vendredi 14 février 2014

Katia et Marielle Labèque en concert

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Comme le temps passe. Le disque Gershwin des soeurs Labèque acheté chez le disquaire des Allées, en bas de la rue d'Antibes, c'était hier. Elles étaient  jeunettes, à l'époque. Aujourd'hui, ce sont d'alertes sexagénaires. Katia fêtera ses 64 ans en mars prochain, et Marielle ses 62 ans. On ne le dirait pas quand on les voit en scène, tant elles soignent leur look de jeunes filles, surtout Katia, qu'on croirait de loin la plus jeune. Marielle en noir, Katia en rouge. Celle-là, le visage enseveli dans ses cheveux noirs, semble la faire-valoir de celle-ci, qui assure le spectacle : masque intense, gestuelle spectaculaire, petits gags. En somme, elles se complètent harmonieusement. Il faut dire que le numéro est rodé. Le programme aussi. J'ai vu qu'il leur arrivait d'exécuter en concert des partitions de Phil Glass, mais ce ne sera pas pour ce soir et je le regrette bien.

Ce soir, elles proposent des oeuvres qu'elles ont jouées maintes fois, en concert et pour le disque. On commence par  du  Ravel : Ma Mère l'Oye et Rhapsodie espagnole. Les deux soeurs rendent bien le côté introverti de cette musique au second degré.  Souvenirs. Réminiscences. Rythmes entêtants. Ô joyeuse antienne, reviens me hanter. Juste la touche de parodie qu'il faut.


Raphaël Séguinier assure la partie percussions pour la suite  West Side Story (adaptée par Irwin Kostal). Musique résolument extravertie, cette fois. Intelligente, subtile, émouvante transposition de ces compositions devenues si célèbres. Dans les passages lyriques, on se croirait par moments en visite chez Schumann.

Le public (moyenne d'âge : 55 ans ) leur fait un triomphe. Quelques enfants, accompagnés de leurs jeunes parents. Je n'ai pas vu un seul ado dans la salle. On a droit à plusieurs bis, et ça se termine sur un Milhaud  célébrissime et dansant.

Dans le hall, j'achète un CD , 25 euros. Rentré au bercail, je vérifie le prix sur Amazon : 7,50 euros. Les deux soeurs n'ont pas que la bosse du piano, elles ont aussi celle du commerce.


Angélique Chanu, avatar eugènique agréé








1 commentaire:

JC a dit…

L'une des deux a bien aimé Mac Laughling, John... un guitariste jazzeux fameux pour son errance musicale, riche d'apports étrangers (cf MahaVishnu).