samedi 2 août 2014

" Voyage du condottière " ( André Suarès ) : voir Gênes ou mourir

1140 -


" Je ne relis jamais une de mes oeuvres : elle n'est plus rien pour moi : je l'oublie. Je passe à une autre : si l'une est achevée à deux heures du matin, à trois je passe à la suivante. Je vis pour être et pour faire, uniquement . On n'est  qu'en faisant. "
                                         
                                             ( André Suarès, introduction à Voici l'homme )



Au  début des années soixante, lorsque  je fis mes études supérieures de lettres, on ne parlait guère d'André Suarès, mort quelques années auparavant ( en 1948). Sa carrière d'écrivain avait d'ailleurs subi une éclipse forcée pendant les années de guerre, où, pour échapper à la Gestapo et aux miliciens, il avait dû rester caché. Je connaissais Voyage du condottière de réputation, mais je ne l'avais pas lu, et j'ignorais tout du reste de l'oeuvre, très riche, et d'ailleurs aujourd'hui encore très méconnue et restée en partie inédite.

J'ai fini par me décider -- récemment -- à découvrir Suarès en achetant chez des libraires d'occasion Voici l'homme  et Voyage du condottière ( ce dernier titre dans une assez déplorable édition, pleine de coquilles, parue en 1956 chez Emile-Paul).

Lisant les premières pages de Voyage du condottière, je me fis de Suarès -- dont je ne savais toujours à peu près rien -- l'idée d'un fils de famille voyageant en Italie aux frais de papa, une sorte de cousin d'André Gide ou de Marcel Proust, à une époque où le franc-or restait la valeur monétaire de référence. Suarès aurait peut-être pu  faire partie de cette classe  de jeunes gens oisifs et fortunés, mais le sort en décida autrement. La mort de son père le laissa ruiné et ce brillant sujet, reçu troisième à  l'ENS, mena après avoir échoué à l'agrégation, pendant plusieurs années une existence matérielle précaire à Marseille, sa ville natale. C'est donc à pied et sans beaucoup de ressources qu'il parcourut   l'Italie, du lac de Côme à Sienne, périple d'où naquit Voyage du condottière, dont le premier volume, qui conduit le voyageur aux rivages symboliques du Rubicon, en passant par Milan, Vérone, Padoue, Venise et Ravenne, fut publié en 1893. Des suites devaient en paraître jusqu'en 1931. Voyage du condottière raconte donc l'histoire d'une passion : celle d'André Suarès pour l'Italie.

Lorsqu'on lit les premières pages de Voyage du condottière, on est  séduit par la justesse , l'originalité, la force suggestive de ces scènes glanées au fil du chemin, ainsi que par le ton personnel, empreint d'une vivacité juvénile, et par un regard qui semble libre  de toute prévention, de toute convention. Suarès serait-il  un de ces voyageurs exceptionnels, comme le sera bien plus tard, d'une façon très différente et peut-être plus séduisante, plus attachante, un Nicolas Bouvier ? Suarès est un visuel, un sensuel d'une qualité rare, attentif à la singularité des êtres et des choses :

" A Sainte-Marie, on sonne pour un mort; mais personne ne s'attriste : chacun prend  son parti de la mort pour les autres. Dans l'église, claire, laide et  dorée, les femmes, prosternées, remuent ardemment les lèvres, et des enfants courent; il y a même un chien. La vapeur d'encens est piquée par les flammes des cierges. Les hommes attendent sous le porche. Ils sont solennels et ridicules. Ils ont par moment une ombre héroïque, et parfois une réalité absurde ".

