dimanche 1 septembre 2013

Gaz toxiques : beaucoup de bruit pour rien

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Tous ces cris d'horreur, toutes ces mines révulsées à propos des gaz toxiques prétendument déversées par l'armée syrienne sur les rebelles : c'est toute l'hypocrisie occidentale.

Car enfin, mourir pour mourir, à la guerre comme à la guerre. Un épandage de gaz sarin, une rafale de mitrailleuse, une bombe au napalm, on ne voit guère la différence dans les fosses communes.

Qu'on se le dise : un coup de couteau vilainement rouillé peut vous valoir une agonie infiniment plus longue et douloureuse qu'une inhalation de sarin.

Et puis enfin, cela fait longtemps que nous traitons aux gaz toxiques rats, cafards et moustiques : or en quoi, au regard de l'Eternel, la vie d'un être humain est elle supérieure en valeur à celle d'un puceron, d'un pou ? D'ailleurs un être humain est  bien plus nuisible que n'importe quel animal dit nuisible, tous les écologues vous le diront.  Donc, oui à la sarinisation. Nous devons accepter de subir les souffrances que nous infligeons à nos amies les bêtes. Ou alors, si c'est non au gaz sarin, c'est non aussi à la dératisation et à la démoustication.

Tout ça, au fond, c'est une question d'échelle et de point de vue. Est-ce que les cafards qui ont fait leurs nids dans mon vide-ordures se soucient de l'utilisation du gaz sarin en Syrie ? Est-ce que les Micromégas,  du côté de Syrius (1), y songent seulement ? Adoptons leur détachement sur la question.

Note 1 -

Sirius / Syrius : elle est bonne, celle-là.




1 commentaire:

tschok a dit…

Verbatim: " Car enfin, mourir pour mourir, à la guerre comme à la guerre. Un épandage de gaz sarin, une rafale de mitrailleuse, une bombe au napalm, on ne voit guère la différence dans les fosses communes."

En fait, si, ça fait une grosse différence.

Explication: les armes NBC (nucléaires, bactériologiques et chimiques) sont classées habituellement dans les armes dites de "destruction massive", ce qui correspond à trois critères:

- Elles permettent de tuer un grand nombre de gens à la fois;

- Rapidement;

- Facilement.

C'est donc la taille de la fausse commune qui a tendance à augmenter lorsqu'on emploie ce type d'arme, d'où l'idée que l'emploi de ces armes est une escalade dans l'horreur.

Il existe un 4ième critère: le côté vicieux. Les radiations, les bactéries et les gaz trompent les sens empiriques de l'être humain qui, par conséquent, ne peut s'en prémunir que par des dispositifs techniques (détecteurs, radars, missiles anti missile, combinaisons diverses, masque à gaz, antidotes, vaccins, etc).

Les ADM sont donc des armes propres à terrifier, car on ne peut s'en prémunir par soi-même: elles tuent sans prévenir, sans discernement c'est à dire indépendamment de votre comportement individuel, de votre mérite, de votre valeur d'être humain, et de façon terriblement efficace. Ce sont des armes d'extermination qui permettent de transformer une zone géographique donnée en camp d'extermination (tout ce qui vit à cet endroit là meurt).

Un cinquième critère, la douleur éprouvée par la victime, n'est pas habituellement considéré comme pertinent.

De fait, les charmants enfants syriens contaminés par les gaz sont morts dans leur sommeil. Une bien belle mort quand on y songe.

Une mort que je pourrais même souhaiter à mes propres enfants.

Conclusions: si vous raisonnez en accordant votre unique considération au seul critère qui n'est pas pertinent, ne vous étonnez pas trop de raisonner mal.