !

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Le fait-divers aura dignement tenu sa partie dans le feuilleton de l'été . La presse locale vient d'en fournir le bilan financier : les recherches entreprises pour retrouver les naufragés du Verdon auront coûté au contribuable la somme de 65 000 euros.

Il s'agit de savoir qui porte la responsabilité de ce gaspillage .  Les disparus ?  Voire...  Le quatuor s'aventure, à bord d'un canoë de location, dans le Grand Canyon, jusqu'à une zone réputée dangereuse. Chavirage. Personne dans le coinsteau. Nos touristes aventureux ne sont pas obligatoirement munis d'un portable. De toute façon, on ne capte rien.  Je le  sais d'expérience, m'étant moi-même baladé dans les parages, en canoë ou à pied. Que faire ? Une seule solution : remonter jusqu'à la route, en abandonnant le canoë. J'aurais fait la même chose. Là où, effectivement, ils ne sont  pas malins, c'est quand ils ne préviennent personne, ni le loueur de canoë (procédé pour le moins indélicat) ni les secours, surtout à partir du moment où ils se savent recherchés.

Les sauveteurs ne sont pas très malins non plus : ils arrivent sur les lieux, retrouvent le canoë, vide. Aucune trace des occupants. Facile de les repérer sur les rives escarpées, où les possibilités de cheminement sont réduites. S'ils n'y sont pas, de deux choses l'une : ou bien ils ont rejoint la route au-dessus, ou bien ils sont au fond de l'eau. S'ils y sont, il n'y a plus grand'chose à faire pour eux, et ils peuvent bien y rester quelques heures ou quelques jours de plus, sans dommage pour personne. Pour s'assurer qu'ils ont bu le bouillon , il suffit d'attendre que soit diffusé un avis de recherche pour disparition inexpliquée. Si personne ne signale la disparition de personne, c'est qu'il n'y a personne au fond de l'eau. Quatre  noyés d'un coup, ça fait tout de même beaucoup ; apparemment, ce détail n'a mis la puce à l'oreille à personne. Enfin, en mettant les choses au pire, c'est bien le diable si, sur les quatre, au moins un ne refait pas surface. Attendons qu'il se décide. L'important, si l'on adopte cette manière ( cool ? ) de gérer l'incident, c'est de rester discrets. Si ça se sait et qu'on n'a rien fait, bonjour le tollé ! Au fond, ce qui a provoqué l'affolement général et la mobilisation des grands moyens, c'est que les uns et les autres ont craint de se faire taper sur les doigts. Notre ministre de l'Intérieur ne plaisante pas avec son image de marque ! Aucun sacrifice n'est superflu quand il s'agit d'assurer la sécurité de nos concitoyens. On s'en apercevra, d'ailleurs, au moment de la réception des avis d'imposition, à la fin de la période des réjouissances.

La hâte abusive des sauveteurs, leur manque de discrétion, et par conséquent le déploiement de moyens disproportionnés auront donc coûté au contribuable une bonne partie de la facture.

Disons : moitié-moitié ?

Ah qu'on nous rende le bon vieux temps, sans hélicos, sans zodiacs, sans équipes de sauveteurs dûment entraînés, sans caravanes de touristes inconscients, sans aménagement touristique et même sans lac de Sainte-Croix.

Si vous créez un lac artificiel, que vous y autorisez la baignade et le canotage, que vous y attirez en été des hordes touristiques, que pour surveiller tout ce monde vous déployez aux alentours gendarmes, pompiers, sauveteurs, brigades cynégétiques, avec accompagnement d'hélicos et de véhicules tous-terrains, vous ne vous attendez pas à ce que les finances publiques ne soient pas mise à contribution ? Non ? Alors, vogue le canoë !

Question à vingt francs : en l'absence  de tout chavirage, de toute noyade, de tout accident de la route, de toute bagarre au camping, combien coûte à l'Etat une journée de surveillance des abords du lac de Sainte-Croix, un des plus  grands lacs de France  ? Certainement beaucoup plus que vingt francs, surtout si on ajoute la surveillance du grand canyon, un des terrains de jeux dangereux les plus courus de France pendant l'été. Le jour où je remontai en canoë le grand canyon jusqu'à l'endroit où l'on retrouve le cours naturel du Verdon, j'en vis déboucher une dizaine de types casqués, à plat-ventre sur une planche de plastique, tête en avant, l'air passablement hagard, qui venaient de se payer le chaos de l'Imbut. Apparemment, aucun crâne n'avait malencontreusement heurté un caillou. Heureusement, parce que je te dis pas le montant de la facture des secours.

Additum -

Pour avoir une idée de la vallée du Verdon avant la mise en eau du barrage de Sainte-Croix, consulter, notamment, le site Les Salles-sur-Verdon.com (avec, notamment, des photos de la résurgence vauclusienne de Fontaine-l'Evêque )



Sous ces eaux scintillantes, un village dominant une jolie vallée qui fut fort pittoresque

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