" On monte, on monte. Les ruelles pierreuses, rouges au soleil, sont violettes dans l'ombre. Un ruisseau coule au milieu. L'ordure même a son air de béatitude; les mouches ronflent contre les bornes. IL y a encore des figues noires aux branches des figuiers, par-dessus les murs. "

" Milan grouille de peuple. Dans les faubourgs, les maisons sont pareilles à des ruches coupées par le milieu : sur la façade peinte en couleurs crapuleuses, toutes fenêtres ouvertes, les alvéoles gorgés de gens, on dirait des cages à mouches. Et la poussière, que le vent fouette, saupoudre ces gaufriers.
  Les haillons flottent. Des linges abjects et la lessive de la veille sont tendus sur des cordes : les chemises et les jupons rouges, les maillots verts, les serviettes tachées de vin, les langes souillés, les traversins, les draps pisseux sèchent à l'air; et il me semble qu'ils fument. Des femmes à l'oeil sombre,et la tignasse noire, lancent un regard entre les manches d'une camisole pendue, ou les deux jambes d'un pantalon blanc que le vent du sud agite."

Suarès n'aime pas beaucoup Milan. Inoubliable notamment sa visite à un cimetière dont il nous livre une vision burlesque aux limites du fantastique. Mais que dire de Mantoue, qui lui inspire des pages quelque peu hallucinées, en tout cas hallucinantes !  Et dire que Virgile naquit dans cet enfer dévoré des moustiques !

Le voyageur passe beaucoup de temps à visiter les musées et les monuments; les descriptions qu'il en fait et les jugements qu'il porte sur eux sont toujours précis, pleins d'intérêt, très personnels. Je m'étonne qu'aucun éditeur n'ait encore pensé à publier une édition  de Voyage du condottière assortie de reproductions des oeuvres évoquées, telle cette Sainte Catherine de Bernardino Luini, dont il existe plusieurs versions. Heureusement qu'internet permet le plus souvent de combler ce manque et de confronter les oeuvres aux commentaires qu'elles ont inspiré à Suarès, dont on n'est pas obligé de partager le jugement. Ainsi les réserves que lui inspire la peinture de Vinci ou le Dôme de Milan ne manquent pas de déranger utilement quelques idées reçues; en revanche on peut ne pas partager son allergie à la façade baroque de la chartreuse de Pavie, outrageusement décorée, certes, mais c'est pour moi ce qui en fait le charme, que Suarès doit trouver  abusivement profane. On peut ne pas non plus partager son admiration pour le gisant de Gaston de Foix, au château Sforza, qui  m'a paru une sculpture d'une qualité secondaire, même si ce fut une commande de François Ier.

Il n'est pas non plus banal de lire ces pages, datées de 1893, qui font de la musique de Monteverdi un éloge inconditionnel :

" Ha ! derrière cette porte et ces murailles denses, que des feuilles caressent, un jardin, une salle fraîche devant un jet d'eau étincelant et silencieux, un orchestre caché dans les arbres, des voix sans clavecin, et l'amoureuse douleur de Poppée qui chante ! C'est ici que je voudrais l'entendre, ou la plainte d'Orphée. Mais non, plutôt encore l'adieu de Poppée, d'une langueur si voluptueuse, d'une grâce si séduisante. Elle s'attarde, cette mélodie; elle tourne la tête, elle tend les bras. Elle est prête à pâmer d'amour, pour peu qu'on la retienne, ou qu'un seul  soupir la rappelle. Quelle caresse elle aura dans les larmes. L'âme des amants se révèle à leurs pleurs. "

On se dit d'abord qu'on aurait bien envie de refaire ce voyage, au rythme des pas de ce guide exceptionnel, de parcourir sous sa conduite les rues de Crémone ou de Sienne, sa cité préférée. Cependant, assez vite, s'installe une lassitude. Aux environs de Vérone, on commence à en avoir assez, alors que, pourtant, on s'approche de Venise, mais justement, on sent qu'à Venise, ce pourrait être l'overdose. C'est peut-être que l'auteur, dont c'est le premier livre publié, en rajoute un peu, en fait un peu trop; on le sent désireux de tenter le gros coup, le coup d'éclat. Ecriture trop concertée, trop voulue, trop spectaculaire, théâtrale, théâtralisante : le cimetière de Milan est une scène de théâtre, les rues médiévales de Vérone en sont une autre. Ecriture datée aussi : la description des jardins Giusti à Vérone fleure bon la dictée de certificat d'études au tournant des années cinquante. Que de comparaisons. Que de métaphores. Variante de l'écriture fin de siècle. Il faudrait des comparaisons pour s'en convaincre. Je me demande quels contemporains le jeune Suarès lisait et appréciait.

