mercredi 4 mars 2015

Le nouveau "Charlie hebdo "

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L'autre jour, un chien errant s'est introduit  dans le jardin, faisant une peur bleue à mon chat, qu'il s'est permis de courser et d'aboyer furieusement. Un chien perdu ou abandonné, avec autour du cou un de ces colliers rouges comme les chasseurs d'ici en mettent à leurs chiens.

Deux jours plus tard, j'ai aperçu l'intrus en train de se nourrir de détritus dans une rue voisine. Le temps de retourner chez moi pour me munir d'un gros bâton, je me suis approché de lui lentement, arborant ma mine la plus terrible. L'animal ne s'est pas trompé sur la malignité de mes intentions à son égard ni sans doute sur ses raisons et s'est enfui sans demander son reste.

J'ai retrouvé ce chien perdu, mais sans collier, sur la Une du dernier numéro (1179) de Charlie hebdo, poursuivi par une meute de forcenés acharnés à sa perte. Mais curieusement, je me suis identifié à lui. Je ne dois pas être le seul. Et du coup je me suis découvert une sympathie, jusque là relativement masquée, pour ce chien qui a fait peur à mon chat (lui même abandonné, que nous avons adopté, ou plutôt qui nous a adoptés) .

Dans un billet précédent (16/01/2015), j'avais émis des réserves à l'égard de Charlie Hebdo , que je trouvais ringard, enfermé dans des ressassements pénibles à la longue, empêtré dans un anticléricalisme rétro, peu lisible au demeurant par la faute  d'une mise en page bâclée, quelque peu  fouillis. J'avais d'ailleurs cessé de le lire depuis longtemps.

Et puis voilà ce nouveau numéro magnifique, avec sa Une hilarante ( les couvertures auxquelles on a échappé ne le sont pas moins ) , des dessins de grande qualité, souvent irrésistibles, tel cet improbable et féroce C'est pour une dédicace, ou le  Pourquoi nous continuons "Charlie" , de Riss ; des articles de haute tenue, tel l'édito du même Riss ou Le religieux et le politique, de Chahla Chafiq.

Je n'ai pas tout lu encore mais je ne doute pas que le reste soit à la même hauteur. D'ailleurs il sied de déguster ce numéro avec lenteur, à petites gorgées. On dirait que, dans l'épreuve, les dessinateurs et journalistes de Charlie hebdo , sans rien renier de leurs convictions, se sont recentrés sur le meilleur de leur inspiration. C'est cela qui explique la grande qualité de ce Charlie hebdo new look et pourtant si proche de l'ancien, même si les nouvelles facilité financières ne sont sans doute pas pour rien dans cette réussite.

Tel qu'il est en tout cas, ce nouveau Charlie hebdo se situe, dans le paysage de notre presse satirique et de notre presse tout court, en haut de l'affiche.

Longue vie à Charlie hebdo et à tous ceux qui le font (re) vivre !



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