jeudi 5 septembre 2013

Au service du sionisme et de l'impérialisme occidental

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Il est difficile d'imaginer ce que serait aujourd'hui le Moyen-Orient et les relations des pays de cette région avec l'Occident si l'Etat d'Israël n'avait jamais existé. Ce qui est sûr, c'est qu'elles seraient fort différentes de ce qu'elles sont. Nous devons l'existence d'Israël à la persistance d'un antisémitisme invétéré, irrationnel, aberrant, dont les conséquences monstrueuses ont poussé les Juifs à émigrer massivement en Palestine. Sans les pogroms en Europe de l'Est, sans les camps de la mort nazis, Israël n'aurait sans doute jamais vu le jour.

Les gouvernements et les peuples des pays occidentaux saluèrent avec enthousiasme la naissance de l'Etat d'Israël. Il n'était pourtant bien difficile de prévoir  quelles difficultés pratiquement insolubles autrement que par la violence l'implantation d'un Etat de type occidental sur une terre restée musulmane pendant quatorze siècles allait faire surgir. Aucune n'a, de fait, reçu de solution, plus d'un demi-siècle après la proclamation de l'Etat d'Israël.

Cependant, sans l'Occident, et d'abord sans le soutien permanent de son principal protecteur, les Etats-Unis, Israël aurait eu bien du mal à se maintenir. Cette protection ne va pas sans contrepartie. Pour les Etats-Unis, le rôle géopolitique d'Israël est  essentiel. Ce pays est une base avancée des intérêts américains et occidentaux au Moyen-Orient, un pion capital sur l'échiquier dans une région où sont en jeu quelques éléments majeurs de la domination mondiale. On le voit bien aujourd'hui en Syrie, où les intérêts occidentaux se heurtent de front aux intérêts russes, iraniens, chinois.

Qu'est-ce qui peut le mieux conforter, à moyen terme, les positions d'Israël, sinon l'affaiblissement des puissances environnantes et la présence sur leur territoire de conflits internes allant jusqu'à la guerre civile ? Depuis la première guerre du golfe, il y a vingt   ans, les interventions occidentales dans cette partie du monde ont toutes concouru à ce résultat. Elles ont abouti à déstabiliser durablement l'Irak, l'Afghanistan, la Libye, et menacent aujourd'hui d'aggraver le chaos syrien déjà entretenu par les pays occidentaux, qui fournissent des armes aux rebelles et entraînent leurs troupes. Peu importe qu'une partie de cette aide soit détournée par les islamistes, de plus en plus présents sur le terrain, on verra plus tard. Voilà,  en tout cas, le gouvernement israélien rassuré pour un bout de temps.

Depuis sa création, Israël peut compter sur l'activisme d'un lobby à sa dévotion, aussi bien aux Etats-Unis qu'en Grande-Bretagne ou en France. Les membres de ce lobby se rencontrent dans les sphères de la politique, toutes tendances confondues, de l'économie, de la presse, de la vie intellectuelle. On se souvient de l'empressement obscène d'un Pierre Mauroy partant pour Tel-Aviv serrer des pognes et assurer le gouvernement israélien du soutien de la social-démocratie française, lors de la guerre du Kippour ; d'un Glucksman écumant de rage lorsque Chirac refusa d'emboîter le pas de Bush junior dans l'équipée irakienne; de la frénésie du tandem Sarkozy /BHL dans l'affaire de Libye. Pour ces gens-là, tout ce qui peut contribuer à déstabiliser le Moyen-Orient arabe et musulman est bon à prendre. La défense des intérêts d'Israël coïncide avec celle des intérêts économiques occidentaux ; l'une ne va pas sans l'autre : lors de la première guerre du Golfe, ce qui était en jeu, c'était beaucoup moins l'indépendance du Koweit  que la préservation des intérêts des pétroliers occidentaux, d'abord anglo-saxons, de même que le souci d'avantager les pétroliers français a pesé lourd dans la décision de Sarkozy d'intervenir en Libye, dont la production pétrolière et gazière n'est pas près de retrouver son niveau d'avant la chute de Khadafi. 