Posture un peu trop systématiquement visionnaire. Voyageur un peu trop hanté par les grandes figures, Stendhal, Shakespeare, Juliette... Trop de culture. Pas assez de laisser-aller, pas assez de vraies surprises ; pas assez de naïveté ; le contraire, en somme, de ce qui faisait le charme des récits de Rousseau dans les premiers livres des Confessions, de ce qui fera plus tard celui des narrations de Nicolas Bouvier. Chez eux, le voyage change la vie, il est découverte et expérience d'une autre façon de vivre. Notre condottière, quant à lui, se cantonne un peu  trop dans le rôle du touriste  parcourant villes et musées. Beaucoup de solitude, du coup : le voyageur rencontre beaucoup de statues, mais, apparemment ne lie guère connaissance avec des êtres de chair et d'os. Spectateur trop exclusivement spectateur. Cependant, il n'est pas impossible que Suarès ait délibérément fait l'impasse, pour telle ou telle raison, sur les rencontres qu'il fit au long de son voyage.

Dès la centième page d'un livre qui en compte six cents, on ressent le besoin de faire une pause, de changer d'air. A consommer avec modération. Mais le livre vaut le voyage, ne serait-ce qu'à cause de la mine d'informations qu'il contient, et pas seulement sur l'Italie du passé.

Allons, je suis très injuste. Suarès sait varier les tons et les ambiances : juste après l'évocation un peu  trop sucrée pour mon goût des jardins Giusti à Vérone, le premier contact avec Padoue lui inspire des pages pleines d'humour, de drôlerie et de saveur :

" A l'heure où la terre est une Danaé qui reçoit la pluie d'or, largement accroupie sur la plaine, Padoue, jaune et noire, est une tête de boeuf bien cuite dans un pâté en croûte. De la gare à la ville, on fait route longtemps; la marche est dure sur la terre battue, comme à travers les sillons ; des ornières roides et des trous rident la planure chaude. L'air poudroie dans le soleil, et le soleil poudroie sur les remparts trapus. Une  poussière dorée vibre sous le ciel rose."

 J'arriverai jusqu'à Venise !

J'y suis arrivé. Quelle déception ! Bavard, verbeux, saturé, surchargé d'ornements et de dorures au point que la description de Saint-Marc semble redoubler inutilement l'édifice lui-même (merci à l'inventeur de la photo couleur qui nous débarrassa de ces extases amphigouriques (quoique, quand j'entends Stéphane Bern à la télé, je me dis qu'il a dû trop lire Suarès). Ma gondole a calé au beau milieu du Grand Canal.

Et pourtant quelque chose rend secrètement poignantes ces pages un peu trop somptueuses :  c'est l'errance de ce jeune homme plein de désirs allant, solitaire, de décor en décor. C'est pourquoi les meilleures pages de son livre sont  celles où il se laisse aller à une certaine méchanceté : sa méditation sur Rimini et les Malatesta, par exemple, ou sur la peinture du Tintoret qu'il compare aux productions de Dumas père ou de Victor Hugo, dont il ne pense pas beaucoup de bien. Occasion pour lui d'affirmer un idéal artistique qui préfère une seule oeuvre capable de concentrer de façon inoubliable ce qui méritait vraiment  d'être dit à des kilomètres de peinture qui ressassent avec emphase ce qui ne le méritait sans doute pas.

