jeudi 26 mars 2015

Un tableau de Caspar-David Friedrich livre ses secrets

1219 -







Ce tableau de Gaspar-David Friedrich, peint en 1819, a pour titre : Cimetière de monastère dans la neige .

Il est fort beau mais je me demande si son titre ne nous égare pas sur sa véritable signification. A moi, cette toile évoque irrésistiblement une récente publicité télévisée vantant les mérites d'un médicament facilitant le transit intestinal.

Je me suis demandé pourquoi : ce doit être à cause de ce restant de choeur gothique sortant péniblement de terre au milieu de ces arbres vaguement poilus, fichés, ou plutôt englués dans la, dans la, dans la neige.

On n'est pas dans la neige, dis donc.

Il est certain que l'interprétation correcte de certaines oeuvres a été entravée par un accrochage erroné. Suffirait-il  de retourner le tableau de Caspar-David Friedrich pour que sa signification réelle apparaisse ?

Je m'y suis incontinent ( j'adore cet adverbe ) essayé. Voici ce que ça donne :




Le résultat est étonnant : en bas, une cuvette limpide, probablement nettoyée avec soin à l'aide de javel-wc  ( en vente dans toutes les grandes surfaces ), surplombée, je dirais plutôt hermétiquement obturée par un gros, par un gros, par une paire de, une paire de...,  je cherche le mot exact. Les  arbres exhibent leur vraie nature de poils du, de poils du, j'ai des trous de mémoire ces temps-ci.

L'ogive de fusée spatiale n'est encore qu'à-demi extraite de son silo, mais grâce au médicament facilitant le transit, elle devrait rapidement tomber au fond ( du vide intersidéral ).

Cette opération de retournement dévoile l'étonnante modernité de l'oeuvre, anticipant à la fois sur la psychanalyse freudienne et sur les expéditions spatiales.

Bien interpréter une oeuvre d'art n'est pas une opération aisée. L'exégèse correcte dépend souvent de détails inaperçus jusque là, même (et surtout) des "spécialistes" de l'oeuvre.


1 commentaire:

Philippe Zunzarren a dit…

Vous avez l'air de le prendre à la rigolade ce renversement de la perpective mais vous ne croyez pas si bien dire. Evidemment il est totalement exclu que des experts reconnus abondent dans votre sens sauf que: ils ont tort. Si vous prenez par exemple les blanches falaises de et que vous retourniez la toile de 180 ° ..celquisus euh Celsius , vous vous trouvez en face d'un spectacle étonnant, très chaud. Et il n'y a pas que cette toile. Du coup il faut tout réécrire. Ceci dit votre manque de vocabulaire dans un domaine aussi basique que l'orogenèse, me navre M'enfin! faut vous ressaisir. Il n'empêche que cela m'a bien fait rire. C'est la vision soft de " l'origine du monde" de Gustave. J'en possède un encore plus chaud.
Au plaisir de vous lire.