Les sympathies pro-israéliennes ont toujours été fortes dans un large secteur de la classe politique française, à gauche comme à droite. et notamment dans les rangs des sociaux-démocrates . Il est heureux pour la France que les frasques d'un Dominique Strauss-Kahn, sioniste avéré, l'aient écarté du pouvoir, définitivement, espérons-le. Les gesticulations bellicistes d'un Hollande, dans l'affaire syrienne ne paraissent pas,  a priori,  procéder de son souci d'oeuvrer en sous-main à la sécurité d'Israël, mais l'affaiblissement du régime de Bachar al-Assad, la contribution française à l'aggravation du désordre en Syrie, vont bien dans ce sens. On se demande bien, du reste, ce que la France gagnera à intervenir dans la guerre civile syrienne, en assumant tous les risques qu'une telle intervention comporte ; il est sûr, en tout cas, que les intérêts des entreprises françaises actives dans ce pays en pâtiront : notre économie avait bien besoin de cela, vraiment. Quant à la défense de la démocratie, il y a de quoi rire : on ne voit pas que notre Flanby national se soit jamais beaucoup bougé pour elle contre le régime de Jim Jong-un en Corée du Nord, pour ne citer que ce cas-là. Il semble, au demeurant, qu'une très large majorité de  la population syrienne soutienne Bachar al-Assad : 70 %, selon les services de l'OTAN. Soutenir militairement les 30% restants contre le régime dans lequel la très grande majorité des Syriens se reconnaît paraît en effet une option authentiquement démocratique ! On découvre chaque jour un peu plus la complexité des enjeux du conflit syrien et de ses répercussions au plan international. Raison de plus pour s'aventurer avec la plus grande prudence sur ce terrain miné, propice à tous les dérapages. La politique de la canonnière, même armée de missiles à longue portée, n'est plus de saison.

Ce n'est, de toute façon, certainement pas  à tel ou tel pays occidental de prendre l'initiative d'intervenir seul en Syrie, et plusieurs de nos voisins européens l'ont parfaitement compris. La responsabilité d'une initiative en ce sens semble incomber tout naturellement aux pays arabes et musulmans. Il existe une Ligue Arabe. Plusieurs des pays qui en sont membres entretiennent des forces armées suffisamment nombreuses et équipées pour faire pièce aux excès de Bachar-al-Assad, s'il y en  a. A eux de jouer.

Le Matamore de Corrèze n'en persiste pas moins à vouloir intervenir militairement en Syrie sous le prétexte fallacieux de défendre la démocratie, au risque de provoquer de légitimes représailles. Les deux-tiers des Français sont hostiles à cette intervention mais notre nouveau Fracasse n'en a cure : c'est cela, sans doute, respecter la démocratie.

En attendant, depuis les premiers bruits de bottes, l'automobiliste français paie son carburant trois centimes de plus au litre. Merci qui ? Merci Flanby !


Additum (6/09/2013) -

Notre pion de collège social-démocrate va bientôt se retrouver tout seul à persister à vouloir "punir" Bachar al Assad.  "Punir" : non mais pour qui il se prend, le redresseur de torts ? Bachar au piquet ! Me copierez cent fois : je ne dois pas utiliser le gaz sarin. Burlesque petite ganache corrézienne.

Additum 2 (12/09/2013)

Lu le témoignage de Domenico Quirico, journaliste à La Stampa, détenu en Syrie pendant cinq mois par un groupe islamiste. Terrifiant. Et ce sont ces gens-là dont le sort nourrit les états d'âme de notre bourrique de Flanby ! Mais qu'on les gaze tous, et le plus tôt sera le mieux !

Additum 3  (18/10 /2013)

L'article d'Olivier Zajek, Cinglante débâcle de la diplomatie française, ( Le Monde diplomatique d'octobre), dresse le constat impitoyable de la foirade hollandique dans l'affaire syrienne.







1 commentaire:

JC a dit…

La Ligue Arabe ....? On trouve plus de dynamisme, d'entente, d'intelligence, dans le plus petit des Clubs de Bridge de village. La ligue est un "machin" sans importance !