Oui, ce livre est souvent sauvé de la fadeur par les accès d'humeur sombre et rageuse de son auteur, comme ici où, à Gênes, il est sauvé de la tentation du suicide par le spectacle de la ville :

" Dans cette Gênes empestée d'une canicule pareille à une lave, mon noir horizon n'est pas éclairci. La lumière haletait sous la laine des nuages. Le jour d 'août titubait dans cette étuve ténébreuse. Avec ma pensée, le port, la mer, la ville et le monde n'étaient plus qu'un malade sans espoir, qui va se vomir dans une nausée. Je n'avais plus le courage de rendre une forme réelle au rêve terrible où nous sommes plongés, qui ne se peut soutenir si l'on ouvre trop fixement les yeux. Tanr de deuil couvrait de cendres ma révolte même. Et la douleur enfin descendait, de tout son poids, dans l'abîme et la pesanteur du néant. Non, ce jour-là, je n'ai pas retrouvé l'innocence du poète. Une féroce conscience avait étouffé la candide pureté de la foi. Et quand ma torture a miré, dans une clarté sulfureuse, ce que j'appelais mon indignité du  salut, telle fut la souffrance que je cessai de vivre. J'allais marcher, sur ces rails, à la rencontre de quelque  machine, de la brute de fer qui est plus franche, du moins, à nous broyer, et moins basse et moins vile que les hommes. Une venait, haut-le-pied. Déjà, je me livrais à cette plénitude de dédain qui est un lit de repos. Soudain, tournant la tête, dérobant à mes yeux la contemplation désastreuse du large, je vis les loques de Gênes pendues aux fenêtres; les alvéoles de la fourmilière grasse, jaune et noire; l'orage qui, du menton, touchait ces toits, ces rues, ces étages où grouille la misère humaine. D'une fenêtre, une chanson stupide tombait comme de la fiente de volaille; l'accordéon pleurard bavait ses sales tierces sur cette vermine sentimentale. L'horreur me parcourut de confondre ma douleur dans la boue de cette misère-là. Je n'ai pas voulu d'un néant qui pousse l'impudence et la vilenie jusqu'à se faire complice de tout ce qui nous méconnaît et veut nous avilir. J'ai choisi de souffrir encore. J'ai tourné le dos à ce puant faubourg. Je dois un cierge à la laideur de San Pier d'Arena. "

Je crois que, depuis Baudelaire, on n'avait pas retrouvé des accents de cette puissance-là. Il n'y a guère que chez Huysmans, qu'à l'époque on rencontre ce genre de férocité jubilatoire, et finalement salvatrice, au sein du désespoir le plus noir.


La forme de salut qu'en définitive il est allé chercher en Italie, le passage suivant le dit sans doute assez clairement :

" La ville brûlante et sombre retient les tisons du couchant entre ses dômes bas et ses tours rousses, comme aux mailles de plomb croupit le sang rouge d'un vitrail. Les clochers noirs sortent à peine de la terre morte, où la cité s'enfonce. Voilà une ville selon le coeur des solitaires.
  Ravenne la taciturne m'accueille avec une générosité farouche, comme au retour de l'exil. Elle me fait présent d'un soleil plus ardent de passer à travers les averses. Quelle capitale pour la méditation. "

La méditation prend souvent un tour passablement allumé, comme dans ce passage, inspiré par la figure de Théodora, sur les mosaïques de Saint-Vital :

" Théodora est bien la reine de ce monde frémissant et muet. Derrière elle et ses femmes étroitement drapées, j'entends les cris de la folie dans  les chambres lointaines, les appels de l'hystérie au milieu des odeurs, les bonds dans la soie et le velours des orgies secrètes. Théodora taciturne gémit, menace et sanglote comme une possédée. Théodora, serrée dans sa robe, déchire ses vêtements et se roule  toute nue sur les fourrures. Le linge le plus fin lui est une chape de soufre ; et sa peau glacée est un supplice pour le feu qui la brûle au dedans. Elle est haute, maigre, rongée. Elle n'a ni gorge ni hanches. Dans sa figure longue, elle ouvre des yeux de chouette. Elle est nocturne, et marinée dans les charmes de la nuit. Elle est pleine de fureur voilée, et rêve d'un opprobre éclatant. Elle contemple un désir, qu'elle désespère de rencontrer ailleurs qu'en elle. Puis elle élargit les yeux, moins elle reconnaît ce qu'elle semble voir. Elle a le manteau de l'eau qui dort, sur une âme nue comme la vipère, chaude comme la panthère, pareille à un repaire de péchés. "

