mardi 18 février 2014

En finir avec Teddy Laidegueule

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Les éditions de Midi annoncent la parution prochaine de En finir avec Teddy Laidegueule, le premier roman de Louis Edouard, un jeune qui n'y va pas de main morte ! Cette autofiction, appelée à dépasser les précédentes audaces du genre, dissimule à peine et seulement pour la forme un témoignage  qui tient à la fois du document sociologique et du règlement de comptes au vitriol. La mère Ernaux peut aller se déshabiller.

Né d'une mère porteuse lesbienne, Teddy Laidegueule est adopté dès sa naissance par un couple d'homos bobos bolchos gauchos. Il passe ses premières années dans le cadre d'un appartement luxueux (300m², vue directe sur la maison de Balzac) d'un immeuble cossu du XVIe arrondissement. Son père, professeur à l'Université de Paris-Sorbonne, est un spécialiste mondialement connu de l'oeuvre et de la pensée de Didier Eribon. Sa mère (pardon : son père n° 2) , harpiste des Baroqueux de Saint-Philippe-du-Roule, éminente musicologue, auteur d'Avatars de la 7e diminuée dans les Cantates de Porpora, se charge de la première éducation du bambin : clavecin, danse classique (allemande, courante, sarabande, gigue), art de la conversation et méditation transcendantale.

Très tôt, Teddy se montre rétif aux principes d'éducation auxquels on prétend le soumettre. Petit, trapu, faciès de boxeur, dégaine de catcheur, voix de rogomme, son allure tranche péniblement avec le physique efféminé, les manières douces, les intonations flûtées des petits camarades que ses parents  ont soigneusement sélectionnés à son intention. Au collège, Teddy ne tarde pas à devenir le souffre-douleur d'une bande de jeunes bébés phoques , non, pédés phoques, qui prennent l'habitude de lui imposer fellations et sodomies au fond de la classe pendant les cours de SVT. Mais rien n'y fait. Incapable de virer sa cuti, Teddy ne s'intéresse qu'aux filles, mais seulement si leurs nichons atteignent la taille d'un ballon de basket. Il fuit les ateliers de théâtre, de flûte traversière et de menuet, où ses parents l'ont inscrit d'office ; il ne s'intéresse qu'au foot et aux moules ; à 14 ans, son vocabulaire se limite à "Tain", "culé", "Nique ta mère". Khulturellement parlant, son truc, c'est de regarder Koh-Lanta sur TF1 en s'envoyant des pop-corn derrière le bavoir.

Pour Teddy, le Bon Samaritain prend, à dix-huit ans, l'apparence d'Albert Lagnaque, entraîneur de l'équipe juniors des Girondins de Libourne, qui lui fait signer son premier contrat. A Libourne, Teddy joue arrière central et ne tarde pas à se faire un nom parmi les clubs de la Ligue du Sud-Ouest sous le sobriquet de "Teddy-le-Déménageur". Il est célèbre pour ses troisièmes mi-temps, arrosées au pastis plutôt qu'au sirop d'orgeat; on ne compte plus ses petites amies et il est la providence des putes du landerneau. Ses parents l'ont officiellement (voir Le Nouvel Observateur du 2 janvier 2014) renié, déshérité, et maudit.

Pressenti pour jouer dans l'équipe de France juniors, il en a été finalement écarté pour avoir traité le sélectionneur Terry Michel de "sac à merde" et de "vieille tantouze". Cette peccadille ne devrait cependant pas nuire à une carrière internationale qui s'annonce prometteuse.

Peut-être devra-t-il cependant choisir entre la carrière de footballeur professionnel et celle d'écrivain. Il est vrai que ses revenus , déjà très supérieurs à ceux d'un lauréat Goncourt, devraient lui permettre de faire écrire ses bouquins par d'autres : ne s'est-il pas déjà offert le luxe, pour En finir avec Teddy Laidegueule, du plus talentueux et du plus médiatique des nègres : Jean d'Ormesson ?




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