lundi 16 juin 2014

Fixer la langue française : une fixette !

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Sur son compte twitter, notre nouvel ah caca démicien Alain Finkielkraut se lamente sur ce qu'il appelle la "corruption" du langage.

Qu'il est khon ! mais dieu qu'il est khon ! Son amitié indéfectible pour Renaud Camus et son élection à la caca démie ne l'ont pas arrangé. Pourtant, il n'a pas toujours été aussi borné que ça. Il lui est même arrivé d'écrire des livres intelligents. Décidément, la vieillesse est un long naufrage. Et il n'a que 65 ans, mais il est beaucoup plus vieux dans sa tête.. Qu'est-ce que ça va être dans cinq ans ?

A propos de la langue, rappelons-lui donc quelques vérités.

La langue frantsouèze, telle que les chétifs efforts de l'acacadémie prétendent la fixer dans une version "normalisée", n'a jamais été parlée nulle part et par personne, même pas par les acacadémiciens. Le rêve, qui fut celui de l'école publique des années trente, d'amener tous les résidents plus ou moins vaguement français d'un territoire plus ou moins vaguement identifié au conconcept "France" à s'esprimer dans un français ah! caca-endémique, s'est depuis longtemps dissipé. En ce temps-là d'ailleurs, Queneau avait déjà fortement montré la profondeur du fossé qui séparait ce français akakiadémiurgique des langues multiples effectivement causées par les frantsouès et néo-frantsouès, et abusivement subsumées sous le khonkhoncept approximatif de "français".  Au jour d'aujourd'hui, ça ne fait que croâtre et embébellir, au grand désespoir des coconnards de l'acabit de Finkielkraut, de Renaud Camus ou de Richard Millet, et nos compapassitriotes que ça mais on s'en fout jaspinent une multitude de langages diversement colorés et espressifs qui leur rendent de signalés services et qui leur plaisent, alors pourquoi pas à nous. Tu va voir, mon Finkie, ce que, dans bien moins que vingt ans, l'influence de l'arabe, des dialectes berbères et des diverses langues africaines aura fait de la langue dont tu as la nostalgie, forcément puisqu'elle est déjà morte. Il n'y a pas un français, il y a des français, et presque autant qu'il y a de Français (sans compter ceux qui ne le sont pas mais qui vivent avec nous. Songeons d'ailleurs que, pour ne pas ramener sur le tapis une fois de plus le douteux Céline, le dénommé Proust jaspinait déjà vers 1910 un abominable jargon à peu près incompréhensible pour le Gigide et ses cocos peints de la NRF. Et pourtant, c'était pas un immigré de la deuxième génération. Finissons-en  avec le papatriotisme de Mémé (celui de Marcel) et avec tous les papatriautistes. Le "Je vous salue ma France" du Larengon m'a toujours fait le même effet que le "Je vous salue Marie" : un effet ahaaahlàlàlàààxatif.

Alors mon Finkiequelkraut non mais quel kraut, mets donc au rencart ton grandpapatriotisme linguistique et accepte la langue telle qu'elle est, diverse et changeante. Il est vrai que tes crispations sur la langue réelle rejoignent tes crispations sur la société réelle. Je crains que tu ne connaisses une vieillesse très nostalgique et très désabusée.


Note -

Je proteste contre moi-même car je suis, à mes heures, un farouche tenant de l'ortograf la plus étroitement corsetée et fixettée, et de la syntaxe itou. Porqué di madonna, me demanderez-vous ? C'est que la langue est le contraire d'une algèbre. L'algèbre classique, on le sait, est commutative, c'est-à-dire que les termes peuvent en être interchangés, sans changement de signification. Dans une langue, c'est le contraire. La règle d'or est celle de la non-commutativité des lettres et des mots. Si vous changez les places des lettres dans un mot, il devient incompréhensible. Si vous changez l'ordre des mots dans la phrase, celle-ci devient incompréhensible, comme Molière l'avait déjà montré dans Le Bourgeois gentilhomme. Cette règle ne supporte que de rares exceptions, très codifiées, comme l'inversion en poésie.


Un livre à conseiller à Finkiequelkraut ?

1 commentaire:

JC a dit…

Si nous, les vrais lilibéraux papatriotes arrivons au pouvoir, je veillerai personnellement à ce que le premier des pervers multiculti, Eugène, soit dégradé de sa nationalité françouèse en place de Grève.

Au milieu d'une grande foule excitée, on lui retirera sa nationalité française, et sa culotte, devant les statues de Finkie, Renaud Camus et Richard Millet édifiées avec les sous de la Fondation Breivick...

Vive la langue française, de qualité "Ducon-Montebourg" !