Eh ben dis donc. Il me semble que ce passage, à verser au dossier des grandes heures de la timbrologie, vaut plus à titre de mise en scène de fantasmes personnels que comme morceau de critique d'art. Il me donne envie d'enquêter sur la vie sexuelle de Suarès. " Elle contemple un désir, qu'elle désespère  de rencontrer ailleurs qu'en elle " : la confidence personnelle affleure  dans cette notation.



LImpératrice Theodora, basilique San Vitale, Ravenne

" L'art classique paraît froid près de cet incendie et de ce rêve. Où l'âme se montre, on ne veut plus voir qu'elle. Psyché était morte chez les Anciens, n'ayant pu vivre avec l'Amour. Psyché, conçue dans la couleur, fait ses premiers mouvements : elle s'éveille à Ravenne. De là, ces yeux immenses, tournés vers un monde inconnu. "

Une cruauté (non voulue par l'auteur) de la lecture de ce livre par le lecteur du début du XXIe siècle est qu'il se demande plus d'une fois ce qu'il peut bien rester aujourd'hui de ce que vit Suarès à la fin du XIXe siècle. Par exemple des merveilleuses forêts qui couvraient les abords du rivage marin entre Ravenne et Rimini. Ou de ce pays de Lucques, tel qu'il le dépeint ici :

" Il faut vivre un peu dans le pays de Lucques pour connaître la Toscane des champs, ces fermes heureuses, ces rustiques sans rudesse, cette gaîté aimable, une verve rurale et non grossière, une simplicité solide et fine ; du plaisir qui sait être spirituel à l'occasion ; une bonhomie prudente et qui a sa malice ;  une intelligence champêtre, prompte, assez subtile, qui se satisfait dans son propre sens, peut-être un peu trop vite. En tout cas, même dans la demi-avarice, rien de la brute primitive, et une sorte de politesse jusque dans la façon de serrer les cordons de la bourse. Voilà des gens qui ne sont pas nés d'hier, qui possèdent leur terre, et que leur terre ne possède pas, comme le fumier ses germes et ses insectes. Ils savent qui est Dante et ils se rappellent tel ou tel de ses vers. En dépit de leur rauque accent, ils ont la voix ronde et chaude quand ils parlent, et bien heureuse quand ils chantent. Ils sont bien vêtus et soigneux de leurs habits. "

Inaccessibles paradis...

Voyage du condottière restera pour moi  une forte incitation à découvrir le reste d'une oeuvre qui s'étend sur plus d'un demi-siècle, et qui, pour l'essentiel, reste presque inconnue du grand public, notamment les pages que consacra à la Bretagne celui qui se serait voulu Breton. Même si certains titres n'ont pas été réédités depuis longtemps, on trouve sur les sites de librairie en ligne un choix assez vaste  de textes de Suarès, notamment deux volumes consacrés à des textes plus courts, publiés dans des journaux ou des revues (collection Bouquins ). Suarès a énormément écrit... Trop ? "Je ne tiens pas à publier; et même j'y répugne", écrit-il en 1948, pour la réédition de Voici l'Homme, initialement paru en 1903. A consulter la liste de ce qu'il a publié de son vivant, on reste un peu dubitatif.


André Suarès , Voyage du condottière   ( Le Livre de poche / biblio )



Portrait d'André Suarès par Georges Rouault


Aucun commentaire: